Entrevue de Guy Boulianne, par Cécile Duquesne

J’ai eu le plaisir et le grand honneur de pouvoir poser quelques questions à Mr GUY BOULIANNE, fondateur et PDG des Éditions Dédicaces. Cette maison d’édition fut créée en mars 2009 et s’est servi des nouvelles technologies comme l’internet pour en faire une maison jeune et dynamique qui offre ses produits en parfaite collaboration avec ses auteurs. Sur format papier ou en format numérique, les Éditions Dédicaces surfent sur la modernité pour offrir des œuvres accessibles à tous, y compris aux personnes handicapées. Les Éditions Dédicaces travaillent en collaboration avec les plus grandes librairies en ligne et publie des auteurs en provenance de plusieurs pays dont la France, la Belgique, le Congo, l’Algérie, les États unis et bien évidemment le Canada.

En tant qu’artiste à part entière, n’a-t-il pas été difficile de mettre potentiellement votre talent de côté pour œuvrer avec de nouveaux auteurs ?

Bien entendu, cela demande un certain sacrifice et de l’abnégation. J’ai débuté ma carrière en tant que poète et artiste-peintre il y a plus de 28 ans. Dès le début, j’ai été appuyé par les médias et par des journalistes tels que Francine Grimaldi et Yves Malette. Ce dernier m’avait obtenu une entrevue dans le magazine « Le Lundi » qui comptait à l’époque plus de un million de lecteurs au Québec. C’était déjà pas mal pour un jeune poète de 20 ans !

Mais je me suis rapidement tourné vers les autres en devenant l’un des responsables des deux galeries d’art « Frère Jérôme » et « Lézart », à Montréal. En 1987, j’ai ouvert ma propre galerie d’art (Imagine) dans le Cooper Building, toujours dans la métropole montréalaise.

Dès l’âge de 20 ans, j’ai été impliqué dans l’édition en publiant moi-même mes deux premiers recueils de poésie et quelques webzines. Plus tard, j’ai réuni plusieurs auteurs au sein du collectif « Acacia », pour lequel j’avais organisé une tournée en France pour le présenter. J’ai donc toujours aimé donner la possibilité aux gens de s’exprimer à travers leur art, et c’est ce que je fais aujourd’hui avec les Éditions Dédicaces.

Lorsque j’en aurai le temps, je me consacrerai entièrement à mes projets littéraires et artistiques personnels. Ce sera alors pour moi un retour aux sources.

Les Éditions Dédicaces sont entièrement autonomes et ne bénéficient pas de fonds publics, pensez-vous que cela influence vos choix en ce qui concerne les nouveaux auteurs et leurs œuvres ?

Cela n’influence pas du tout nos choix. Contrairement à plusieurs autres entreprises, nous ne basons pas notre ligne éditoriale uniquement sur le potentiel commercial d’une œuvre. Nous nous basons plutôt sur la qualité et sur l’originalité de celle-ci. Nous ne souhaitons pas publier n’importe quoi dans le seul but de gagner de l’argent, et ceci à tout prix.

Êtes-vous prêt, aujourd’hui, à miser sur un auteur inconnu de tous, uniquement parce que l’œuvre est unique ?

La plupart de nos auteurs sont inconnus du grand public. Peu importe l’âge, ce sont souvent des auteurs de la relève, mais qui ont un très grand talent devant eux. Nous n’attendons donc pas l’« auteur vedette » pour nous impliquer dans une œuvre. Depuis le début, nous nous investissons à publier des écrivains émergeants et nous en sommes très heureux ainsi.

Les Éditions Dédicaces sont multisupports, mais ne pensez-vous pas que les formats numériques prennent le pas pour remplacer prochainement le format papier ?

Aux Éditions Dédicaces, nous publions les livres autant au format numérique qu’au format papier. Dans une étude Bain & Company pour le Forum d’Avignon, il est spécifié que « l’appétit pour le numérique est cependant bien réel, et les ebooks pourraient représenter de 15 à 25% du marché du livre à l’horizon 2015 » (Les écrits à l’heure du numérique, octobre 2010).

Il est certain que le livre numérique prendra de plus en plus de place sur le marché, mais je ne crois pas que le livre papier disparaîtra pour autant. Par contre, il est primordial d’optimiser le processus d’édition et de minimiser les pertes en enrayant le pilonnage des ouvrages. Pour cela, nous utilisons l’impression à la demande. Le livre est donc imprimé et expédié dès qu’un client le commande. Nous évitons ainsi toutes les pertes liées à un tirage trop élevé.

Les artistes doivent être nombreux à vous envoyer leurs manuscrits, sur quels critères de sélection vous basez-vous aujourd’hui pour une future publication ?

Nous recevons beaucoup de manuscrits à chaque mois, à tel point que nous devons parfois retirer notre formulaire en ligne afin de nous mettre à jour. Nous ne portons jamais de jugement sur le genre du manuscrit reçu. Nous éditons autant d’ouvrages de littérature dite « classique », que d’ouvrages comportant une écriture avant-gardiste et parfois même, éclatée.

Notre premier critère est la qualité et le professionnalisme du texte. Ceci comprend le style, la syntaxe et l’orthographe. Un manuscrit comportant trop de fautes est automatiquement rejeté. C’est pourquoi nous exigeons qu’un manuscrit soit corrigé par une tierce personne. Nous allons même jusqu’à exiger la référence du correcteur concerné.

Pouvez-vous dire aujourd’hui que certaines publications étaient des erreurs tandis que d’autres étaient de vraies surprises littéraires ?

On ne peut jamais dire qu’une publication est une erreur. C’est plutôt l’attitude de certains auteurs qui peut nous décevoir. Il nous est arrivé de recevoir des critiques de leur part, surtout lorsque venait pour nous le moment de payer les droits d’auteur. Certains d’entre eux reçoivent des chèques significatifs alors que d’autres reçoivent des montants minimes. Mais comme je l’ai mentionné lors d’une entrevue précédente : « On ne peut tout de même pas inventer des droits d’auteur là où il n’y en a pas ». D’autres auteurs peuvent critiquer le fait que nos livres papier ne se retrouvent pas dans un vaste réseau de librairies traditionnelles, mais encore une fois : « la cadence du remplacement des nouveautés en librairie s’accentue. Après moins de trois mois d’existence sur les rayons d’un libraire, un livre est désormais jugé vieux et se voit remplacé par d’autres, à un rythme purement industriel. Que faire avec les vieux livres neufs ? Jamais dans l’histoire autant de livres neufs n’ont-ils été pilonnés » (la revue À bâbord!, No 12 – déc. 2005/jan. 2006).

Il faut absolument que l’auteur soit aussi réaliste que son éditeur. Il nous faut aujourd’hui affronter une très forte compétition, mais aussi la convergence des entreprises au sein de monopoles de plus en plus puissants. L’auteur doit donc être l’allié de son éditeur, et non pas le contraire. Nous ne regrettons aucunement les quelques auteurs qui ont quitté notre maison, car nous tenons à nous entourer de personnes qui assimilent parfaitement la causalité synergique de la collaboration entre partenaires.

Que nous réservent les Éditions Dédicaces pour la rentrée 2011 ?

Malheureusement, on ne peut pas donner trop de détails ici. Nous travaillons actuellement sur un projet qui propulsera les Éditions Dédicaces dans le domaine des nouvelles technologies. Nous sommes à l’étude avec plusieurs entreprises se situant à l’antipode du Québec. Si tout se déroule comme nous le prévoyons, ce projet devrait se réaliser pour le mois de décembre prochain et tous nos auteurs actuels pourront en profiter.

Je tiens à remercier chaleureusement Mr Guy BOULIANNE pour m’avoir accordé cet échange, et je souhaite un immense succès dans les futurs projets…

Pour ma part, je suis ravie qu’un professionnel comme Mr BOULIANNE ait accepté de répondre à des questions auxquelles je n’avais pas de réponse. En tant qu’écrivain, il peut être parfois compliqué, voir effrayant de s’adresser aux maisons d’édition, mais je suis convaincue que si tous les éditeurs mettaient le talent en avant comme les Éditions Dédicaces, le monde littéraire ne s’en porterait que mieux. Et soyez-en sûr, nous surveillerons de près les nouveaux évènements des Éditions Dédicaces…

____________________________
Contribution : Cécile Duquesne
Source : www.cecileduquesne.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s