Révision drastique des données de l’INSPQ : le pourcentage de cas actifs passe de 44,4% à 2,5%, celui des guérisons de 45,6% à 87,6%

Le journaliste José Soucy nous apprenait que dans un communiqué de presse envoyé le 23 juillet dernier aux médias nationaux, l’Institut économique de Montréal a déclaré que les récentes données concernant la COVID-19 au Québec par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) étaient passées sous le radar alors que celles-ci démontrent clairement une nette amélioration de la situation.

En effet, vers le 17 juillet, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a révisé de façon importante ses données concernant l’ampleur de la COVID-19 au Québec. Or, ces changements importants sont passés relativement inaperçus. Dans cette mise à jour de l’INSPQ, le pourcentage de cas actifs passant soudainement de 44,4 % à 2,5 %, celui des guérisons de 45,6 % à 87,6 %.

Gaël Campan, Institut économique de Montréal
Gaël Campan, Institut économique de Montréal (IEDM)

« Clairement, les données doivent être mises à jour de façon plus fréquente. On peut se demander depuis combien de temps on répétait un nombre de cas actifs au Québec qui était à des années-lumière de la réalité », observe Gaël Campan, économiste senior à l’IEDM. Effectivement, le nombre de cas actifs a chuté de plus de 94 % lors de la modification des données par l’INSPQ. « Un climat de peur, peu propice au débat rationnel, est alimenté par des données qui manifestement n’étaient plus bonnes. Il faut faire nettement mieux à ce chapitre », poursuit l’économiste. « Cette correction spectaculaire de l’INSPQ démontre qu’il est important de mettre à jour régulièrement les données afin d’alimenter la discussion publique. Espérons que cela soit fait fréquemment à l’avenir », conclut M. Campan.

Déjà, le 20 mai dernier, le Center for Disease Control (CDC), l’organisme responsable de la santé publique aux États-Unis, avait revu à la baisse le taux de mortalité des personnes infectées par la COVID-19. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le fixait à 3,4% en début de pandémie, le scénario le plus probable du CDC estime qu’il oscillerait plutôt entre 0,2 et 0,3%.

« Bien que ces données proviennent des États-Unis, il est raisonnable de croire que la situation soit similaire au Canada », indique Peter St. Onge, chercheur associé senior à l’Institut économique de Montréal (IEDM). « Lorsqu’on regarde les statistiques compilées par des sources fiables comme l’Université Johns Hopkins, on constate que courbes du Canada et des États-Unis suivent des tendances similaires en ce qui a trait au nombre de décès par millier d’habitants. Le Canada a un taux de décès inférieur aux États-Unis, mais il effectue aussi moins de tests, ce qui engendre un taux de mortalité par cas de coronavirus plus élevé en apparence. »

Comme le rapporte la journaliste Dominique Fortier, Gaël Campan est d’avis que les mesures de distanciation sociale, d’isolement, de port du masque et autres ont des effets pervers importants sur la santé mentale des Québécois. « Nous sommes des animaux sociaux ; nous sommes faits pour vivre en communauté. Or, l’isolement a des conséquences psychologiques et physiologiques qui sont dramatiques. »

L’économiste ne souhaite pas remettre en question les décisions qui ont été prises en début de pandémie puisque les autorités compétentes se basaient alors sur les données disponibles et sur la connaissance du virus. Par contre, depuis que de nouvelles données probantes sont maintenant accessibles et que la médecine en sait maintenant un peu plus sur la Covid-19, Gaël Campan estime que le moment serait venu de revoir les mesures sanitaires en place. « Si on n’ajuste pas les dispositions actuelles, ça voudrait dire que les décisions sont prises sans considération des données de terrain concernant la maladie. »


« COVID-19 : une transparence nécessaire », par Gaël Campan

Depuis le début de la pandémie, le compteur des « cas actifs » de la COVID-19 est martelé quotidiennement par les politiciens et les médias. Un des objectifs de ce rappel systématique est de faire en sorte que nous ne nous relâchions pas, que nous ne croyions pas à l’abri et que nous restions sur nos gardes. Bien que tout le monde ait déjà entendu au moins une fois que les aînés et les personnes dont le système immunitaire est déjà compromis sont véritablement les plus à risque, la répétition quotidienne maintient un sentiment de fébrilité qui renforce la docilité vis-à-vis des prescriptions publiques.

La peur a ceci de pernicieux qu’elle chasse la raison, et le fait que le nombre d’actif ne baisse pas n’a attiré l’attention que d’un petit nombre d’observateurs perspicaces qui se sont interrogés sur la vraisemblance du phénomène, vu que qu’une personne contaminée a seulement deux options : soit elle guérit, soit elle décède. On aurait dû donc assister à un effet de vases communicants entre le nombre d’actifs d’une part, et le nombre de décès et de guérisons, d’autre part. La stagnation des cas actifs est insensée. Cette anomalie a été corrigée le 17 juillet dernier, quand l’INSPQ a modifié ses chiffres officiels sur la distribution des cas détectés: le pourcentage de cas actifs passant soudainement de 44,4 % à 2,5 %, celui des guérisons de 45,6 % à 87,6 %.

Si le près de 90% des cas détectés débouchent sur une guérison, cela veut dire que le taux de guérison est en réalité bien plus haut. Ainsi, si on ne détecte par exemple qu’un tiers des cas totaux (les cas non détectés étant soit asymptomatiques sont bénins), le taux de guérison passe alors à 95,8 %. C’est une situation fort différente.

Cette correction spectaculaire de l’INSPQ s’est faite en toute discrétion, et on s’étonne de ce qu’aucune autorité ne s’en soit émue et que peu de médias ne s’en aient encore fait l’écho. Pourtant, des données précises et partagées en temps utile sont nécessaires afin d’ancrer le débat public dans le réel. Même si l’on peut saluer le fait que des données révisées soient enfin disponibles, on peut se demander à quelle fréquence auront lieu les mises à jour.

COVID-19 - une transparence nécessaire, par Gaël Campan

INSPQ : Données COVID-19 au Québec – Mise à jour selon les données extraites le 31 juillet 2020 – 16h, à l’exception des personnes testées (à 12h) et des prélèvements analysés (extraction à 0h01 – PDF).

À propos de Gaël Campan, économiste senior

Gaël Campan enseigne l’économie depuis bientôt vingt-cinq ans. Titulaire d’un DEA avec mention de la Faculté d’économie appliquée d’Aix-en-Provence, il a poursuivi à Paris (Panthéon-Assas) ses études doctorales durant lesquelles son projet de thèse fut distingué par le ministère de l’Économie et des Finances. Il a travaillé plusieurs années dans le conseil en stratégie et organisation puis dirigé des entreprises en Afrique et en Asie. Conférencier international, il a publié dans des revues scientifiques et signé des textes d’opinion dans des journaux économiques et financiers.

Son précis d’économie politique Théorie Générale de l’Interaction, paru en 2016, a figuré parmi les meilleures ventes sur la plateforme Amazon. Installé dix ans au Cambodge, il y était professeur associé de la Royal University of Law and Economics et de la National University of Management. Il s’est joint à l’équipe de l’IEDM en janvier 2020.

L’Institut économique de Montréal est un think tank indépendant sur les politiques publiques. Par ses publications, ses apparitions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes des politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et sur l’entrepreneuriat.


« Les sacrifices qu’on demande à la population sont complètement hors de proportion avec le risque auquel on fait face. On prend des mesures comme si nous étions en état de guerre ou qu’il y allait avoir des bombardements alors qu’on fait face à un virus de plus qu’on connait beaucoup mieux maintenant. Il faudrait alors que les mesures soient arrimées avec ces nouvelles connaissances. »

Gaël Campan, économiste senior


RÉFÉRENCES :

NOTE :

MYSOPHOBIE : La mysophobie (du grec ancien : μύσος / músos « crime, souillure, impureté » et φόβος / phóbos « peur, phobie ») est une peur maladive et irrationnelle d’être en contact avec la saleté ou d’être contaminé par des microbes et des parasites. Il s’agit d’une peur qui appartient à la famille des phobies et des TOC. Souvent difficile à vivre, elle engendre des attaques de panique pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance. Un suivi par un psychiatre ou un psychologue est nécessaire pour apprendre à mieux vivre et gérer sa peur.

La personne atteinte a un souci exagéré de l’hygiène. Certaines personnes se lavent les mains à une fréquence exagérée, d’autres prennent plusieurs douches par jour. Les symptômes peuvent être des sueurs, des palpitations cardiaques et des tremblements à la vue de saleté ou en détectant une odeur de transpiration. Les poignées de porte, la main des autres sont difficiles à toucher. Les transports ou les toilettes publiques répugnent la personne atteinte. La mysophobie se soigne par thérapie. Des médicaments sont parfois prescrits. Malheureusement, plusieurs personnes vivent avec cette phobie sans jamais suivre un traitement.

La mysophobie s’exprime de façon plus ou moins intense selon les mysophobes. Cependant, certains symptômes sont communs :

  • la peur panique d’être en contact avec de la saleté, de la poussière, des microbes, des taches ou des mauvaises odeurs corporelles ;
  • l’irrationalité de la peur ;
  • la conviction d’être contaminé ;
  • des conduites d’évitement pour ne pas être en contact avec ce qui pourrait déclencher une attaque de panique ;
  • des conséquences sur la vie quotidienne, avec l’impossibilité d’accomplir certaines tâches ou d’être en contact avec les autres.

Pour certaines personnes, la mysophobie devient une véritable obsession qui les empêche d’avoir un fonctionnement normal, que ce soit au travail, en famille ou avec leurs amis. Leur peur devient alors très handicapante au quotidien.

RÉFÉRENCES : Wikipédia, PQuébec et Ooreka Santé.

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