Le visage du poète dans la poésie francophone moderne

La poésie est un champ sémantique et lexique qui se base sur la construction des métaphores, car loin de la métaphore, la poésie n’existe pas et ne peut exister en tant qu’un art bien structuré, avec toutes ses images qui dépassent l’univers réel, en créant un autre univers basé sur les illusions et sur les rêves, les symboles et les mythes d’un homme qui mérite le nom magique du poète.

Le dictionnaire nous défini la poésie ainsi : « Forme d’expression littéraire caractérisée par une utilisation harmonieuse des sons et des rythmes du langage, notamment dans le vers, et par une grande richesse d’images. »

Certes, la poésie dépasse cette définition, et le poète peut créer son univers plus riche et plus divers que cela. Car le poète est celui qui sent mieux que les autres, selon même la critique littéraire arabe traditionnelle, celui qui regarde loin et qui reconstruit les images qui les voit dans la réalité en d’autres images plus attirantes, mais par les mots et dans les mots. Son pouvoir magique, basé en plus de sa grande imagination, sur la possession des mots, et la faculté de les construire dans des phrases frappantes par ses significations très riches et très diverses.

Le visage de la mère et les mythes symboliques

Parlons de la mère, cela nous mène à parler de la vie avec toutes ses richesses réelles et imaginées. Car la mère signifie « le réceptacle de la vie, la matrice dans laquelle fut conçu le monde animé, associée aux eaux originelles, la mère apparaît dans toujours les traditions et sous une grande multiplicité d’aspects, de la mère-vierge à la marâtre infâme. » selon Nadia Julien dans son dictionnaire des symboles et des mythes.

Alors comment voit et décrit le poète d’aujourd’hui le visage de sa mère ? Comment voit cet homme de lettres et d’art, cet homme d’imaginaire et des mots le visage de cette femme qui représente la source même de la vie ?

Pour répondre à cette question poétique et anthropologique, on va étudier l’un de ces poètes modernes qui ont eu le courage de nous présenter ce visage sacré de leur mère à travers leur poésie. Je parle ici du poète canadien Guy Boulianne. Ce poète qui mérite d’être lu et relu, puisque sa la poésie est si riche et si profonde.

Revue La Bascule – 1984

Une première oeuvre, mais certes pas la dernière si l’on en croit

La terre qui fait bondir
Ses meilleurs fruits,
LE RENARD QUI SORT DE SON GÎTE

Car l’Avant-propos d’un prince fou de Guy Boulianne est chargé d’invitations, de mirages et de maintes voluptés. A propos de ce jeune poète (20 ans), Bernard Tanguay d’écrire : “Ses poèmes reflètent, dans un premier temps, sa prise de possession du monde qui l’entoure. Puis phénomène d’osmose, il recrée ce monde dans un symbolisme subtil, visionnaire. Symbolisme fait de correspondances où les sons et les couleurs se heurtent faisant naître une musique qui trahit la passion, la révolte, la douceur.”

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