L’Ordre de Sion, de Pauciuri à la Cathédrale Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans

La Fontaine Mathilde à l’abbaye d’Orval : Vraiment, c’est ici un val d’or !

Certaines personnes mettent encore en doute l’existence de l’Ordre de Sion dont la mission première est de préserver, à travers le temps, le trésor le plus précieux de l’humanité. Pourtant, l’histoire raconte qu’en l’an 1070, des moines bénédictins en provenance de la Calabre et menés par l’un d’eux, Ursus, arrivèrent près de la forêt des Ardennes, non loin de Stenay. Ils furent immédiatement protégés par Mathilde de Toscane, duchesse de Lorraine, épouse de Godefroy le bossu, tante et mère adoptive de Godefroy de Bouillon.

En effet, le célèbre Godefroy est issu de cette région de Stenay, rendue fameuse par la lignée mérovingienne et par Dagobert II assassiné en l’an 679. Les moines construisirent alors une église dans le Comté de Chiny à Orval, sur une terre donnée par Mathilde de Toscane. Cette église deviendra plus tard l’abbaye d’Orval.

Le professeur italien Giovanni Cristofalo écrit dans son livre : « En 1989 à Pauciuri dans la commune de Malvito (province de Cosenza, Calabre), lors d’une campagne de fouilles dans le périmètre de la ville romaine ensevelie, il fut retrouvé un bâtiment de culte au plan semi-circulaire datant du premier siècle av. J.-C. appelé Esedra. Il s’agit des vestiges d’un imposant monument sépulcral avec à l’intérieur le squelette très bien conservé d’un personnage qui devait sûrement être enterré à cet endroit à l’époque médiévale. »

Il poursuit plus loin : « On y retrouva une précieuse croix en bronze appelée Enkolpion d’origine, comme l’ont établi avec une certitude absolue les experts de la région syro-palestinienne. La croix, qui au moment de la découverte était bien cachée sous la mâchoire inférieure du crâne lorsqu’elle a été nettoyée, met en évidence la courte épigraphe suivante de l’alphabet grec-byzantin « H(οα)N / HC », qui signifie Jean. Comme nous le verrons plus tard, il s’agit probablement d’un saint et non d’un évêque, comme quelqu’un l’avait autrefois pensé. Au centre de la même croix a été ajouté plus tard une minuscule et superficielle gravure de la lettre « U », comme si quelqu’un de cette manière avait voulu indiquer à la hâte l’identité du personnage enterré. Il semble très difficile de penser qu’une sépulture aussi importante pourrait être réservée à un pèlerin ou à un soldat. À ce stade, je me permets l’audace de risquer encore plus en donnant également une identité à ce personnage ecclésiastique : son nom était certainement URSUS (abrégé précisément dans la lettre U qui figurait dans l’Enkolpion) et je suis sûr que la tombe trouvée à Pauciuri, très différente des autres dizaines de tombes et de charniers qui composent la vaste nécropole médiévale, conservait depuis des siècles les restes du célèbre abbé comme la tradition l’affirme, avec l’archevêque Arnolfo de Cosenza, l’un des fondateurs de l’ordre des Templiers de Sion. »

Selon certains documents, un groupe de moines calabrais dirigé par un certain Ursus, abbé de l’abbaye de Santa Maria della Matina, à San Marco Argentano, ont trouvé enterré à Busento dans le Val di Crati « quelque chose d’intéressant » concernant la Legio X Fretensis et le temple de Salomon; Le terme « fretensis » fait référence au détroit (en latin fretus) de Messine: c’est-à-dire la dixième légion romaine de Reggio Calabria, celle qui a crucifié Jésus-Christ et qui plus tard sous le commandement de Titus a détruit le temple de Jérusalem, emportant les trésors juifs à Rome, puis volés par Alaric qui décéda et fut enterré à Cosenza. Il y a ceux qui pensent au trésor enfoui dans le Temple, mentionné par un des Rouleaux de Qumran. Peut-être Ursus a-t-il compris l’ampleur de la découverte qui aurait pu le mener à la Vraie Croix en Terre Sainte et qui lui a donc servi de prétexte pour s’y rendre afin de faire des recherches. C’est ainsi qu’Ursus et ses frères sont ensuite partis dans les Ardennes pour fonder l’abbaye d’Orval, exploitant l’influence d’un personnage charismatique de Calabre, Pierre l’Ermite, ainsi que Godefroy de Bouillon et par conséquent de l’amitié de sa mère avec le pape Urbain II, précisément le pape qui a prêché la nécessité de la reconquête de la Terre Sainte.

Avec ces hypothèses, Ursus partit et traversa la moitié d’un monde, certain qu’il retrouverait la Vraie Croix. La tentation d’imaginer que les moines, au lieu de retourner en Calabre, se soient rendus précisément à Jérusalem pour s’installer dans l’abbaye Notre-Dame de Sion, qui vient d’être fondée, est une tentation très forte. Sous le prétexte de protéger les pèlerins, ils rechercheraient le trésor, trouvant apparemment quelque chose de vraiment intéressant et qui attirait particulièrement Ursus : la Vraie Croix sur laquelle le Christ a été crucifié. Selon cette reconstitution d’événements, aventureuse mais non dénuée de vraisemblance, l’Ordre des Templiers aurait été fondé en 1099 et Ursus figurait parmi ses architectes, avec l’évêque Arnolfo et huit autres moines-guerriers anonymes calabrais.

Giovanni Cristofalo: Le mystère de la croix de PauciuriSur les traces de l’abbé Ursus, de l’Ordre de Sion et des Templiers de Calabre, Editions Dédicaces, 2018.

Le Prieuré de Sion-Ormus à Montission

Charte de 1152 attestant la donation, par le roi Louis VII.

Après la conquête de Jérusalem le 15 juillet 1099 par les croisés, Godefroy de Bouillon ordonna l’édification de l’abbaye de Notre-Dame (ou Sainte-Marie) du Mont-de-Sion sur les ruines d’une ancienne église byzantine située en dehors des murs de la ville, au sud de la porte de Sion. Cette abbaye abritait des chanoines augustiniens, qui servaient de conseillers à Godefroy.

En 1152, un petit contingent de 95 membres de l’abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion accompagna le roi Louis VII qui rentrait en France après la deuxième croisade. Une partie représentant 62 membres fut installé à l’abbaye de Saint-Samson, au centre d’Orléans. Parmi eux, un groupuscule encore plus choisi de 26 membres fut transféré au « petit prieuré du Mont-de-Sion » (Montission), près de Saint-Jean-le-Blanc, au sud de la Loire à Orléans.

Le prieuré de Saint-Samson avait été concédé en 1067 par Philippe 1er à l’abbaye de Saint Martin des Champs à Paris. La Tour des Vergers Saint-Samson faisait partie intégrante du mur d’enceinte d’Orléans. Puis les Jésuites utilisèrent les bâtiments rue Jeanne d’Arc qui devinrent un lycée. L’église fut démolie en 1848 et le portail transporté au parc Pasteur. En 1188, le « Prieuré de Sion-Ormus » s’installa au domaine de « Montis Sion » (Mont de Sion) dit « le Petit Prieuré ». Montission se trouve sur la paroisse de Saint-Jean-le-Blanc au sud de la Loire.

Né en 1133, mort en 1220, Jean de Gisors fut seigneur de la forteresse de Gisors, lieu de rencontre traditionnel entre les rois de France et d’Angleterre, où se déroula la querelle qui devait provoquer l’abattage d’un orme. Il fut, selon les « documents du Prieuré », le premier grand maître indépendant de Sion après la « coupure de l’orme » et la séparation des Chevaliers du Temple en 1188. Mais quelle en fut la cause ?

En 1187, Jérusalem fut reprise par les Sarrasins. Cet épisode est connu sous le nom de « désastre de Hattin ». On reprocha à Gérard de Ridefort, alors grand maître des Templiers, son incompétence, voire sa « trahison ». De sa création à 1188, l’Ordre du Temple et le Prieuré de Sion eurent les mêmes Grands maîtres. Il fut destitué du Prieuré de Sion. Les chanoines de l’abbaye du Mont-Sion durent alors fuir la Terre Sainte. Après cette scission, le « Prieuré de Sion-Ormus » s’installa à Montission près d’Orléans. Ce domaine fut donné aux chanoines de Notre-Dame du Mont-Sion antérieurement à l’année 1207, par Gilbert de Mont-Sion. Ceci est établi par une pièce du cartulaire de Montission (« Montis Sion »).

L’Orléannais était à cette époque un lieu de retraite pour les ordres militaires et religieux ayant combattu en Terre Sainte. En 1154, Louis VII ramenait de Terre Sainte douze Chevaliers de Saint-Lazare qu’il installait en son château de Boigny. Ces ordres laissèrent leur empreinte dans la toponymie locale (Olivet dérive du mont des Oliviers). L’accompagnaient également des Chevaliers du Temple qui s’installèrent à Saint-Marc dès 1148. La commanderie jouxtait l’église Saint-Marc à l’est hors des murs de la ville. 7 membres du Prieuré de Sion rejoignirent les Templiers. A la fin de la Guerre de Cent Ans il ne restait plus qu’une maison de vigneron.

Une lettre du pape Alexandre III de 1178 confirme leurs possessions (domaines en Picardie, à St-Samson, en Lombardie, Sicile, Espagne, Calabre, et en terre Sainte parmi lesquelles St-Léonard d’Acre). Girard, abbé du « Petit Prieuré » d’Orléans entre 1239 et 1244 aurait cédé aux Templiers une terre à Acre (la charte existe). Son successeur Adam aurait donné une terre en 1281 aux Cisterciens, près d’Orval, installés là depuis 150 ans par St-Bernard.

Les commanderies du Prieuré de Sion étaient au nombre de vingt-sept. Les plus importantes se trouvaient à Bourges, Gisors, Jarnac, au mont Saint-Michel, à Montrevel et à Paris.

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La Cathédrale Saint-Louis en Louisiane

Serons-nous étonnés de constater que l’Ordre de Sion est présent dans l’un des dix vitraux meublant la nef de la Cathédrale Saint-Louis, connue également sous le nom de « basilique Saint-Louis-Roi-de-France », en Louisianne. En effet, on y aperçoit le roi de France Saint Louis et un chevalier portant un bouclier composé d’un soleil doré. Or, « Siona » en sanskrit — सितारे — signifie justement « étoile » ou « soleil ». La croix qui se trouve sur les autres boucliers est exactement la même que la mystérieuse croix de Pauciuri, appelée Enkolpion, ayant selon toute vraisemblance appartenu à l’abbé Ursus.

Mais certaines personnes se poseront alors la question : « Mais pourquoi donc l’Ordre de Sion se transporterait-il de la sorte dans le sud des États-Unis ? ». Il faut savoir que la Cathédrale Saint-Louis fut fondée en 1718 à l’époque de la Louisiane française quand le royaume de France possédait l’immense territoire de la Nouvelle-France.

La cathédrale est située dans le Vieux carré français à La Nouvelle-Orléans, centre historique de la ville qui fut fondée en 1718 par Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville. Fils de Charles le Moyne de Longueuil et de Châteauguay (1626-1685), il est aussi le frère de Charles II Le Moyne, Gouverneur de Montréal (1656–1729) et de Pierre Le Moyne d’Iberville, héros de la Nouvelle-France et fondateur de la Louisiane (1661–1706).

La Nouvelle-Orléans en 1728.

C’est Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, fondateur de La Nouvelle-Orléans qui charge Adrien de Pauger de dessiner les plans de la ville, notamment de ce qui sera connu sous le nom de « Vieux Carré » avec ses rues à angle droit.

L’ingénieur français, arrivé dans la ville nouvellement fondée le 29 mars 1721, désigna ce site pour une église conforme au plan de Louis Pierre Leblond de Latour (1673-1723), ingénieur en chef et lieutenant général de la Compagnie des Indes en Louisiane en 1719. Celui-ci était le frère de Jacques Leblond de Latour (1671-1715), peintre, sculpteur, professeur de beaux-arts et prêtre au Québec, ainsi que l’oncle du peintre, illustrateur et critique d’art français Jean-Joseph Taillasson (1745-1809).

Lorsque nous connaissons la mission réelle de la France dans la fondation de Québec, de Montréal et des autres territoires en Amérique du Nord, nous réalisons qu’il s’agit bel et bien d’un jeu de piste nous conduisant irrémédiablement vers le Graal et le trésor de Jérusalem, jalousement gardés depuis des générations par l’Ordre de Sion, qui prit souvent d’autres dénominations pour se faire connaître du grand public.

Revenons maintenant à la Cathédrale Saint-Louis : Trois églises catholiques se sont dressées sur le site depuis 1718, année de la fondation de la ville. La première était une structure de bois brut au début de la colonie française. Comme les Français étaient catholiques, leur église était située bien en vue sur la place de la ville. La construction d’une plus grande église en briques et en bois a été commencée en 1725 et achevée en 1727. Avec de nombreux autres bâtiments, l’église a été détruite lors du grand incendie de la Nouvelle-Orléans, le vendredi saint 21 mars 1788. La nouvelle église fut construite en 1789 et le bâtiment achevé en 1794. En 1793, l’église Saint-Louis fut érigée au rang de cathédrale du siège du diocèse de la Nouvelle-Orléans, ce qui en fit l’une des plus anciennes cathédrales des États-Unis. En 1819, une tour centrale avec l’horloge et la cloche a été ajoutée.

L’agrandissement du bâtiment pour répondre aux besoins de la congrégation grandissante est envisagé depuis 1834, et Jacques Nicolas Bussière de Pouilly est consulté pour concevoir un projet de nouveau bâtiment. De Pouilly a également conçu l’église Saint-Augustin à Tremé, la première église dédiée à devenir une église paroissiale à l’extérieur du quartier français. Le 12 mars 1849, le diocèse confia à John Patrick Kirwan d’agrandir et de restaurer la cathédrale, en utilisant les plans de De Pouilly.

Celui-ci précisaient que tout devait être démoli, à l’exception des murs latéraux et des parties inférieures des tours existantes sur la façade avant. Lors de la reconstruction, il a été décidé que les parois latérales devraient également être démolies. Lors de la construction en 1850, la tour centrale s’est effondrée. De Pouilly et Kirwan ont été remplacés. En conséquence de ces problèmes et de la reconstruction, très peu de la structure coloniale espagnole a survécu. La structure actuelle date principalement de 1850. La cloche de la tour de 1819 a été réutilisée dans le nouveau bâtiment et est toujours là aujourd’hui. Lors de la rénovation, l’église Saint-Patrick a servi de cathédrale à la ville.

Selon la légende, la Cathédrale Saint-Louis est hantée par le Père Dagobert, un moine qui a résidé dans l’église. Les soirées tranquilles, après le culte, les spectateurs ont vu le fantôme de Dagobert se promener dans la cathédrale, la tête sur le sol et marchant silencieusement dans des sandales. On dit que sa voix se fait entendre durant les jours de pluie chantant le Kyrie eleison, l’une des prières liturgiques les plus importantes dans la liturgie de l’Église romaine.

En fait, il s’agit du frère Capucin Dagobert de Longuory. Né à Québec, il arriva à La Nouvelle-Orléans en 1722. En 1745, il fut nommé prêtre de la Cathédrale Saint-Louis, et plus tard vicaire du diocèse. Il fut très actif dans la région pendant cinquante ans et mourut en 1776. Ses contributions à La Nouvelle-Orléans et à son peuple furent très significatives. Il y a plusieurs références faites de lui durant le XVIIIe siècle dans le sud de la Louisiane.

Mais n’est-ce pas là un autre symbole, un autre indice qui nous désigne le roi mérovingien Dagobert II, assassiné en 679 à Stenay, et qui fut l’ancêtre de la lignée des Rois Ours, c’est-à-dire Sigisbert IV à Rennes-le-Château, le prince Ursus à Nîmes, le pape Urbain II qui prêcha la première croisade et Godefroy de Bouillon qui devint l’avoué du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

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