Entrevue avec Guy Boulianne, Directeur général des Éditions Dédicaces, par Thierry Rollet

J’ai le privilège et le plaisir de recevoir pour une entrevue Guy BOULIANNE, directeur des Éditions Dédicaces situées à Montréal (Québec), qui a accepté de répondre à ces quelques questions.

En relation avec Guy BOULIANNE depuis quelques années, je suis heureux de lui donner ici l’occasion de s’exprimer et d’éclairer les auteurs quant aux caractéristiques et aux buts de cette jeune maison d’édition, que je considère comme l’une des plus actives et des plus inventives que je connaisse.

Mais il est temps de le laisser se présenter.

Thierry ROLLET : Guy. Vous avez une véritable vocation d’éditeur puisque vous vous occupez depuis longtemps d’édition. Pourriez-vous nous retracer votre parcours d’éditeur, depuis vos débuts ?

Guy BOULIANNE : Tout a débuté à l’âge de 18 ans alors que j’ai commencé à écrire de la poésie de façon frénétique. À l’époque je vivais ma poésie très profondément.  Tout était poésie pour moi : le ciel, les nuages, le soleil, un arbre, les sons et tout ce qui m’entourait.  Ayant été inspiré par des auteurs comme Jim Morrison et Meery Devergnas, ma poésie fut dès le départ dualiste et apoca- lyptique. Mais du même coup, j’écrivais avec une conscience professionnelle et avec l’idée concrète d’en publier un livre. Pour moi, ma destinée était toute tracée.

Comme de fait, deux ans plus tard je publiais mon premier recueil de poésie « Avant-propos d’un prince fou » en auto-édition. C’est ainsi que je fis mes premières armes dans le monde de l’édition. À l’âge de 20 ans, je fis tout par moi-même, de la conception de la couverture au financement de l’impression, en passant par la promotion et la mise en marché de mon livre.  Dès ce moment tout alla très vite pour moi.  J’obtins des articles dans les magazines nationaux et des journaux comme La Presse. Je devins aussi membre du conseil d’administration du Regroupement des Auteurs-Éditeurs Autonomes (R.A.E.A), ainsi que concepteur et réalisateur de l’émission télévisée « Écriture d’ici » pour la même organisation (Vidéotron, Montréal).

Je fis imprimer 500 exemplaires de mon premier recueil de poésie qui s’écoulèrent assez rapidement. Il est important de noter qu’au Québec, un ouvrage qui se vend à 500 exemplaires est considéré comme étant un best-seller [rire].  Aujourd’hui, à 47 ans, je travaille toujours avec la même passion.  Je n’ai jamais cessé de travailler dans le domaine culturel, malgré certaines interruptions.

Thierry ROLLET : Quelles peuvent être, en résumé, les différences fonda- mentales entre  les Éditions Dédicaces et les autres maisons d’édition existantes?

Guy BOULIANNE : La différence fondamentale est la proximité avec les auteurs.  Nous offrons à ceux-ci un service très personnalisé et nous ne jouons pas la carte de l’anonymat et de l’indifférence. Je n’affirme pas que nous sommes les seuls à agir ainsi, mais nous y mettons un point d’honneur.  À cet effet, nous avons créé notre propre réseau social dans lequel les auteurs et le public peuvent communiquer ensemble par l’intermédiaire de blogues, de forums et d’une salle de clavardage.  Les membres peuvent aussi y diffuser leur musique, leurs photos ainsi que leurs vidéos.  C’est à cet endroit que nous publions la plupart de nos communications, n’abandonnant jamais les auteurs à eux-mêmes.

Ce qui nous différencie aussi est notre volonté à nous étendre sur un marché extra-national. En huit mois, nous avons déjà publié une quarantaine d’ouvrages écrits par des auteurs provenant de différents pays comme la France, l’Italie, le Congo, le Brésil, les États-Unis, le Canada et bien sûr le Québec.  Nous ne tenons pas à nous restreindre à un marché local. À l’ère de la mondialisation et de l’Internet, il est primordial d’avoir une vision plus large qui nous accordera une plus grande part du marché, et donc un lectorat plus important.

Thierry ROLLET : Quels buts précis poursuivent les Éditions Dédicaces ?

Guy BOULIANNE : Notre but principal est de démocratiser l’édition en retirant toutes les barrières auxquelles font face les auteurs en général. Nous répondons toujours très rapidement à ceux-ci et si l’un d’eux nous envoit son manuscrit, il est assuré d’obtenir une réponse dans les semaines qui suivent si nous acceptons de le publier.

Comme je l’ai dit plus haut, notre objectif est aussi de nous étendre sur un vaste marché en nous associant à différents partenaires de qualité. Pour la vente de nos livres, nous nous sommes associés à deux partenaires importants aux États-Unis : Brad Grochowski de AuthorsBookshop et à Mark Coker de Smashwords. Nous sommes aussi devenus un Vendeur PRO chez PriceMinister grâce à l’intervention de Anne Korchia, Chef de produit livre et Collection dans cette entreprise.

Nous travaillons actuellement sur un projet de partenariat qui allierait aux Éditions Dédicaces deux importants groupes : une très grande société qui a des points de vente partout en France et dans d’autres pays, ainsi qu’un organisme de bienfaisance oeuvrant dans tout l’Hexagone. Vous comprendrez que nous devons taire le nom de la première entreprise tant que le partenariat n’est pas effectif.  Par contre, nous pouvons nommer la seconde organisation : il s’agit de la Fédération Enfants & Santé avec laquelle nous sommes déjà partenaire.  D’ailleurs, nous avons l’appui de son Président, monsieur Serge Grilhault des Fontaines, en ce qui concerne notre nouveau projet.

Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, mais je vous assure que si celui-ci fonctionne, les Éditions Dédicaces prendront leur essor et les auteurs en profiteront largement.  Nous nous souhaitons donc bonne chance !

Thierry ROLLET : On s’aperçoit que les Éditions Dédicaces privilégient les liens Internet. Quelle est, selon vous, l’avantage d’Internet dans le monde de l’édition ?

Guy BOULIANNE : Les avantages sont multiples. Internet nous ouvre des portes que l’on ne pouvait pas imaginer autrefois. Par le passé, il fallait à une entreprise dépenser des milliers de dollars, sinon des millions de dollars, pour promouvoir un produit. Aujourd’hui nous avons un outil fantastique entre les mains qui nous permet de décupler la visibilité de nos produits et de nos services à très peu de frais. Encore mieux, nous pouvons souvent utiliser l’effet viral du marketing. Nous savons très bien qu’un courriel, un document PDF, une vidéo peuvent être partagés par des milliers d’internautes et ceci très rapidement.  En fait il n’y a aucune limite puisque personne ne peut arrêter Internet. Il s’agit de diffuser un eBook promotionnel gratuit pour que l’on retrouve celui-ci des années plus tard, toujours accessible en ligne. La promotion se fait donc sans plus aucune intervention.

Internet permet à tout commercant d’avoir une vitrine de qualité et de vendre ses produits à une vaste clientèle. Encore s’agit-il d’utiliser les bons outils qui sont mis à notre disposition. Evidemment tout ceci s’applique aux éditeurs.

Thierry ROLLET : Quels outils sur Internet utilisez-vous pour promouvoir les livres et les différents services proposés par les Éditions Dédicaces ?

Guy BOULIANNE : Nous utilisons plusieurs services et plusieurs méthodes de marketing. Dès la création de notre entreprise, nous avons investi chez Google AdWords pour diffuser notre publicité sur des centaines de sites Internet très ciblés dont : ParisMatch.com, Planete.qc.ca, CyberPresse.ca, YouTube.com, MusiquePlus.com, LeParisien.fr, LeFigaro.fr, Fluctua.net, Facebook.com et beaucoup plus. En fait, notre publicité a été diffusée plus de un demi million de fois, ce qui nous a permis de faire connaître les éditions Dédicaces et de propulser celles-ci très rapidement.

Aujourd’hui nous utilisons beaucoup le Web 2.0 et les réseaux sociaux pour promouvoir notre maison. Dès que nous diffusons une actualité sur notre site Internet, une vidéo chez YouTube, une entrevue dans LePost, celles-ci se retrouvent automatiquement, et sans aucune intervention de notre part, sur des réseaux sociaux comme Facebook, FriendFeed et Twitter. Nos informations sont donc lues par des milliers d’internautes, tous connectés à ces mêmes réseaux.  De plus, ces informations peuvent être reprises par des centaines d’autres sites grâce aux fils RSS et à la syndication.

Nous utilisons Internet pour présenter et mettre en vente nos différentes publications telles que les boutiques AuthorsBookshop, Boursolivres, PriceMinister, Biblio.com, LivePepper, Smashwords, Caplivres et Payloadz.  D’ailleurs, certains de nos ouvrages sont en lecture libre chez Google Livres, Calaméo et Scribd, ce qui devrait aider à en augmenter les ventes.

Évidemment, les Éditions Dédicaces sont présentes dans des répertoires d’entreprises très en vue comme Arrondissement.com, Décideur.com, Canadian Business Directory, Bellzinc, ViaEntreprise, MonAvis.ca, HotFrog, Creation-Entreprise, ShopinMontreal, Google Maps et Vendorland.ca.  Elles se retrouvent aussi dans les annuaires suivants : bonWeb, Big Annuaire, Canada Directory, Canadian Web Awards, Canadian Culture, Website Magazine et le Bottin Internet du Québec.

Guy Boulianne en compagnie de Alexian Santino Spinelli lors de la remise du trophée à Francine Minville lors du 16e Concours Artistique International “Amico Rom” à Lanciano, en Italie.

Thierry ROLLET : Ne craignez-vous pas que les livres dont on fait la promotion sur Internet se retrouvent noyés dans la Toile ?

Guy BOULIANNE : Les livres ne peuvent pas être plus noyés dans la Toile qu’ils ne le seraient parmi les milliers d’autres livres en librairies. Nous n’avons pas à craindre cela. Bien au contraire, comme je l’ai expliqué précédemment, Internet nous permet de promouvoir un livre qui n’aurait presque aucune chance de se faire connaître autrement. Par exemple, l’entrevue que nous avons publié dans LePost, soit celle d’une de nos auteurs, Bophana Thomas, a été lue plus de 4000 fois sur Internet en seulement un mois, ce qui équivaut assez bien au lectorat d’un magazine culturel conventionnel.

Il ne faut pas oublier non plus la dure réalité des librairies. Un livre qui ne bénéficie pas d’une grande campagne de marketing dans les médias traditionnels aura beaucoup moins de chance de se vendre qu’un livre édité par une de ces grandes maisons d’édition qui possède la plupart de ces mêmes médias (télévision, radio, journaux, magazines).

Internet ne peut donc pas avoir un effet négatif sur le livre, mais plutôt un effet positif.

Thierry ROLLET : On peut voir beaucoup de vidéos sur le site des Éditions Dédicaces. Quel est leur rôle et en quoi, selon vous, favorisent-elles la promotion?

Guy BOULIANNE : En effet, les éditions Dédicaces diffusent leurs différentes vidéos chez YouTube, Dailymotion, Magnify, Videos-Pub, Google, WAT, Vodpod et sur le grand réseau de Kewego incluant : France2, France3, TVBerlin, Voila.fr, Le Matin (Suisse), MetroFrance, TeleGrenoble, Femme en ville (M6), Télé Lyon Métropole, TV8 MontBlanc, TV Sud 77, TeleToulouse, Aujourdhui.com, Orleans Tv, TVmag.com, SeniorPlanet, eBay, hamburg1video et beaucoup plus… Les éditions Dédicaces possèdent même leur propre WebTV. Nous réalisons des entrevues avec nos auteurs, des vidéos présentant leurs ouvrages, ainsi que des vidéos événementielles.

La diffusion de vidéos fait partie des nouvelles tendances pour promouvoir les livres. Pensons seulement au site vooks de Simon & Schuster qui intègre la vidéo au livre électronique, au site Liwreo qui fait découvrir les livres au travers de bandes-annonces, ou bien encore au site YourBookTube destiné aux auteurs qui souhaitent assurer la promotion de leurs livres, ou même accessible aux éditeurs qui désireraient profiter d’une plateforme qui associe les qualités de YouTube à la mise en valeur promotionnelle des livres.

Selon le magazine Actualitté, en septembre 2008, 2,2 milliards de vidéos sont consultées sur la toile. Un an plus tard, le cabinet Comscore porte le chiffre à 5,4 milliards. 141% d’augmentation. On passe de même à 88 vidéos vues mensuellement à 156 vues entre les deux mêmes périodes. Et évidemment, YouTube et Google vidéo arrivent en tête avec un tiers de parts de marché. Dailymotion suit avec 7,5% et TF1 avec 3%… Concernant l’utilisation et les utilisateurs, deux éléments : 12 heures passées par mois et +36%, soit 34,6 millions d’utilisateurs. Et on parle de la France uniquement.

Que pourrions-nous dire de tout cela ? Que la promotion qui passe par la diffusion de vidéos sur la toile pourrait bien donner une dynamique évidente au livre. Nicolas Ancion, auteur de L’homme qui valait 35 milliards nous l’avait certifié : « On télécharge le film sur YouTube, je l’affiche sur mon profil Facebook, j’envoie une centaine de mails et, depuis, je regarde le compteur tourner. En trois semaines, on a dépassé les 1400 vues, c’est bien plus que les copains que je voulais prévenir. Une quarantaine de personnes ont partagé la vidéo sur leur profil Faceboook, elle a été insérée dans une dizaine de blogs. En se disant que la consommation de ces petites vidéos publiées sur les sites augmente au point d’avoir doublé, on pense à tout le public qu’il est possible de toucher simplement avec cet exercice. Alors probablement pas juste une interview de l’éditeur ou de l’auteur, mais quelque chose de ludique et amusant peut attirer plus l’attention que jamais. Évidemment, encore faut-il que la vidéo soit rediffusée, mais la communication commence forcément quelque part » (Nicolas Gary, 1 décembre 2009).

Nous voyons donc que les éditions Dédicaces n’accusent aucun retard en cette matière.  En intégrant nos vidéos diffusées chez Youtube à nos articles publiés dans LePost, et en les partageant sur un réseau social comme Facebook, nous obtenons la recette idéale pour promouvoir nos livres !

Thierry ROLLET : Parlez-nous un peu des choix éditoriaux des Éditions Dédicaces…

Guy BOULIANNE : Les Éditions Dédicaces sont une maison d’édition généraliste. Nous y publions des romans, de la poésie, des nouvelles, des biographies, de la philosophie, de la science-fiction et tout autre genre littéraire.  Nous attachons une très grande importance à la qualité littéraire et un manuscrit nous parvenant avec trop de fautes est automatiquement rejeté. Nous privilégions aussi les présentations soignées.  Il nous arrive parfois de recevoir des manuscrits bâclés, ne comportant aucun espacement, ni même de saut de pages pour les recueils de poésie. Nous trouvons cela assez incroyable. Irait-on se chercher un emploi en apportant avec soi un curriculum vitae bâclé ? Je crois bien que non.  Il en va de même dans le milieu de l’édition.

Nous ne pouvons pas accepter de tels manuscrits puisque cela nous apporte un surplus de travail inutile que nous ne pouvons supporter. Seuls les auteurs qui s’appliquent dans leur travail sont acceptés au sein des Éditions Dédicaces.

Thierry ROLLET : Parlez-nous maintenant du nom de « Dédicaces ». Vient-il d’intentions précises de la part de l’éditeur ?

Guy BOULIANNE : Le nom de « Dédicaces » est tout approprié puisque nous encourageons le rapprochement entre les auteurs et les lecteurs.  Au début de l’entreprise, nous organisions systématiquement des lancements collectifs pour tous les ouvrages que nous éditions. Cela créait une très belle dynamique, puisque quatre auteurs différents pouvaient interagir ensemble avec le public.  Nous avons de cette façon créé de très beaux événements culturels.

Par contre, il nous a fallu arrêter d’organiser de tels lancements car les résultats financier ne correspondaient pas à l’effort fourni, tant du côté monétaire, matériel, que humain.  Le couperet est tombé lorsque nous avons reçu au Québec trois de nos auteurs en provenance de la France et qui ont été accueillis par une poignée de visiteurs seulement, malgré toute la promotion que nous avons fait pour cet événement, dont une publicité dans le quotidien Métro.

Guy Boulianne en compagnie des auteurs Jean-François Capelle, Brigitte Willigens, Francine Minville et Jean-Pierre Hermans lors de leur lancement de livres, le 10 octobre 2009 à Montréal.

Mais le nom de « Dédicaces » demeure très approprié puisque nous continuons à participer à différents événements qui nous rapprochent du public.  Nous avons ainsi participé au Baltimore Book Festival dans le Maryland aux États-Unis, aux Journées de la Culture qui eut lieu au Chat des Artistes à Montréal, et à la soirée V.I.P. du magasin SEARS au profit d’Opération Enfant Soleil (Promenades St-Bruno, Québec). Le 12 décembre dernier, nous avons fait une seconde présentation de nos ouvrages dans le même magasin à grands rayons.

Thierry ROLLET : Quelle est la réalité du monde de l’édition au Canada et en francophonie ?

Guy BOULIANNE : La réalité du monde de l’édition est la même au Québec, au Canada que partout ailleurs. Je ne peux que vous citer l’extrait d’un article écrit par Serge-André Guay, et publié dans le webzine Québec-Politique :

« Force est de conclure qu’il y a deux types de patrimoine littéraire. Le premier est industriel, le second artisanal, pour choisir un mot opposé à la production industrielle. L’industrie du livre au Québec parvient à faire vivre moins de 200 écrivains à temps plein et encore faut-il que ces derniers bouclent les fins de mois avec d’autres sources de revenus en écrivant, par exemple, des chroniques dans les médias, des textes pour des entreprises,… On ne dit pas l’industrie de l’écriture mais « du livre »,

« C’est peut-être parce que la matière première, le manuscrit, est trop abondante que l’industrie du livre n’a pas de regret face à ses rejets. À l’instar de toute autre industrie, elle ne retient que les projets rentables, que les manuscrits qui ont une chance de rentabilité. Autrement dit, on ne refuse pas plus de 90 % des manuscrits parce que l’écriture, le style, l’orthographe, la syntaxe,… sont mauvais mais parce qu’ils ne rencontrent pas les critères de sélection commerciaux. »

Thierry ROLLET : Quels sont les rapports qu’entretiennent les éditions Dédicaces avec les libraires ?

Guy BOULIANNE : Des contacts ont été pris avec le réseau de librairies Renaud-Bray pour que nos livres soient envoyés dans quatre de leurs salles de montre : Brossard, Laval, Fleury et Côte-des-neiges. Les livres seraient ainsi fichés et éventuellement commandés par leurs clients. Dans l’éventualité, nos publications seraient aussi distribués dans les 25 librairies de leur réseau à travers le Québec.

Thierry ROLLET : Quelle est la politique ou la fréquence des impressions chez Dédicaces ? Impression de stocks immédiats ? Impression à la demande seulement ? Pourquoi ?

Guy BOULIANNE : Les Éditions Dédicaces sont une maison d’édition à la demande, c’est-à-dire que nous imprimons et expédions le livre dès qu’il y a une vente, que ce soit à l’unité ou en quantité. Nous évitons ainsi le gaspillage tant au niveau des ressources humaines, économiques, et environnementales.

Lorsque nous parlons de gaspillage, nous parlons de la réalité du monde de l’édition. Sur un tirage traditionnel de livre, un fort pourcentage est régulièrement envoyé au pilon, c’est-à-dire à l’incinérateur. À quoi nous servirait de publier 2000 exemplaires d’un titre si 75% de ce tirage se retrouve au pilon ? Sans vouloir être pessimiste, c’est souvent la réalité que l’on doit affronter.  Nous avons donc décidé d’avancer prudemment. Ceci assure la pérennité de notre entreprise et la longévité de l’œuvre écrite par l’auteur. Comme l’écrit si bien Serge-André Guay :

« (…) grâce à l’impression à la demande, un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur, il n’a pas à imprimer et à entreposer d’inventaires. L’éditeur avec impression à la demande n’a aucun invendu, car chaque exemplaire imprimé est vendu à l’avance. Il n’a pas non plus à débourser des commissions aussi élevées que celles de la distribution et de la vente traditionnelle. L’Internet lui offre des économies inaccessibles à l’éditeur traditionnel. Bref, l’éditeur en ligne peut se permettre de publier davantage de livres de davantage d’auteurs, car le risque financier qu’il prend est réduit à sa plus simple expression » (Québec-Politique, 30 novembre 2008).

Ceci dit, si nos ouvrages venaient à être distribués dans le réseau de librairies Renaud-Bray, ou si notre partenariat se conclut avec l’entreprise française dont je vous parlais au début de notre entretien, nous pourrons alors imprimer nos ouvrages en quantité suffisante. Nous avons toutes les ressources nécessaires pour cela. Nous avons des imprimeurs aux quatre coins de la planète soit, au Canada, aux États-Unis, en France, en Angleterre et en Espagne.

Thierry ROLLET : Combien les Éditions Dédicaces pensent-elles publier de livres par an ? Tiendront-elles ce rythme constant ou sera-t-il variable, et sur quels critères ?

Guy BOULIANNE : Pendant les huit premiers mois d’existence de l’entreprise, nous avons publié 40 ouvrages différents.  Nous croyons donc être en mesure de maintenir ce rythme et de publier un minimum de cinquante titres par année… voire plus.

Thierry ROLLET : On remarque que les Éditions Dédicaces s’associent volontiers à des œuvres humanitaires. Dans quelles intentions ?

Guy BOULIANNE : Le 24 septembre 2009, les Éditions Dédicaces ont été l’un des commanditaires de la soirée V.I.P. du magasin Sears au profit d’Opération Enfant Soleil.  À cette occasion, nous avons remis 400 coupons de réduction de 20$ chacun à l’achat de nos livres chez Biblio.com, ainsi que plusieurs dizaines de livres pour un don total de $8700.

Récemment, quatorze de nos auteurs ont accepté d’offrir leurs oeuvres littéraires en téléchargement et à verser la totalité de leurs droits à la Fédération Enfants & Santé pour aider la recherche afin de guérir les cancers et les leucémies des enfants !

Comment pourrions-nous prétendre faire rêver les gens par nos écrits et nos créations si nous n’acceptons pas de nous impliquer concrètement au sein de notre société ? Toutes nos bonnes paroles ne seraient alors que foutaise ! Ma conjointe Francine Minville, qui est également auteure et Directrice des communications aux Éditions Dédicaces, a déjà oeuvré bénévolement auprès des personnes atteintes du Sida en phase terminale.  Nous sommes donc tous les deux très sensibles aux malheurs dans le monde et nous souhaitons donc apporter notre contribution.

Thierry ROLLET : le mot de la fin sera…

Guy BOULIANNE : Je terminerai cet entretien en disant que les Éditions Dédicaces ont un bel avenir devant elles. C’est notre prudence en affaires qui assurera le succès de notre entreprise. Comme le répétait souvent l’artiste-peintre Pierre Corbin : « Petit train va loin  ». Nous avons des objectifs précis et c’est avec mesure que nous arriverons à les réaliser.

J’invite donc les auteurs à nous faire parvenir leurs manuscrits.

On s’aperçoit ainsi que les Éditions Dédicaces débordent de projets et que le savoir-faire de leur directeur s’est révélé dans toute sa rigueur et son professionnalisme. Ma propre expérience en tant qu’agent littéraire m’incite à ne pouvoir comparer Dédicaces à aucun éditeur connu de moi jusqu’à présent. Même les plus grands éditeurs français ne font pas vraiment preuve d’autant de dynamisme. On peut ainsi assurer aux auteurs que leurs livres sont entre des mains compétentes et que, si le talent est au rendez-vous, l’expérience et les innovations de l’éditeur ne peuvent manquer de porter leurs fruits.

Merci, Guy. À bientôt et bonne chance aux Éditions Dédicaces et à tous leurs auteurs.

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Entrevue réalisée par Thierry ROLLET
Agent littéraire et Directeur de
Scribo Masque d’Or

Source : Le Post (Le « Huffington Post)

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