Les prophéties de Notre-Dame pour notre siècle à Mariana de Jesús Torres, une religieuse du 17e siècle : la Vierge condamne la franc-maçonnerie

Un moment donné, il faut appeler un chat un chat. Il y a maintenant près de deux ans, un coup d’état international a été perpétré contre l’humanité toute entière par une élite de psychopathes de très haut calibre. Mais attention, il ne s’agit pas uniquement de pervers narcissiques comme on pourrait le croire généralement. Dans les faits, il y a deux catégories parmi ces individus : 1) les satanistes kabbalistes de descendance crypto-babylonienne (globalistes ou khazar-sabbatéens), c’est-à-dire les lucifériens ; 2) leurs suppôts possédés (ou hypnotisés), c’est-à-dire les gouvernements, les médias grand public, les multinationales, les GAFA et autres engeances. Trop de gens croient encore qu’ils pourront modifier le cours des événements en se lançant en politique, en marchant dans la rue, en signant une pétition ou encore en faisant des visioconférences. Il faut comprendre que le combat est véritablement titanesque, il s’agit d’une bataille eschatologique. Les comploteurs se sont préparés de très longue date. Ils possèdent les armes terrestres, marines, spatiales et biologiques. Ils possèdent les satellites, les fusées, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, les médias, les banques, les virus, etc.

C’est ce que j’ai voulu expliquer en 2019 dans mon livre “La Société fabienne: les maîtres de la subversion démasqués”. J’écrivais : « Le plan gradualiste des Fabiens aura définitivement réussi, et l’instauration de leur nouvel ordre mondial est déjà chose faite. La Société fabienne aura poursuivi ses politiques par l’intermédiaire d’un réseau mondial composé d’organisations au centre desquelles il existe quelques dizaines d’institutions clés qu’elle a fondées ou sur lesquelles elle exerce un contrôle ou une influence direct ou indirect. » Pour mieux comprendre, il s’agit de voir à quel dieu la Société fabienne se réfère en frontispice du livre “Fabian essays in socialism”, écrit entre autres par George B Shaw, Sidney Webb et Annie Besant en 1889. Il faut donc nous tourner vers ce qui nous sauvera réellement.

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Les faits relatés dans l’article qui suit sont tous véridiques, bien que tout à fait extraordinaires. Ils se sont passés à Quito en Équateur, alors colonie de l’Espagne, au 17e siècle, alors que la Vierge Marie (ainsi que Jésus, saint Michel et d’autres personnages célestes) sont apparus à Mère Mariana de Jesús Torres, et lui ont laissé des messages, non seulement pour son époque, mais spécialement pour le 20e siècle – notre époque – et lui demandèrent de faire pénitence, comme âme victime, pour les péchés et offenses de notre époque, ce qu’elle accepta avec joie.

Mariana de Jesús Torres 03

Mariana de Jesús Torres a affirmé avoir reçu des apparitions mariales du 2 février 1594 au 2 février 1634. En 1611, l’évêque local, Salvador Ribera Avalos, a donné son approbation aux apparitions qui s’étaient produites jusque-là. Les messages d’apparition prédisent une « catastrophe spirituelle » dans l’Église catholique et dans la société, commençant « peu après le milieu du vingtième siècle » (Vatican II) et comprenant : corruption morale généralisée ; profanation du sacrement de mariage ; des prêtres dépravés qui scandaliseront les fidèles et feront souffrir les bons prêtres ; luxure débridée qui va piéger beaucoup d’âmes ; perte de l’innocence chez les enfants et perte de la pudeur chez les femmes ; manque de vocations sacerdotales et religieuses.

La plupart des prophéties de Notre-Dame du Bon Succès ont déjà été remplies. Elle a prédit par exemple, plus de 200 ans d’avance, la consécration de l’Équateur au Sacré-Cœur de Jésus et le martyre d’un président catholique de l’Équateur par des maçons (le président Gabriel Garcia Moreno, assassiné en 1875). Le 8 décembre 1634, l’apparition prédit que l’infaillibilité pontificale « sera déclarée dogme de foi par le même Pape que celui choisi pour la proclamation de mon Immaculée Conception ». En 1854, le pape Pie IX définit le dogme de l’Immaculée Conception, et en 1870, il a déclaré le dogme de l’infaillibilité papale tel que défini par le premier Concile du Vatican.

Les prophéties les plus importantes de Notre-Dame du Bon Succès, cependant, ont parlé de la crise mondiale dans l’Église et de la société qui commence au 19ème siècle et s’étend à travers le 20e siècle. Pendant ce temps, la Vierge Marie a averti qu’il y aurait une corruption quasi-totale des mœurs et que Satan régnerait presque partout par le moyen des sectes maçonniques, que tout semblerait perdu, mais que ce serait « le moment de l’heureux début de la restauration complète. Mon heure arrivera », dit Marie, « quand je détrônerai l’orgueilleux Satan en l’écrasant sous mon pied et en l’enchaînant dans les abîmes de l’enfer, libérant ainsi finalement l’Église et la nation de sa cruelle tyrannie. »

L’écrivain Jeffrey Peters, PhD met en doute la prophétie attribuée à Notre-Dame du Bon Succès. Il écrit que « le plus gros problème de la prophétie est l’utilisation de la franc-maçonnerie, qui était un groupe fondé à Londres au début du XVIIIe siècle et qui n’est devenu politiquement actif qu’après 1750, un siècle et demi après que Mariana aurait reçu la prophétie. » Pour sa part, le Père Charles Grondin a lui-même parlé à un prêtre de l’Équateur. Ce dernier lui a dit que l’apparition est acceptée mais qu’il y a un débat concernant la part de la tradition originale et celle qui a été ajoutée au fil du temps. (Catholic Answers) N’oublions pas que la prophétie est du domaine surnaturel et non pas du domaine rationnel. Saint Thomas d’Aquin écrivait dans sa Somme Théologique (IIa IIae, Qu.171, art.1) :

« La prophétie est premièrement et principalement un acte de connaissance; en effet les prophètes connaissent les réalités qui échappent à la connaissance ordinaire des hommes. Aussi peut-on dire que le nom de “prophète” est composé de “pro”, c’est-à-dire « loin » et de “phanos” qui signifie « apparition », parce que les prophètes voient apparaître ce qui est éloigné. »

Et puis sommes-nous si certains que Mariana de Jesús Torres ne connaissait pas cette « secte maçonnique », comme elle l’appelait elle-même, qui émergeait déjà à cette même époque ?

Au temps où vivait Mariana de Jesús Torres existaient depuis longtemps les organisations d’ouvriers et d’artisans connues aujourd’hui sous le terme de “compagnonnage” (charpentier, chaudronnier, maréchal-ferrant, tailleur de pierre, maçon, etc.). En France, l’organisation des métiers sous l’Ancien Régime est construite autour des corporations et de trois états : apprenti, compagnon et maître. L’étude comparée des religions et des traditions des différents pays du monde semblent montrer que ces artisans se sont transmis des connaissances plus ou moins secrètes, de génération en génération, depuis la plus haute antiquité. On en trouve des traces dans l’Égypte antique et dans l’antiquité romaine, par exemple. Le compagnonnage existait déjà lors de l’âge d’or des cathédrales, des signes particuliers aux compagnons y sont reconnaissables, ces compagnons voyageaient dans tous les pays d’Europe et principalement en France.

Sceau de Luther
Le sceau de Luther devint le symbole de la Rose-Croix

Au XVIe siècle, les condamnations royales à l’encontre des devoirs se multiplient, sans parvenir à les faire disparaître. En 1539, par l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, François Ier reprend les interdictions de plusieurs de ses prédécesseurs : « Suivant nos anciennes ordonnances et arrêts de nos cours souverains, seront abattues, interdites et défendues toutes confréries de gens de métier et artisans par tout le royaume. […] défense à tous compagnons et ouvriers de s’assembler en corps sous prétexte de confréries ou autrement, de cabaler entre eux pour se placer les uns les autres chez les maistres ou pour en sortir, ni d’empêcher de quelque manière que ce soit lesdits maistres de choisir eux-mêmes leurs ouvriers soit français soit étrangers. »

Il est probable que certains de ces “compagnons” se soient convertis au protestantisme dont la Réforme a été menée sous l’impulsion de théologiens tels que Martin Luther (1483-1546), Ulrich Zwingli (1484-1531) et Jean Calvin (1509-1564). Plus tard, certains d’entre eux ont très bien pu bifurquer vers le mouvement Rose-Croix, présenté comme un ordre secret qui aurait été fondé au XVe siècle par un personnage mythique, Christian Rosenkreutz. Relevant de l’hermétisme chrétien, du néoplatonisme et de paracelsisme, ils en appellent aux savants et aux gouvernants de l’Europe, proposant de leur révéler leur mystérieuse sagesse. Les manifestes de la fraternité de la Rose-Croix sont vraisemblablement l’œuvre d’un groupe de jeunes théologiens, médecins et philosophes de l’université luthérienne de Tübingen, autour de Johann Valentin Andreae (1586-1654). Ils eurent un retentissement considérable à l’époque, suscitant enthousiasmes et controverses dans toute l’Europe. Plus tard, ce mouvement fut récupéré et s’intégra à la franc-maçonnerie.

Mais quels peuvent bien être les signes d’authenticité de ces prophéties ? La Milice de l’Immaculée (Militia Immaculatae) répond : «  Tout d’abord, la dévotion à Notre-Dame du Bon Succès est pratiquée sans interruption à Quito depuis plus de 400 ans. Deuxièmement, ce fut approuvé par l’évêque de Quito peu après la peinture miraculeuse de la statue en 1610 ; et en 1991, la statue reçut le couronnement canonique avec l’approbation de Rome. Troisièmement, le corps de Mère Marianna et les corps des six autres Mères fondatrices sont conservés intègres dans le couvent où on peut les voir aujourd’hui. Quatrièmement, Mère Marianna a fait plus de 10 prophéties qui ont toutes été accomplies. »

Mariana de Jesús Torres est morte le 16 janvier 1635, peu de temps après la dernière apparition alléguée. Lorsque sa tombe a été rouverte en 1906, son corps s’est révélé intact. L’archidiocèse de Quito a ouvert sa cause de canonisation en 1986 et a terminé l’étape diocésaine du processus en 1997. [1]


La Servante de Dieu Mère Mariana de Jesús Torres

Mariana de Jesús Torres

C’était en 1563. Dans la province basque de Viscaya, près de la frontière française, dans une famille de l’aristocratie espagnole, naissait Mariana Francisca de Jesús Torres y Berriochoa, première fille de Diego Torres et Maria Berriochoa, tous deux pieux catholiques. D’une rare beauté et douée d’une intelligence rapide, de nature douce et inclinée à la vertu, Mariana, dès l’enfance, évitait les jeux des enfants de son âge pour se réfugier à l’église adjacente à sa maison, dans laquelle elle avait été baptisée, et où sa mère la retrouvait souvent prosternée devant le tabernacle.

À l’âge de sept ans, un incendie détruisit l’église, endommageant aussi gravement la maison et la propriété paternelles, et précipitant dans la misère toute la famille, qui dut déménager dans la petite ville de Santiago de Galicie, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Un jour, agenouillée devant le tabernacle, Mariana s’exclama à haute voix : « Oh mon aimé ! Quand viendra le jour où je pourrai m’unir à Toi dans la sainte communion? » Aussitôt après, elle entendit ces paroles venant du tabernacle : « Le jour que tu voudras, ma fille, parce que ton cœur est déjà prêt! » Ayant dévoilé le secret de ce dialogue à un frère franciscain, elle commença aussitôt sa préparation, et le 8 décembre 1572, à l’âge de neuf ans, Mariana recevait sa première communion.

Dans cette première étreinte avec Jésus, le torrent de la grâce divine inonda son cœur, la faisant tomber en extase. Elle vit pour la première fois la Mère Immaculée qui, après lui avoir expliqué la grandeur du vœu de chasteté, lui enseigna la formule et la signification de ce vœu, en lui demandant de le prononcer un jour, dans l’Ordre religieux de l’Immaculée Conception. Elle vit ensuite, dans le tabernacle, les trois personnes de la Sainte-Trinité et Saint Joseph. Elle prononça alors les paroles entendues de la Mère Immaculée et, à la fin, le Père éternel bénit l’union entre Mariana et son Fils, qui lui demanda de commencer sa marche sur le chemin de l’amour et du sacrifice.

À la demande des familles les plus influentes et d’une grande partie de la population de la ville de Quito, le roi d’Espagne, Philippe II, en 1566, émit un décret pour la fondation du Couvent Royal de l’Immaculée Conception, qui fut érigé sur la place principale de Quito. Son but était la prière de l’Office divin pour l’éducation et la formation religieuse des filles des familles espagnoles et créoles de la Colonie espagnole dont Quito était la capitale.

Le roi envoya en Espagne le premier groupe des Mères fondatrices du couvent, à la tête desquelles il plaça Mère Maria de Jesús Taboada, une de ses parentes et tante de Mariana Francisca de Jesús Torres. Lorsque Mariana apprit la nouvelle de la fondation de ce nouveau couvent, elle comprit les paroles de Jésus qui l’invitait à abandonner la mai- son paternelle pour s’unir à Lui.

Mère Maria décida d’emmener avec elle la petite Mariana et, quelques jours avant le départ, ayant reçu la communion, elle eut une vision de Notre-Seigneur qui lui dit : « Mon épouse, le temps est venu d’abandonner la maison paternelle et ta patrie. Je t’emmènerai dans ma maison où, derrière de solides murs, tu vivras loin de la chair et du sang, cachée et oubliée de toutes les créatures. […] À mon imitation, tu porteras la croix et tu connaîtras de grandes souffrances. La force et le courage ne te manqueront pas. Je désire seulement que ta volonté soit toujours prête à accomplir la mienne. »

Le médaillon, commandé par Mère María de Jesús Taboada, pour commémorer la vision de Mariana de Jesús Torres

En 1576, Mère Maria, cinq autres fondatrices et Mariana embarquèrent pour l’Équateur. En pleine mer, le ciel s’obscurcit subitement, un ouragan d’une violence inouïe se déchaîna, si effrayant que les marins crurent qu’il n’y avait plus aucun espoir de salut. Pensant qu’elle était la cause de cet ouragan, Mariana s’unit à sa tante pour prier et invoquer la miséricorde de Dieu. C’est alors qu’elles virent, dans les eaux déchaînées, un gigantesque serpent à sept têtes, qui cherchait à détruire et à faire sombrer leur bateau. Mariana s’évanouit et, tout à coup, la lumière du jour apparut dans cette effrayante obscurité et l’ouragan se calma. Lorsque Mariana revint à elle, elle raconta à sa tante qu’elle avait vu un serpent plus grand que la mer qui se tordait et ensuite une femme, d’une incomparable beauté, vêtue de soleil, couronnée d’étoiles, avec dans ses bras un enfant merveilleux, et sur le cœur une image du Saint Sacrement. D’une main elle brandissait une grande croix d’or terminée en forme de lance. La femme, avec l’aide du Saint Sacrement et de la main de l’enfant, frappa le serpent avec une telle force que celui-ci fut réduit en pièces.

Deux ans plus tard, Mère Maria fit frapper un médaillon sur lequel était représentée la scène décrite par Mariana dans sa vision et, à partir de ce jour, la médaille fut portée par toutes les sœurs du Couvent de l’Immaculée Conception de Quito.

Les fondatrices arrivèrent à Quito le 30 décembre, et le 13 janvier 1577, le Vicaire provincial de l’Ordre franciscain reçut les vœux d’obéissance des fondatrices, avec le gouvernement spirituel et temporel du père Antonio Jurado O.F.M. La célébration de la fondation du Couvent royal de l’Immaculée Conception fut grande et solennelle. À l’âge de 15 ans, le 8 septembre 1577, Mariana entra au noviciat, et passa la première année sous la conduite de sa tante, la Mère Maria. Après deux ans de vie religieuse, de pratique des vertus et de stricte observance de la Règle, le 4 octobre 1579, Mariana prononça ses vœux solennels devant la Mère Abbesse, la Mère Maria.

À peine avait-elle fini de prononcer ses vœux qu’elle tomba en extase et entendit le Père éternel répéter les paroles prononcées par sa tante : « Si tu es fidèle en ceci, Je te promets la vie éternelle. » Puis elle vit Notre-Seigneur qui, avec une majesté et une douceur ineffables, l’épousa, passant à l’annulaire de sa main droite un merveilleux anneau orné de quatre pierres précieuses, sur chacune desquelles était inscrit l’un des quatre vœux : pauvreté, obéissance, chasteté et clôture. Notre-Seigneur lui dit : « Mon épouse, Je désire pour toi une vie d’immolation. Ta vie sera un continuel martyre… ».

Apparition de la Sainte-Trinité au pied du tabernacle

Apparition de la Sainte-Trinité

C’était en 1582. Un jour, alors qu’elle était en train de prier dans le Chœur de la chapelle du Couvent au pied du tabernacle, après un incident survenu parmi les sœurs, sœur Mariana, après un bref dialogue avec Notre-Seigneur, entendit un grondement terrifiant et vit l’église tout entière plongée dans l’obscurité, dans la poussière et la fumée. Levant les yeux, elle vie le maître-autel éclairé. Le tabernacle s’ouvrit et Jésus apparut, comme sur le Golgotha dans son agonie, avec à ses pieds la Vierge Marie, Saint Jean et Marie-Madeleine.

Craignant d’avoir été la cause de tout ceci, Sœur Mariana, se prosternant à terre avec les bras en croix, s’écria : « Seigneur, c’est moi la coupable! Punis-moi et pardonne à ton peuple. » Mais son ange gardien la souleva de terre et lui dit : « Non! Ce n’est pas toi la coupable. Lève-toi, car Dieu désire te révéler un grand secret. » Voyant les larmes de la Vierge Marie, elle s’adressa à elle en disant : « Notre-Dame, est-ce moi qui suis la cause de votre tristesse? » « Non, ce n’est pas toi, mais le monde criminel! ».

Alors Notre-Seigneur commença son agonie et sœur Mariana entendit la voix de Dieu le Père qui lui dit : « Ce châtiment sera pour le XXe siècle! » Tout à coup, au-dessus de la tête du Christ agonisant, apparurent trois épées sur lesquelles était écrit : « Je punirai l’hérésie », « Je punirai l’impiété », « Je punirai l’impureté », et elle comprit que cela se passerait au XXe siècle. La Vierge Marie lui demanda : « Ma fille, veux-tu te sacrifier pour les hommes de cette époque? » « Oui, je le veux! » répondit sœur Mariana.

Alors tout à coup les trois épées au-dessus de la tête du Christ agonisant transpercèrent le cœur de sœur Mariana, lui faisant subir une mort mystique. Elle parut devant le jugement de Dieu. Notre-Seigneur lui présenta deux couronnes : l’une de gloire immortelle, d’une beauté indescriptible, l’autre de lys blancs entourés d’épines, et il lui dit : « Mon épouse, choisis l’une de ces couronnes. » Elle devait choisir entre la gloire du paradis et la gloire de son retour sur terre, pour souffrir comme victime sacrificielle pour apaiser la divine justice envers les hérésies, les impiétés et les impuretés qui seraient commises au XXe siècle. Rassurée par les paroles de la Vierge et par la promesse de son aide dans cette terrible épreuve, sœur Mariana répondit : « Notre-Dame et ma Mère, que soit faite en moi la divine volonté! » Après ces paroles, elle reçut avec humilité et résignation la couronne de lys entourés d’épines, et retourna sur la terre pour souffrir.

Elle devint ainsi une victime expiatoire pour les hérésies, les impiétés et les impuretés de notre temps.

Première apparition de la Vierge

Mère Mariana mesure la taille de l’apparition avec le cordon de son habit religieux

Le 17 septembre 1588, sœur Mariana était en train de réciter les prières de minuit lorsque son corps tout entier ressentit subitement un frisson si violent qu’elle ne put retenir un cri de douleur. On la porta dans son lit, on l’examina et l’on découvrit que ses mains et ses pieds présentaient des blessures profondes, et qu’elle avait au côté une blessure semblable à celle causée par un coup d’épée. Le lendemain matin, le médecin constata qu’elle était complètement affaiblie, et son corps paralysé. Le seul mouvement perceptible de son corps était celui des battements de son cœur qui étaient si forts qu’on pouvait les entendre à distance.

Cette infirmité contraint sœur Mariana à garder le lit pendant environ un an, mais au cours des premiers mois, aux souffrances physiques vinrent s’ajouter les souffrances spirituelles. Un jour, alitée et incapable de bouger à cause de la douleur, elle entendit un bruit épouvantable dans sa cellule. Ouvrant les yeux, elle vit un horrible serpent qui, se débattant et se tordant, cherchait frénétiquement, tout en rampant, à grimper le long des murs, comme s’il était poursuivi par quelqu’un qui le chassait.

La peine que sœur Mariana ressentit fut si aiguë qu’elle fut plongée dans le désespoir. Tous les actes héroïques de sa vie lui semblèrent criminels; ses bonnes œuvres lui apparurent comme des œuvres de perdition; sa vocation comme une illusion et une honte par laquelle elle s’était dirigée vers la damnation éternelle. Dans ce malheureux état intérieur, dans lequel il lui semblait que son âme se séparait de son corps par la violence de la douleur et qu’elle était précipitée en enfer, elle rassembla toutes ses forces et gémit à voix haute : « Étoile de la mer, Marie Immaculée, le pauvre voilier de mon âme est en train de sombrer. Les eaux de la tribulation me noient. Sauvez-moi, car je meurs! » Avant qu’elle ait fini sa phrase, elle vit une lumière céleste l’entourer et elle sentit une main affectueuse lui toucher la tête. En même temps, sœur Mariana entendit une voix douce qui lui dit : « Pourquoi as-tu peur, ma fille? Ne sais-tu pas que je suis avec toi dans les tribulations? Lève-toi et regarde-moi! » L’humble religieuse se leva et vit une femme d’une grande majesté et d’une grande splendeur, dont émanaient la douceur et l’amour. Elle lui demanda : « Qui êtes-vous, splendide Dame? »

« Je suis la Mère du Ciel que tu as invoquée. Je suis venue dissiper les ténèbres de la nuit de ton âme […] parce que ton Seigneur et Dieu t’a destinée à de grandes choses pendant ta vie. […] À présent je redonnerai la vie à tes muscles, à tes veines et à tes artères, et je chasserai le serpent infernal » À peine la femme eut-elle fini de parler que l’énorme serpent émit un effrayant sifflement de désespoir, s’élançant vers l’enfer dans un terrible grondement qui fit trembler la terre sous le Couvent et toute la ville de Quito.

Mariana demeura alitée et sa santé continua d’empirer jusqu’au mois de septembre 1589. Le second mercredi du mois, à neuf heures du matin, commença son agonie. La messe du matin fut célébrée en sa présence. Elle reçut l’extrême-onction. Son agonie continua jusqu’au vendredi. À 3h30 de l’après-midi, sœur Mariana rendit son dernier soupir. Ses obsèques étaient prévues pour le lundi suivant, mais le dimanche à trois heures du matin (la même heure que celle de la résurrection de notre seigneur Jésus-Christ) lorsque les sœurs du Couvent se rendirent au chœur pour le petit office, elles trouvèrent stupéfaites sœur Mariana en train de prier.

En 1592, mère Maria, abbesse du Couvent depuis 15 ans, tomba malade et sœur Mariana fut élue à sa place. Toutefois, à la mort de mère Maria (1593), un groupe de sœurs rebelles complotèrent pour que la juridiction du Couvent soit transférée des frères mineurs à l’Évêque de Quito. Ce climat détériora la vie conventuelle qui déboucha sur des accusations personnelles et sur l’institution de procès à l’égard des présumées coupables.

Deuxième apparition de la Vierge

Le 2 février 1594, le cœur rempli d’amertume et de peine, sœur Mariana priait, prosternée sur le sol du chœur du Couvent. Elle suppliait Notre-Seigneur, par l’intercession de sa Mère bénie, pour que cessent les procès continuels qui avaient lieu dans son Couvent bien-aimé et pour la fin de tous les péchés qui étaient commis dans le monde.

Marie du Bon Succès, la Reine du ciel et de la terre

Pendant cette longue pénitence, mère Mariana perçut la présence de quelqu’un en face d’elle. Son cœur était troublé, mais une voix douce l’appela par son nom. Elle se releva, et vit en face d’elle une femme merveilleuse qui portait Jésus Enfant sur son bras gauche, et qui tenait dans sa main droite un Pastoral d’or brillant et orné de pierres précieuses d’une beauté indescriptible. Le cœur rempli de joie et de bonheur, elle dit : « Dame merveilleuse, qui êtes-vous et que voulez-vous? Ne savez- vous pas que je suis une pauvre sœur, certainement pleine d’amour pour Dieu, mais aussi débordante de douleur et de souffrance ? » La Femme répondit : « Je suis Marie du Bon Succès, la Reine du ciel et de la terre. C’est précisément parce que tu es une âme religieuse remplie d’amour pour Dieu et pour sa Mère, que je te parle. Je suis venue du ciel pour consoler ton cœur affligé. Tes prières, tes larmes et tes pénitences sont très appréciées par notre Père céleste. L’Esprit Saint, qui console ton esprit et te soutient dans toutes tes justes tribulations, a formé, avec trois gouttes du sang de mon cœur, l’Enfant le plus excellent de l’humanité. Pendant neuf mois, Vierge et Mère, je l’ai porté dans mon sein très pur. Dans l’étable de Bethléem, je l’ai couché sur la paille froide. Moi, sa Mère, je l’ai placé ici, sur mon bras gauche, pour qu’ensemble, nous puissions retenir la main de la Justice divine, qui est toujours prête à châtier ce monde malheureux et criminel. Dans ma main droite, je porte le Pastoral que tu vois, parce que je désire gouverner ce Couvent comme abbesse et Mère. Dans peu de temps, les frères franciscains ne gouverneront plus ce Couvent et, à cause de cela, mon patronage et ma protection seront plus nécessaires que jamais, car cette épreuve durera pendant des siècles. Par cette séparation, Satan tentera de détruire cette œuvre de Dieu, en se servant de mes filles ingrates. Mais il n’aura pas de succès, parce que je suis la Reine des Victoires et la Mère du Bon Succès, et c’est sous cette invocation que je désire être connue pour tous les temps, pour la préservation de mon Couvent et de ses habitants. Maintenant, je désire te donner force et encouragement. Ne permets pas à la souffrance de te décourager, car tu vivras longtemps sur cette terre pour la gloire de Dieu et de sa Mère qui te parle en ce moment. Mon très saint Fils désire te donner toutes sortes de souffrances et, pour te donner le courage dont tu auras besoin, je le prends de mes bras et… reçois-le dans les tiens! Serre-le contre ton cœur faible et imparfait! »

La très sainte Vierge posa l’enfant divin dans les bras de l’heureuse Mère Mariana, qui le serra contre son cœur, le caressant tendrement. Après avoir fait cela, elle sentit en elle un fort désir de souffrance.

L’esprit de rébellion et de non-observance de la Règle se retourna contre Mère Mariana. Les sœurs rebelles, en 1595, s’opposèrent à sa réélection comme abbesse et firent élire mère Maddalena. Leurs rapports avec les frères mineurs s’étant détériorés, elles obtinrent en 1598 leur séparation du Couvent qui passa sous la juridiction de l’évêque de Quito. La période qui va de 1599 à 1610 fut la période la plus troublée et la plus dramatique pour le Couvent. Mère Mariana et les fondatrices furent calomniées, humiliées, persécutées, poursuivies en justice et à plusieurs reprises traînées en prison.

Troisième apparition de la Vierge

Mère Mariana enfermée dans la prison du couvent

Ce fut précisément dans la prison du Couvent que la Vierge choisit d’apparaître de nouveau. Cela arriva le 16 janvier 1599. Dans une lumière brillante, Mère Mariana vit apparaître une femme merveilleuse qui se présenta :

« Je suis Marie du Bon Succès, une invocation bien connue en Espagne et à laquelle tu as recouru plusieurs fois […]. Les tribulations que mon très saint Fils t’a données sont un don du ciel pour embellir ton âme et pour retenir la colère divine, tellement prête à déchaîner un terrible châtiment sur cette ingrate colonie. Combien de crimes cachés y sont commis! […].

« Dans peu de temps, le pays dans lequel tu vis cessera d’être une colonie et deviendra une République libre[2]. Alors, connue sous le nom d’Équateur, elle aura besoin d’âmes héroïques pour affronter les nombreuses calamités publiques et privées. Ici, dans le Couvent, Dieu trouvera toujours des âmes comme des fleurs cachées. Quito serait maudite sans se Couvent! Le roi le plus puissant de la Terre, avec toutes ses richesses, ne pourrait pas construire de nouveaux édifices sur ce lieu, parce que ce lieu appartient à Dieu. Au XIXe siècle, il y aura un vrai président chrétien (Garcia Moreno – ndr), un homme de caractère auquel Dieu donnera la palme du martyre sur la place adjacente à mon Couvent [3]. Il consacrera la République au Sacré-Cœur de mon très saint Fils et cette consécration soutiendra la religion catholique dans les années qui suivront; années qui seront funestes pour l’Église. Ces années, pendant lesquelles la secte maudite de la franc-maçonnerie aura le contrôle du gouvernement civil, verront une cruelle persécution de toutes les communautés religieuses, qui frappera aussi violemment mon Couvent bien-aimé. Des hommes penseront pouvoir détruire le Couvent, mais Dieu existe et j’existe, et nous ferons se dresser de puissants défenseurs, et nous placerons face à ces ennemis des difficultés impossibles à surmonter, et nous triompherons. […]

Le célèbre sculpteur don Francisco del Castillo

« Donc, c’est le désir de mon très saint Fils que tu commandes la construction d’une statue me représentant telle que tu me vois maintenant, et que tu la fasses placer sur le siège de l’abbesse, afin que je puisse gouverner mon Couvent. Dans ma main droite, fais placer le Pastoral et les clés du cloître comme signe de ma propriété et autorité. Sur mon bras gauche, place mon Enfant divin, afin que les hommes comprennent que je suis puissante pour apaiser la Justice divine et obtenir la miséricorde et le pardon pour tout pécheur qui vient à moi avec un cœur contrit, parce que je suis la Mère de Miséricorde et il n’y a en moi que bonté et amour; et afin que de tous les temps, mes filles comprennent que je leur montre et leur donne mon très saint fils et leur Dieu comme modèle de perfection religieuse. Elles devront venir à moi, pour que je les conduise à Lui. »

Mère Mariana doutait que même le sculpteur le plus expérimenté puisse sculpter une telle statue, mais la Vierge répondit : « Ma fille, je suis d’accord avec ce que tu dis. Mon serviteur François, avec ses mains blessées, sculptera ma statue, et les esprits angéliques l’assisteront. Il me ceindra avec sa ceinture, symbole de tous ses fils et de ses filles dont je suis si proche. Pour la hauteur de ma statue, tu me mesureras toi-même avec le cordon séraphique qui te ceint : porte-moi ton cordon et place une de ses extrémités dans ma main. Puis tu placeras l’autre extrémité sur mon pied. […] Ainsi, ma fille, tu as la hauteur de ta Mère céleste. Transmets-la à mon serviteur Francisco del Castillo, et décris-lui mes traits et mon allure. Il exécutera le travail extérieur de ma statue… »

La même année, l’évêque de Quito, après une enquête faite sur les faits de la vie du Couvent, ayant regretté les erreurs commises à l’égard de Mère Mariana et des fondatrices, envoya un ordre écrit à Mère Mariana dans lequel il était affirmé que c’était à elle que revenait le gouvernement du Couvent, avant même l’abbesse en charge, qui la consultait, écoutait ses conseils en toutes choses parce qu’elle était Mère fondatrice.

La charité de Mère Mariana, à l’égard des sœurs rebelles et en particulier de la sœur qui était à leur tête, la poussa à demander à Notre-Seigneur de lui donner les souffrances nécessaires pour obtenir le salut de son âme. C’est ainsi que commença, en 1601, une période de cinq années d’expiation pour la sœur rebelle qui, tombée gravement malade, fut soignée personnellement par Mère Mariana. Cette période terminée, la sœur rebelle mourut, et peu après Mère Mariana fut élue abbesse pour la troisième fois (1606-1609), puis une quatrième fois (1609-1612). […]

Quatrième apparition de la Vierge

Mère Mariana avec l'archange

Le 21 janvier 1610, Mère Mariana était en train de prier quand, tout à coup, le chœur fut inondé d’une splendeur céleste. Au milieu de cette lumière éblouissante, elle vit arriver les trois archanges, Saint Gabriel, Saint Michel et Saint Raphaël qui avaient précédé l’apparition de la Vierge pour éclairer l’intelligence, renforcer le cœur et soigner la cécité d’esprit de Mère Mariana. Une fois les messagers célestes partis, Mère Mariana demeura prosternée à terre jusqu’à deux heures du matin, lorsque la Reine du ciel lui apparut, portant dans ses bras l’enfant, et s’adressant à elle par ces mots : « Lève-toi de la terre où tu gis, fille bien-aimée de mon cœur maternel et épouse aimée de mon divin Fils. Ton humilité a attiré mon cœur, comme l’orgueil qui règne dans cette colonie s’éloigne de moi. Mais puisque j’ai des filles fidèles et aimantes dans ce Couvent, et parmi elles toi, ma préférée, je viens comme toujours te confier mes secrets. »

Après lui avoir parlé des religieuses infidèles qui vivraient dans le Couvent dans les temps à venir, de leur tiédeur obstinée et de leur surdité à toute grâce, à tout conseil charitable, avertissement ou châtiment qui pourrait leur être envoyé, la Vierge lui dit :

« Je t’apprends qu’à partir de la fin du XIXe siècle, dans ce qui est aujourd’hui la Colonie et qui sera un jour la République de l’Équateur, exploseront les passions et il y aura une totale corruption des mœurs, car Satan régnera presque complètement au moyen des sectes maçonniques. Celles-ci se concentreront principalement sur les enfants pour maintenir cette corruption générale. Malheur aux enfants de cette époque!

« Il sera difficile de recevoir le sacrement du baptême et aussi celui de la confirmation. Les enfants ne recevront le sacrement de confession que s’ils restent dans les écoles catholiques, car le diable s’efforcera de le détruire au moyen de personnes en position d’autorité. La même chose arrivera pour le sacrement de la sainte communion. Hélas! Comme cela m’afflige de te parler des énormes sacrilèges publics et privés qui surviendront en profanation de la sainte eucharistie ! Souvent, pendant cette époque, les ennemis de Jésus-Christ, poussés par le diable, voleront des hosties consacrées dans les églises pour profaner les espèces eucharistiques. Mon très saint Fils sera jeté à terre et piétiné […]. Mais à cette époque, tu seras déjà connue, ainsi que les faveurs que je t’accorde. Combien j’aime les heureux habitants de ce saint lieu! Et cette connaissance stimulera l’amour et la dévotion à ma sainte statue. Pour cette raison, aujourd’hui, avec autorité, je t’ordonne de faire faire cette statue : qu’elle soit sculptée exactement comme tu me vois, et fais-la placer sur le siège de l’abbesse, afin que de là je puisse gouverner et diriger mes filles et défendre mon Couvent; parce que Satan, se servant tant du bien que du mal, engagera une bataille féroce pour le détruire. […] Comme ce pauvre pays sera privé de l’esprit catholique, le sacrement de l’extrême-onction sera peu considéré. Beaucoup de personnes mourront sans le recevoir – par négligence de leurs familles, ou à cause d’une affection mal comprise envers les malades. D’autres, poussés par le diable, se révolteront contre l’esprit de l’Église catholique et priveront un grand nombre d’âmes d’innombrables grâces, consolations et de la force dont ils ont besoin pour faire le grand saut au temps de l’éternité. Mais certaines personnes mourront sans recevoir ce sacrement par un châtiment juste et secret de Dieu.

« Pour le sacrement du mariage, qui symbolise l’union du Christ avec son Église, celui-ci sera attaqué et profondément profané. La franc-maçonnerie, alors au pouvoir, approuvera des lois iniques dans le but de s’affranchir de ce sacrement, rendant facile pour chacun de vivre dans le péché, et encourageant la procréation d’enfants illégitimes, nés sans la bénédiction de l’Église. L’esprit catholique disparaîtra très rapidement, éteignant la précieuse lumière de la foi, jusqu’à ce que l’on arrive à une presque totale corruption des mœurs. À cela s’ajouteront les effets de l’éducation séculière qui sera une des raisons de la mort des vocations sacerdotales et religieuses.

« Le sacrement de l’ordre sera moqué, opprimé et méprisé, parce que dans ce sacrement, l’Église de Dieu et Dieu lui-même sont rejetés et méprisés, car c’est Dieu qui est représenté par les prêtres. Le démon cherchera à persécuter les ministres du Seigneur de toutes les façons possibles, et il agira avec astuce et cruauté pour les détourner de l’esprit de leurs vocations, en corrompant beaucoup d’entre eux. Ces prêtres corrompus, qui seront motif de scandale pour les catholiques, feront en sorte que la haine des mauvais catholiques et des ennemis de l’Église catholique apostolique et romaine retombe sur tous les prêtres.

« Ce triomphe apparent de Satan causera d’immenses souffrances aux bons pasteurs de l’Église, aux bons prêtres, et au Vicaire suprême du Christ sur terre qui, comme un prisonnier au Vatican, versera des larmes amères et secrètes en présence de son Dieu et Seigneur, implorant la lumière, la sainteté et la perfection pour le clergé du monde entier, dont il est roi et père.

« Dans ce suprême moment de besoin de l’Église, ceux qui devraient parler garderont le silence! Tu verras tout cela du ciel, ma fille bien-aimée, où tu ne souffriras plus, mais tes filles et celles qui les suivront souffriront, et apaiseront la colère divine. Elles recourront à moi par l’invocation de Notre-Dame du Bon Succès, dont je te commande de faire faire la statue pour la consolation et la préservation de mon Couvent et pour les âmes fidèles de ce temps, une époque où il y aura une grande dévotion envers moi, parce que je suis la Reine du ciel sous de nombreuses invocations.

« Cette dévotion sera le bouclier entre la Justice divine et le monde prévaricateur, pour empêcher la réalisation de la terrible punition de Dieu, que cette terre coupable mérite. Aujourd’hui même, tu devras aller chez l’évêque et lui dire que je t’ai ordonné de me faire représenter par une statue qu’il faudra sculpter et placer à la tête de mon couvent afin que, sous ce titre, je puisse prendre possession de ce qui m’appartient. Comme preuve que tu dis la vérité, dis-lui qu’il mourra dans deux ans et deux mois et qu’il doit commencer à se préparer pour le jour de l’éternité, parce que sa mort sera violente. Il devra consacrer ma statue avec le saint chrême et lui donner le nom de « Marie du Bon Succès de la Purification, où Chandeleur ». Dans cette occasion solennelle, lui-même devra placer les clés du Cloître, avec le Pastoral, dans la main droite de ma statue, comme preuve que le gouvernement des épouses de mon très saint Fils m’a été confié et qu’elles devront remettre toutes leurs préoccupations à ma protection aimante et maternelle. Puis, à ce moment, je prendrai complète possession du Couvent, ma maison, et je le protégerai et le libérerai de tous les désordres jusqu’à la fin des temps, en demandant à mes filles à un continuel esprit de charité et de sacrifice. Ainsi, par l’humilité, l’obéissance, la patience, et la prière continuelle, cette maison et cette communauté seront soutenues. […] Toutes leurs nécessités et leurs demandes seront accueillies, grâce à la pratique quotidienne de ces vertus. Ceci vaut pour chacune de mes filles qui vivront dans ce cloître bien-aimé jusqu’à la fin des temps […].

« Sois docile à mes exhortations, et demande que ma statue soit sculptée sans retard, telle que tu me vois, et demande à la placer dans le lieu que je t’ai indiqué […]. Je pourvoirai à la perfection de cette œuvre. Les archanges Gabriel, Michel et Raphaël prendront soin d’exécuter secrètement ma statue. Tu devras appeler Francisco del Castillo, qui connaît bien cet art, et lui donner une succincte description de mes traits, exactement comme tu les vois aujourd’hui et toujours, car c’est pour cette raison que je te suis apparue plusieurs fois. »

Mère Mariana mesura de nouveau la hauteur de l’apparition avec son cordon.

Cinquième apparition de la Vierge

Image de la mesure de la Sainte Vierge

Le 2 février 1610 à 1h30 du matin, Mère Mariana, après avoir prié dans le chœur, méditant sur l’humilité et l’obéissance de Marie, allait se retirer lorsqu’elle se sentit soudain envahie d’une joie mêlée de crainte, et elle se vit aussitôt en présence de Notre-Dame du Bon Succès, qui la regardait avec une aimable sévérité, sans dire un mot. Aux inquiétudes de Mère Mariana, Notre-Dame répondit :

« Créature au cœur dur et lent à agir […], par la construction de ma statue, ce n’est pas seulement à toi et à mon couvent que je donne mes faveurs, mais aussi aux gens et au vaste public, à travers les siècles. Parce que ce Couvent est une forteresse, et portera le salut à beaucoup d’âmes, tirant de l’abîme du péché celles qui s’y trouvent, Dieu sera glorifié dans ces âmes. Si tu savais combien de conversions il provoquera ! Veux-tu être responsable de la perte de tant d’âmes, en restant sourde à ma voix et à ma demande? »

« Notre-Dame – répondit mère Mariana – votre reproche est très juste et je l’accepte humblement devant Dieu […] mais permettez-moi de vous confier mes craintes et de vous demander une grâce que, comme mère, vous ne pourrez pas me refuser. La crainte que je vous expose est celle-ci : comme les gens de ce pays sont enclins à l’idolâtrie, ceci pourrait être une occasion de les pousser à cette pratique. La grâce que je vous demande est que vous ne fassiez pas apparaître mon nom, afin que vous seule, comme souveraine et reine que vous êtes, puissiez être glorifiée, et moi au contraire, toujours inconnue. En outre, je vous demande de pouvoir mesurer votre hauteur encore une fois, car il est impossible de vous représenter exactement telle que vous êtes, même si votre sainte statue et sculptée par des esprits angéliques. »

La reine du ciel répondit :

« Fille bien-aimée de mon cœur, ton humilité m’est agréable. Dès que possible, va parler à l’évêque et dis-lui de ma part ce que je t’ai dit et demandé la dernière fois. Hâte-toi de demander la sculpture de ma statue, car le temps passe et il ne reste que deux années de vie à l’évêque, qui a été choisi pour consacrer ma statue avec le saint chrême et la placer dans le lieu que je t’ai désigné. Dis-lui en outre qu’au terme de son agonie, nous – toi et moi – serons à ses côtés pour l’assister dans son passage final. S’il te demande comment tu pourras te trouver là, réponds-lui que rien n’est impossible à Dieu et à sa très sainte Mère, parce qu’ils sont les maîtres absolus de toutes les créatures.

« Ta demande de rester inconnue m’est agréable, et je ferai comme tu me l’as demandé. Dis à l’évêque que c’est ma volonté et la volonté de mon très saint Fils que ton nom soit inconnu à tout prix, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Couvent, parce qu’il n’est utile pour personne, à l’heure actuelle, de connaître les détails et l’origine de la façon dont cette statue a été réalisée.

« Tout ceci ne sera connu du vaste public qu’au XXe siècle. Pendant cette période, l’Église se trouvera attaquée par de terribles hordes de la secte maçonnique, et cette pauvre terre de l’Équateur sera agonisante à cause de la corruption des mœurs, de la luxure effrénée, de la presse impie et de l’éducation séculière. Les vices d’impureté, d’impiété et de sacrilège domineront, en ces temps de désolation dépravée, et ceux qui devraient parler garderont le silence!

« Sache, fille bien-aimée, que quand ton nom sera connu au XXe siècle, beaucoup ne croiront pas, disant que cette dévotion n’est pas agréable à Dieu. Mais les grandes souffrances de mes filles, et tes souffrances présentes, seront comme un mélodieux concert d’humilité et de pénitence cachée pour mon très saint Fils et pour moi. L’Époux divin et moi, sa Mère, et toi aussi, nous prendrons soin de nos filles depuis le ciel, et nous les conduirons sur la juste voie qui mène au paradis. Ce qui causera la plus grande peine à ces filles, ce seront les doutes de leurs consœurs, qui augmenteront leurs souffrances et aussi leurs mérites.

« Une foi simple et humble dans la véridicité de mes apparitions à toi, ma fille bien-aimée, sera réservée aux âmes humbles et ferventes qui sont dociles aux inspirations de la grâce, parce que notre Père céleste communique aux simples de cœur, et non à ceux qui ont le cœur gonflé d’orgueil et qui font semblant de savoir ce qu’ils ne savent pas, ou qui sont infatués d’une science vide.

« Ne t’inquiète pas pour les traits de ma statue, car elle sera faite comme je le désire pour les buts sublimes auxquels elle est destinée. Donne-moi l’extrémité du cordon que tu as autour de la taille, symbole de la pureté de l’épouse du divin Jésus, afin que je puisse la porter à mon front. Mets l’autre extrémité sur mon pied droit, et tu auras la mesure de ma hauteur, marquée par la longueur de ce cordon ».

L’humble religieuse, pleine de confiance et de gratitude envers la Vierge, dénoua le cordon qu’elle portait autour de la taille et tendit l’une de ses extrémités à la bienheureuse Mère, puis plaça l’autre extrémité aux pieds de Notre-Dame. Le cordon s’allongea, comme s’il était élastique, jusqu’à atteindre la hauteur de la Reine du ciel et de la terre. Quand elle leva les yeux pour observer le front de sa Mère, elle vit l’Enfant divin debout qui tenait l’extrémité du cordon touchant le front de sa Mère. […] Puis, levant sa petite main gracieuse, il tendit le cordon à Mère Mariana en disant : « Mon épouse bien-aimée, maintenant tu as la mesure de la hauteur de ma très sainte Mère, comme tu le souhaitais. Conserve ce cordon avec révérence, car je désire que les nombreuses épouses que j’aurai à travers les siècles se mesurent avec lui. La mesure a déjà été donnée. Et sais-tu comment je désire qu’elles soient mesurées? Je mesurerai leur humilité, leur silence, leur charité, leur patience et leur amour pour moi et pour ma bienheureuse Mère, que toutes doivent prendre pour modèle. Comme chrétiennes, et encore plus comme religieuses, je désire qu’elles aient mon esprit dans chacun des actes de leur vie. Mon esprit de patience, de douceur, d’abnégation et de total abandon à la volonté divine. Fais qu’elles me servent avec diligence, abandonnant même leur bonheur éternel à l’amoureuse volonté de mon Cœur divin […]. »

Le lendemain, Mère Mariana s’employa immédiatement à faire réaliser la statue de Notre-Dame du Bon succès. Elle parla avec son père spirituel P. Juan de la Mère de Dieu, puis avec l’évêque de Quito, qui s’engagea à faire faire les clés du Couvent pour la Statue, tandis que la couronne fut offerte par le chapitre de la cathédrale.

Le sculpteur Francisco del Castillo, appelé au Couvent deux jours plus tard, honoré de la charge qu’on lui attribuait, l’accepta, et chercha aussitôt un bois spécial qui puisse durer le plus longtemps possible. À la fin du mois d’août, il retourna au Couvent avec ce bois de prix, et s’engagea à commencer le travail le 15 septembre. Lorsqu’il commença de sculpter la statue, il sembla transformé et, souvent, on le trouva au travail avec les larmes aux yeux. L’évêque lui rendit visite plusieurs fois, et chaque fois, il le quittait très ému.

À la fin du mois de septembre, Mère Mariana appela la marquise Maria de Yolanda, qui assuma la charge de faire faire le Pastoral d’or en Espagne par sa famille. Ayant su ensuite que la hauteur de Notre-Dame avait été mesurée avec le cordon de l’abbesse, la marquise demanda la faveur de le voir. Elle le reçut entre ses mains, et à peine l’avait-elle rendu que son bras gauche, infirme depuis plusieurs jours à cause d’une chute, fut guéri.


La statue achevée par les anges

Le matin du 16 janvier 1611, les ferventes religieuses du Couvent se levèrent tôt comme à leur habitude. S’approchant de la chapelle, elles entendirent une musique mélodieuse. Hâtant le pas, elles virent là, avec émerveillement, tout le chœur rempli d’une lumière céleste, et elles entendirent les voix des anges, accompagnées d’une musique divine, entonner le Salve Sancta Parens.

Événement Notre-Dame du Bon Succes, à Quito

La sainte statue avait déjà été finie par les anges! De son visage émanaient d’intenses rayons de lumière qui se répandaient dans le chœur et dans l’église. Petit à petit, ces rayons perdirent de leur intensité et les sœurs purent s’approcher et contempler de plus près le miracle opéré par Dieu pour son Couvent et pour l’humanité, avec l’achèvement de la sainte et vénérable statue par les anges. Entouré d’un halo de lumière brillante, le visage de la statue n’était pas sévère, mais majestueux, serein, doux, aimable, attirant, comme si elle invitait ses filles à s’approcher de leur Mère céleste avec confiance, pour les embrasser en signe de remerciement et de bienvenue. L’enfant Jésus était un chef-d’œuvre. Il exprimait l’amour et la tendresse pour les épouses tant aimées de son Cœur et si chères à sa Mère. […] Débordantes d’amour pour Dieu et pour sa bienheureuse Mère, les sœurs récitèrent l’Office en redoublant de ferveur.

À l’heure prévue, le sculpteur, Francisco del Castillo, arriva au Couvent pour poser la dernière couche de couleur à sa grande œuvre, apportant avec lui les couleurs les plus précieuses qu’il ait pu trouver. Arrivé à la chapelle, il regarda la statue avec stupéfaction et avec une grande émotion, et s’écria : « Mères, que s’est-il passé? Cette splendide statue n’est pas mon œuvre! Je n’arrive pas à exprimer ce que je ressens dans mon cœur. C’est une œuvre angélique, car elle n’a pas pu être faite sur cette terre, par une main humaine! Aucun sculpteur, aussi expert qu’il soit, ne peut imiter une telle perfection et une telle beauté. »

Il tomba au pied de la statue, le cœur inondé de sentiments de foi et de piété, et un flot de larmes coula de ses yeux. S’étant relevé, il demanda du papier et une plume pour pouvoir faire un témoignage écrit, jurant que cette statue n’était pas son œuvre, mais celle des anges. Dans ce témoignage, il déclara qu’il avait retrouvé une statue différente de celle qu’il avait laissée dans le chœur supérieur du Couvent, six jours plus tôt.

L’évêque, informé de ce prodige, se rendit immédiatement au Couvent pour voir en personne la merveille de l’achèvement de la statue et, après avoir constaté cet événement extraordinaire, il invita Mère Mariana à se rendre au confessionnal, pour apprendre d’elle ce qui s’était réellement passé.

« Excellence,— dit Mère Mariana, pendant la prière de l’après-midi du 15 de ce mois —, Dieu m’a avertie que pendant les premières heures du lendemain matin, je serais témoin de sa miséricorde envers le Couvent et envers l’humanité. Il m’a demandé de me préparer à recevoir ses grâces par une pénitence nocturne et une prière. C’est ce que je fis. À minuit, entrant dans le chœur, je vis l’église éclairée d’une lumière céleste. Mon esprit s’est perdu dans l’immensité de Dieu et l’amour divin a dilaté mon cœur. Alors le tabernacle s’est ouvert et j’ai vu que dans la sainte hostie se trouvaient le Père, le Fils et le Saint-Esprit. J’ai vu le sublime mystère de l’incarnation du Verbe divin se réaliser dans le sein très pur de la bienheureuse Vierge. Puis j’ai compris l’amour infini des trois Personnes divines pour la très sainte Vierge Marie, Notre- Dame, qui était présente, si magnifique, si belle et si attirante. Les neuf chœurs des anges chantèrent les louanges et rendirent hommage à leur Reine. La très sainte Trinité manifesta sa satisfaction pour cette sainte et merveilleuse créature, exempte de toute tâche du péché originel. À un geste de la très sainte Trinité, les archanges Michel, Gabriel et Raphaël se présentèrent devant le trône de la Majesté divine, et j’étais prête à accomplir une mission sublime. Je n’ai pas compris l’ordre qu’ils m’ont donné, mais après s’être inclinés avec une profonde révérence, je les ai vus s’approcher du trône de la Reine du ciel. Saint Michel, la saluant, a dit : “Très sainte Marie, Fille de Dieu le Père” ; Saint Gabriel a dit : “Très sainte Marie, Mère de Dieu le Fils”; Saint Raphaël a dit : “Très sainte Marie, pure Épouse du Saint-Esprit”. Puis, ils ont entonné ensemble : “Très Sainte Marie, Temple de la très sainte Trinité”. En un instant, plus rapides qu’un éclair, les trois archanges se trouvèrent dans le chœur où la statue était sculptée, de façon à pouvoir l’achever et l’éclairer d’une splendeur divine. J’ai vu aussi apparaître mon Père séraphique. De ses mains blessées sortaient des rayons célestes qui, sans aveugler mes yeux, pénétrèrent mon cœur et le transportèrent dans les sphères célestes. Accompagné des trois archanges, Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, il s’est approché de la statue presque achevée par le Señor Francisco del Castillo et, en un instant, ils la transformèrent. Je n’ai pas réussi à voir de quelle façon a eu lieu cette transformation instantanée, mais ils ont laissé la statue dans l’état magnifique où votre Excellence l’a vue. Puis, mon Père séraphique a pris son cordon blanc et, le nouant autour de la taille de la sainte statue, il dit avec amour et révérence : « Notre-Dame, je confie à votre amour maternel mes fils et mes filles des trois ordres que j’ai fondés et qui continuent leur pèlerinage terrestre. Aujourd’hui je vous confie, et pour tous les temps, ce Couvent fondé sous ma protection. Des temps difficiles d’aridité et d’ardent désir spirituel viendront, avec mes filles qui le quitteront pour une longue période. En leur absence, je vous supplie d’être la vie pour mes filles qui vivront dans ce cloître, pendant ces temps malheureux. Il y aura des filles illégitimes, c’est vrai, mais elles ne seront heureuses qu’en apparence, parce qu’intérieurement elles manqueront de vertu. Elles deviendront des instruments pointus pour ciseler et polir mes filles. Pour celles-ci, je donne ma bénédiction et je demande votre aide. Mais pour les autres, la justice finale! » Mon Père séraphique a alors ceint la statue avec son cordon, et il s’en est allé. Pendant ce temps, la statue était complètement éclairée, comme plongée dans la lumière du soleil. La très sainte Trinité l’a regardée avec satisfaction et les anges ont chanté le Salve Sancta Parens. Dans cette grande félicité, la Reine des anges s’est approchée de la statue et y est entrée, comme les rayons du soleil pénètrent dans le cristal. À ce moment, la statue a pris vie et a chanté le Magnificat d’une voix céleste. Ceci est arrivé à trois heures du matin ».

Nuestra Señora del Buen Suceso

La consécration de la statue

En préparation de la consécration de la statue, l’évêque demanda aux sœurs de faire une neuvaine, et bénit la statue, lui donnant le nom de « Marie du Bon Succès de la Purification ou Chandeleur ». À neuf heures du matin, dans l’église du Couvent,

P. Juan de la Mère de Dieu célébra la messe en présence de l’évêque, de toutes les sœurs, du chapitre de la cathédrale et d’un large public de toutes les classes sociales qui affluait dans l’église. À la fin de la messe, débuta la consécration de la statue, qui fut transportée sur le maître-autel, avec le Pastoral, la couronne, l’épingle d’or, le précieux vêtement orné d’une longue ceinture de soie, et un manteau de soie brodée de fils d’argent. En plus de ces trésors, il y avait aussi un collier de perles précieuses et trois anneaux d’or : l’un avec une émeraude, le deuxième avec un diamant, et le troisième avec un rubis. Ceux-ci furent placés dans un étui sur lequel étaient brodées en lettres d’émeraude : « Je suis Marie du Bon succès, 2 février 1611 ».

Après les discours qui suivirent, l’évêque commença la procession à travers le cloître, précédé d’une immense croix et suivi du clergé, de religieux et de fidèles qui portaient chacun un cierge allumé. La procession se termina dans le chœur, décoré pour l’occasion, et la statue fut placée dans sa niche par les frères. Après le Salve Regina, suivi des litanies et du Salve Sancta Parens, l’évêque plaça la couronne sur la tête de la statue en disant : « Notre-Dame, je vous confie l’église. » Puis il mit le Pastoral dans sa main droite en disant : « Notre-Dame, je vous confie le gouvernement de ce Couvent et de mon troupeau. » Enfin, il plaça les clés dans la main qui tenait le pastoral et dit : « Notre-Dame et ma Mère, je vous confie mon âme. Ouvrez-moi les portes du ciel, parce que le temps qui me reste en cette vie est très court. Protégez ce tabernacle et ce cloître de tes filles avec soin et affection. Défendez-les toujours et conservez-les dans l’esprit religieux qui doit caractériser les épouses de votre très saint Fils. »

Vision de la furie du démon

En 1623, Mère Mariana était en train de prier au pied du tabernacle quand elle tomba en extase. Elle eut la vision de son pays gratifié de grâces et de miséricorde comme résultat de la dévotion publique et solennelle qui serait rendue au Saint Sacrement, dans les siècles futurs.

Elle vit de pieuses processions dans les rues principales de la ville, où il y avait des hommes religieux, des femmes, des enfants et des personnes de toutes les classes sociales. Elle vit le respect et la grande et profonde dévotion des différents groupes, certaines personnes utilisant des instruments de pénitence sur leur corps. Elle vit la foi et la piété des fidèles et la satisfaction de Notre-Seigneur Jésus-Christ, quand Il passait par les rues de la ville, dans ces heureux temps à venir. Mais, hélas, elle vit aussi que tout cela provoquerait la furie du démon, qui chercherait à démolir ce solide édifice de la piété catholique fondé sur la foi des enfants de Dieu. Pour atteindre ce but, le démon se servirait des enfants de ce pays qui avaient perdu la foi que leurs parents et leurs ancêtres leur avaient transmise. Ces hommes travailleraient à opprimer l’Église dans leurs assemblées et empêcheraient la dévotion publique, parce qu’ils s’uniraient au parti de Satan, en devenant membres de sectes maçonniques. Elle vit que cette génération d’hommes sans foi serait formée de fils indignes de l’Église catholique, qui l’opprimeraient en mettant fin aux processions qui attiraient les bénédictions de Dieu. Ce serait un temps de douleur et d’angoisse pour tous les enfants fidèles de l’Église qui, avec leurs pasteurs, ne seraient qu’un petit nombre. Notre-Seigneur lui montra comment le sanglier monstrueux de la franc-maçonnerie entrait dans la merveilleuse vigne en fleurs de l’Église, la laissant anéantie et saccagée. […] Mère Mariana revint à elle dans les bras de ses consœurs qui pleuraient, la croyant morte, car elle n’avait pas donné de signe de vie de neuf heures du matin à cinq heures de l’après-midi. Pâle comme un cadavre, Mère Mariana essaya de parler, de se lever et de marcher, mais malgré ses efforts, elle n’y parvint pas. […] Dans sa faiblesse, elle perdit à nouveau connaissance. Cette fois, Mère Mariana vit l’infidélité des ministres de l’autel à leur vocation, et la façon indigne dont ils s’approchaient du saint Sacrifice. Elle considéra les causes de ce comportement, et son âme fut submergée d’une profonde et lugubre douleur.

Johannes Wierix (après Maarten van Heemskerck) – Que ton règne vienne [Adveniat Regnum Tuum] (v. 1569 - 1573).
Johannes Wierix (après Maarten van Heemskerck) – Que ton règne vienne [Adveniat Regnum Tuum] (v. 1569 – 1573).

Sixième apparition de la Vierge

Les yeux fixés sur le tabernacle, Mère Mariana, le 2 février 1634 à trois heures du matin, priait Notre-Seigneur en lui disant tout son amour pour Lui. Ayant fini sa prière, elle vit la lampe du Saint Sacrement s’éteindre brusquement, laissant l’autel dans l’obscurité. Puis elle vit une lumière céleste éclairer toute l’église. La Reine du ciel apparut et, ayant rallumé la lampe du tabernacle, elle s’approcha de Mère Mariana en se présentant comme Marie du Bon Succès, et lui expliqua la raison de l’obscurité du sanctuaire :

Mère Mariana portant la Sainte Croix

« La lumière éteinte dans le sanctuaire a plusieurs significations : la première raison de l’extinction de la lumière est qu’à partir de la fin du XIXe siècle et pendant une grande partie du XXe siècle, plusieurs hérésies seront répandues dans ce pays, qui sera alors une République indépendante. [4] Quand ces hérésies auront le dessus, la lumière précieuse de la foi s’éteindra dans les âmes à cause de la presque totale corruption des mœurs. Pendant cette période, il y aura de grandes catastrophes physiques et morales. Le petit nombre d’âmes qui, cachées, conserveront le trésor de la foi et des vertus, souffriront un cruel et long martyre. Beaucoup d’entre ces hommes mourront à cause de la violence de leurs souffrances, et ceux qui se sacrifieront pour l’Église et pour la patrie seront considérés des martyrs. Pour libérer les hommes de ces hérésies, ceux que l’amour miséricordieux de mon très saint Fils destinera à la restauration devront avoir une grande force de volonté, et la constance et la confiance des justes, et il y aura des moments où tout semblera perdu : ce sera l’heureux début de la restauration.

« La deuxième raison de l’extinction de la lumière du sanctuaire est que mon Couvent sera submergé par un océan d’amertume indescriptible, et semblera se noyer dans ces eaux de tribulation. Ces authentiques vocations périront par manque de discrétion, de discernement et de prudence de la part des directrices des novices qui les forment. Malheur à ces âmes qui reviendront à la Babylone du monde après avoir vécu dans le lieu sûr de ce Couvent béni! Pendant cette époque malheureuse, l’injustice entrera même dans mon jardin fermé. Sous le masque d’une fausse charité, l’injustice sèmera la ruine dans les âmes. Le diable cherchera à semer la discorde au moyen de membres putrides qui, cachés derrière une apparence de vertu, seront comme des sépulcres en corruption exhalant la pestilence de la putréfaction, causant des morts morales chez certains, la tiédeur chez d’autres. Ceux-ci planteront une épée dans l’âme de mes filles fidèles, mes âmes cachées, leur faisant endurer un martyre lent et continuel. Elles pleureront en secret et se lamenteront auprès de leur Seigneur et Dieu, et leurs larmes seront présentées par leur ange gardien au Père céleste, demandant que ces temps soient écourtés pour l’amour du divin Prisonnier.

« La troisième raison de l’extinction de la lumière du sanctuaire est que l’esprit d’impureté qui saturera l’atmosphère en ces temps, comme un océan répugnant, inondera les rues, les places les lieux publics avec une incroyable liberté. Il n’y aura presque plus aucune vierge dans le monde. La fleur délicate de la virginité, menacée de complète disparition, resplendira de loin. Prenant refuge dans les Couvents, elle y trouvera une bonne terre et, y plongeant ses racines, elle croîtra et vivra. Son parfum fera les délices de mon très saint Fils, et elle sera un bouclier contre la colère divine. Sans virginité, il faudrait que le feu du ciel tombe sur ces pays, pour le purifier. Dans ces temps malheureux, le diable envieux cherchera à s’introduire aussi dans ces jardins clos des Couvents pour faner ces fleurs merveilleuses et délicates. Mais je l’affronterai et l’écraserai sa tête sous mes pieds! Hélas, quelle douleur! Il y aura des âmes imprudentes qui se jetteront volontairement dans ses griffes. D’autres, retournées au monde, deviendront les instruments du diable pour la perte des âmes.

« La quatrième raison de l’extinction de la lumière du sanctuaire est que, par la prise de contrôle de toutes les classes sociales, la secte maçonnique sera assez fourbe pour pénétrer au cœur des familles et corrompre même les enfants, et le diable se fera une gloire de se nourrir de la délicieuse délicatesse du cœur des enfants.

« Pendant ces temps malheureux, le mal attaquera l’innocence des enfants et, de cette façon, les vocations religieuses seront perdues, et ce sera un vrai désastre. Il sera du devoir de groupes religieux de soutenir l’Église et de travailler avec un zèle désintéressé pour le salut des âmes, parce que, pendant cette période, les communautés religieuses abandonneront l’observance de la Règle, et il y aura de saints ministres de l’autel, cachés, et des âmes merveilleuses dont mon très saint Fils et moi ferons nos délices, en les considérant comme des fleurs excellentes et des fruits de sainteté héroïque. Les impies déclareront une guerre cruelle contre eux, en les couvrant d’insultes, de calomnies et de vexations, pour empêcher l’accomplissement de leur ministère. Mais eux, comme de solides colonnes, demeureront inébranlables et affronteront tout cela avec un esprit d’humilité et de sacrifice.

« À cette époque, le clergé séculier abandonnera ses idéaux, parce que les prêtres deviendront négligents dans leurs devoirs. Ayant perdu la boussole divine, ils s’éloigneront de la route tracée par Dieu pour le ministère sacerdotal, et ils seront attachés aux biens et aux richesses qu’ils s’efforceront d’obtenir.

Comme l’Église souffrira pendant cette nuit obscure! N’ayant pas de Père pour les guider avec un amour paternel, avec douceur, force, sagesse et prudence, beaucoup de prêtres perdront leur esprit, mettant leurs âmes en grand danger. Priez avec insistance, sans vous lasser, et pleurez des larmes amères, dans le secret de votre cœur, en implorant notre Père céleste qui, pour l’amour du Cœur eucharistique de mon très saint Fils, pour son précieux Sang versé avec tant de générosité, et pour l’amertume de sa cruelle passion et de sa mort, pourrait avoir pitié de ses ministres et mettre rapidement fin à ces temps funestes, en envoyant à son Église le Pasteur qui restaurera l’esprit de ses prêtres.

« Mon très saint Fils et moi aimerons ce fils privilégié d’un amour de prédilection, et nous lui ferons don de rares capacités : humilité de cœur, docilité et divine inspiration, force pour défendre les droits de l’Église, et un cœur tendre et compatissant, si bien que, comme un autre Christ, il assistera les grands et les petits, sans dédaigner les âmes les plus malheureuses qui lui demanderont un peu de lumière et de conseil dans leurs doutes et leurs souffrances. Avec une divine suavité, il guidera les âmes consacrées au service de Dieu dans les Couvents, éclairant le joug du Seigneur qui a dit : “Mon joug est doux, et mon fardeau léger”. La tiédeur de toutes les âmes consacrées à Dieu, dans l’état sacerdotal et religieux, retardera la venue de ce Pasteur et Père. Telle sera donc la cause qui permettra au diable de prendre possession de ce pays, où il remportera des victoires au moyen d’étrangers et de gens sans foi, si nombreux que, comme des nuages noirs, ils obscurciront le ciel limpide de cette future République qui sera consacrée au très saint Cœur de mon divin Fils. Avec ces gens, tous les vices entreront, et ils attireront à leur tour toutes sortes de châtiments, calamités, famines, guerres civiles, oppositions à d’autres nations et apostasie, la cause de la perdition de tant d’âmes si chères à Jésus-Christ et à moi.

« Pour dissiper ces nuages noirs, qui empêchent l’Église de bénéficier du jour limpide de la liberté, il y aura une guerre effrayante et terrible qui verra l’effusion de sang de natifs et d’étrangers, de prêtres réguliers et séculiers et aussi de moniales. Cette nuit sera la plus horrible, parce qu’il semblera qu’humainement parlant, le mal aura triomphé.

« Ce sera alors le signe que mon heure est arrivée, quand je détrônerai l’orgueilleux Satan en l’écrasant sous mon pied et en l’enchaînant dans les abîmes de l’enfer, libérant ainsi finalement l’Église et la nation de sa cruelle tyrannie.

« La cinquième raison de l’extinction de la lumière du sanctuaire est la faiblesse et la négligence de ceux qui possèdent de grandes richesses, qui regarderont avec indifférence l’Église qui sera opprimée, la vertu persécutée et le mal qui triomphe, sans employer leurs richesses pour la destruction du mal et pour restaurer la foi. Cette raison est aussi l’indifférence de ces gens qui permettront que l’on fasse progressivement disparaître le nom de Dieu, et qui adhéreront à l’esprit du mal, se livrant de leur plein gré aux vices et aux passions. Hélas, mes filles bien-aimées! S’il vous était permis de vivre à cette époque sombre, vous mourriez de douleur de voir se réaliser tout ce que je vous ai raconté. Mon très saint Fils et moi avons un si grand amour pour ce pays que nous désirons même, dès à présent, demander vos sacrifices et vos prières pour écourter les temps de cette terrible catastrophe. »

Après cette vision, tout ce qui avait été décrit par Notre-Dame apparut devant les yeux de mère Mariana. À cette vue, Mère Mariana perdit connaissance et resta comme morte pendant deux jours. Le médecin, ne pouvant pas la ranimer, pensait que sa mort serait inévitable. Mais Mère Mariana se réveilla miraculeusement et vécut sa dernière année.

Apparition de Jésus

Sacré-Coeur de Jésus

Le 2 novembre 1634, après avoir reçu la communion, Mère Mariana eut une vision de Jésus-Christ. Il n’était que blessure, surtout son Sacré-Cœur qui était recouvert d’épines qui le tourmentaient avec cruauté. Il versait d’abondantes larmes, accompagnées de plaintes et de soupirs. Mère Mariana le serra sur son cœur et, dans un élan d’amour, elle s’écria : « Amour cher et adoré de mon âme, est-il possible de connaître la cause de votre souffrance et de votre cruel martyre? » Jésus-Christ, la regardant avec tendresse, lui dit :

«… Tu vois comme ces petites épines me blessent cruellement. Sache que ce sont les péchés de mes prêtres, séculiers et religieux, que je retire du monde et que je conduis dans les Couvents. Je les comble d’un déluge de grâces spirituelles, en leur donnant aussi de longues maladies, afin qu’ils puissent devenir comme moi. Mais, ingrats et sans cœur, ils se lamentent de ma Providence aimante. Ils pensent que je suis cruel envers eux et, s’éloignant avec indifférence, ils me laissent seul. L’esprit de ces âmes se flétrit comme une fleur brûlée, se desséchant et devenant incapable de répandre son parfum, dans le jardin de ma Mère immaculée où ces âmes étaient appelées. Par ce comportement ingrat, ils plantent ces épines dans mon cœur et me blessent cruellement, moi qui ne suis qu’amour et affection pour mes âmes choisies.

« Instille chez tes filles l’amour pour la croix et le sacrifice, afin qu’elles puissent le transmettre de génération en génération dans ce Couvent comme dans les autres Ordres en général. Imprègne-les aussi d’amour pour leur vocation religieuse et pour les pécheurs, et apprends-leur à correspondre fidèlement à l’inspiration de la grâce.

« Un temps viendra où la doctrine sera répandue chez les savants et les ignorants, accessible aux prêtres et aux religieux mais aussi aux simples fidèles. On écrira beaucoup de livres, mais la pratique des vertus ne se trouvera que dans quelques âmes, parce que les saints se feront rares.

« Précisément pour cette raison : mes prêtres et religieux tomberont dans une fatale indifférence. Leur froideur éteindra le feu de l’amour divin, affligeant mon Cœur amoureux par ces épines que tu vois. Pour cette raison, je désire qu’il y ait des âmes, ici, dans lesquelles je puisse me reposer et me complaire. Leurs vies souffrantes d’expiation sont les mains caressantes et compatissantes qui enlèvent ces épines de mon Cœur et lui appliquent le baume nécessaire. Hélas, s’il t’était donné de comprendre mon intense souffrance intérieure, qui m’a accompagné de mon Incarnation dans le sein très pur de ma Vierge Mère jusqu’au moment où mon âme a quitté mon corps, déchiré par les clous sur la croix! Sache en outre que la justice divine envoie de terribles châtiments à des nations tout entières non seulement pour les péchés de leurs peuples, mais aussi pour les péchés des prêtres et des religieux, parce que ces derniers sont appelés, par la perfection de leur état, à être le sel de la terre, les maîtres de la vérité, ceux qui retiennent la colère divine. En s’éloignant de leur sublime mission, ils s’abaissent à un point tel qu’aux yeux de Dieu, ce sont eux qui augmentent la rigueur des châtiments, car en se séparant de moi, ils finissent par ne vivre qu’une vie superficielle de l’âme, et se maintenir loin de Moi n’est pas digne de mes ministres. Par leur froideur et leur manque de confiance, ils agissent comme si j’étais un étranger pour eux. Hélas, si seulement ils savaient, s’ils étaient convaincus à quel point je les aime et je désire qu’ils entrent dans la vraie profondeur de leurs âmes, là, sans aucun doute, ils me trouveraient et vivraient nécessairement la vie d’amour, de lumière et d’union continuelle pour laquelle ils ont non seulement été appelés, mais choisis! Mon épouse, pendant le peu d’années d’exil qui te restent, travaille sans cesse pour la perfection de mes prêtres et religieux. En union avec mes mérites infinis et ceux de ma Mère immaculée, offre tout ce que tu fais – même ton dernier soupir – pour cela. Je suis très satisfait des âmes religieuses qui se chargent du sublime devoir de sanctification du clergé par leurs prières, leurs sacrifices et leurs pénitences. De tous temps, je choisirai ces âmes afin qu’en s’unissant à Moi, elles travaillent, prient et souffrent pour atteindre cette noble fin, et une gloire spéciale les attendra au ciel. »

Après cette vision bouleversante, Mère Mariana sembla transformée en une nouvelle créature. Elle semblait un ange de chair. Ses paroles étaient des flèches ardentes d’amour divin qui blessaient doucement les cœurs des filles qui avaient la chance de vivre avec elle.

Septième apparition de la Vierge

La nuit du 8 décembre 1634, à onze heures et demie du soir, Mère Mariana monta au chœur supérieur pour sa prière habituelle. Versant un flot de larmes, elle présenta chacune de ses consœurs au divin prisonnier et à sa bienheureuse Mère, implorant un bon succès pour leur passage vers l’éternité, et pour le sien. Pendant ce colloque, Mère Mariana sentit la véhémence de l’amour divin, qui lui fit perdre les sens. Elle vit alors, face à elle, la Reine du ciel, belle et fascinante comme toujours, avec son très saint Fils sur le bras gauche, et le Pastoral dans la main droite. Elle était accompagnée de trois archanges :

Archanges - Gabriel, Raphaël et Michel

L’archange Michel qui portait plusieurs vêtements blancs ornés d’étoiles d’or brillant. Chaque vêtement était orné d’un collier de perles, d’où pendait une merveilleuse croix d’or sertie de pierres précieuses. Au milieu de la croix, il y avait une étoile brillante où étaient gravés les noms de Jésus et de Marie.

L’archange Gabriel portait un calice qui contenait le sang du Rédempteur, un ciboire rempli d’hosties et une grande quantité de lys blancs et parfumés.

L’archange Raphaël portait une précieuse ampoule transparente et finement ciselée qui contenait un baume dont le parfum suave se répandait dans l’air, purifiant l’atmosphère et faisant éprouver à l’âme une joie immense et une admirable tranquillité. Il portait lui aussi des étoles de couleur violette qui brillaient d’une lumière resplendissante, et une plume d’or brillant, où était gravé le nom de Marie.

Les trois saints archanges se tenaient face à la Souveraine, dont le bras gauche tenait le Roi du ciel et le Prince de l’éternité. Les neuf chœurs d’anges, à un signe du prince Saint Michel, se mirent à chanter avec une harmonie céleste, se succédant l’un après l’autre jusqu’au neuvième chœur. La symphonie céleste achevée, la Reine prononça ces paroles :

« Ma fille bien-aimée, épouse de l’Agneau sans tache, quitte cette terre, le triste lieu d’exil du juste, et gagne ta patrie tant désirée. Le dur hiver de ton existence mortelle est fini et ton printemps éternel commence, où les bonnes œuvres, pratiquées pendant la vie sur terre, sont des fleurs à la beauté rare et au parfum suave, car elles sont le prix de la Rédemption douloureuse. Si les mortels savaient apprécier le temps qui leur est donné et s’ils profitaient de chaque instant de leur vie, comme le monde serait différent! Et une multitude d’âmes ne tomberaient pas dans la perdition éternelle! Ce mépris est la cause principale de leur chute. Ma fille, aie pitié de tes frères pécheurs imprudents et pleure pour eux. Implore ton Dieu et Rédempteur de donner à leurs âmes des grâces spéciales et efficaces, suffisamment puissantes pour les tenir éloignées du sombre abîme du péché et du mensonge.

« Vois-tu ce que portent avec joie les trois archanges, Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël? Sache que les vêtements blancs que porte l’archange Saint Michel sont destinés, premièrement, à mes filles fidèles et ferventes qui vivront dans ce Couvent à travers les siècles : à certaines, pour avoir conservé leur innocence baptismale; à d’autres, pour s’être purifiées par des pénitences austères […]. Deuxièmement, les vêtements blancs sont aussi pour les prêtres réguliers et pour les laïcs qui, aimant mon très saint Fils et moi- même avec un cœur simple et droit, aimeront aussi ce Couvent.

« Ignorant les critiques et le mépris, ils s’emploieront à sa conservation et se consacreront à propager ma dévotion, sous la consolante invocation du Bon Succès, qui sera la nourriture et la sauvegarde de la foi dans la quasi-totale corruption du XXe siècle.

« L’archange Gabriel porte le précieux calice contenant le sang du Rédempteur : cela signifie la grâce de la Résurrection de la mort (du péché) et la guérison des âmes au moyen du sacrement de pénitence, que les ministres de mon très saint Fils rendent disponible avec abondance pour restaurer la vie des âmes tuées par la jalousie satanique du dragon infernal. Regarde et contemple la grandeur de cette guérison et du sacrement qui donne la vie, si oublié et même méprisé par les mortels ingrats qui, dans leur folle illusion, ne se rendent pas compte que c’est le seul moyen sûr de salut, après avoir perdu l’innocence baptismale […].

« L’archange Gabriel, comme tu vois, porte aussi un ciboire rempli d’hosties : cela signifie le plus auguste sacrement de l’Eucharistie qui est distribué par mes prêtres catholiques aux fidèles qui appartiennent à la sainte Église catholique apostolique et romaine, dont le chef visible est le Pape, le roi de la chrétienté. Son infaillibilité pontificale sera déclarée dogme de foi par le même Pape que celui choisi pour la proclamation de mon Immaculée Conception. Il sera persécuté et emprisonné au Vatican par l’usurpation des États Pontificaux à travers l’iniquité, l’envie et l’avarice d’un monarque terrestre. Regarde le ciboire rempli, afin de comprendre la sublimité de ce mystère et la révérence avec laquelle il doit être reçu par le fidèle. Ce sera un antidote contre le péché et un moyen puissant et facile pour les âmes de s’unir à leur Dieu et Rédempteur qui, dans l’excès de son amour, se cache sous les blanches apparences d’une hostie, exposée aux profanations sacrilèges de ses enfants ingrats.

« Réparer ces sacrilèges est vraiment le rôle des âmes contemplatives et, de façon spéciale, des filles de mon Immaculée Conception. Sache que dans le mystère divin, cette expiation cachée et volontaire est l’un des desseins de Dieu dans la fondation de cet Ordre, qui lui est si cher. Les lys blancs, extraordinairement parfumés que tu vois avec le calice et le ciboire, portés par mon archange Gabriel, sont toutes les religieuses de mon Ordre (et elles seront très nombreuses dans les couvents du monde entier). Chacune aura une mission distincte et recevra des torrents de grâces du ciel pour atteindre cette fin. Je recommande à mes filles de souffrir afin que les sept sacrements soient reçus avec perfection par les fidèles, en particulier le troisième (la sainte Eucharistie), le quatrième (la confession) et le sixième (l’ordre).

« La précieuse ampoule portée par mon archange Raphaël contient un baume extraordinaire au doux parfum, se répandant dans l’air et purifiant l’atmosphère, communiquant à l’âme un bonheur suprême et une admirable tranquillité. Elle représente les Monastères et les couvents. Ils sont des lieux choisis où l’on voit la pratique quotidienne de la solide vertu comme l’observance de la Règle et d’austères pénitences par leurs habitants. La pureté et la chasteté qui y règnent sont le plus doux parfum qui embaume les heureux pays qui possèdent des monastères et des couvents. Ils purifient l’air pollué par ceux qui, dans le monde, s’adonnent aux vices et aux passions les plus honteuses. En même temps, ils transmettent aux âmes une joie ineffable et une paix admirable qui provoque le repentir des pécheurs. Ceci arrive par la vertu des prières qui s’élèvent jour et nuit de ces lieux. Comme Moïse les bras levés vers le ciel, les âmes religieuses supplient et font pénitence pour la conversion des pécheurs et pour sauver leurs nations du torrent de vices et de passions qui provoquent les terribles châtiments de la Justice divine. Malheur au monde s’il n’y avait plus de monastères ni de couvents! Les mortels ne comprennent pas leur importance, car s’ils la comprenaient, ils emploieraient leurs richesses à les multiplier, puisqu’ils sont les remèdes à tous les maux physiques et moraux. La très sainte Trinité et moi, Mère et modèle des personnes religieuses, nous aimons ces maisons d’une grande tendresse. Je suis le canal de ce fleuve de précieuses grâces qui ne sont pas données à ceux du monde. Parce que, dans chaque monastère et couvent, je suis tendrement aimée; leurs membres recourent à moi avec la confiance et l’amour que les enfants ont pour leur douce et amoureuse mère. Dans ces lieux, on me vénère sous différents noms. Les archanges accueillent toutes leurs prières, larmes, pénitences, sanglots, et des vies de sacrifice s’offrent à moi. Ensuite, je les présente devant le trône de Dieu pour le salut du monde. Personne, sur la face de la terre, ne se rend compte d’où vient le salut des âmes, la conversion des grands pécheurs, la disparition des grands fléaux, la fertilité de la terre, la fin des épidémies et des guerres et l’harmonie entre les nations. Tout ceci est dû aux prières qui montent des monastères et des couvents. Les nombreuses étoles de couleur violette portées par l’archange Raphaël, qui brillent et éclairent l’autel, symbolisent les actions efficaces et le zèle des bons prêtres qui, avec abnégation, s’oublient eux-mêmes pour faire connaître et aimer Jésus-Christ et moi-même. Fidèles à la mission que leur a confiée le Père de famille, ils travaillent sans cesse à la vigne du Seigneur pour la faire croître et prospérer, et pour sauver les âmes rachetées par le sang du Rédempteur. Ils sont les bons et fidèles serviteurs qui entreront dans la gloire de leur Seigneur. La plume d’or marquée à mon nom est pour tous les prêtres réguliers et séculiers qui écrivent sur ma gloire et mes peines. Elle est aussi pour ceux qui, au moyen de leurs écrits, répandent ma dévotion du Bon Succès de ce couvent, et aussi ta vie, qui est inséparable de cette douce et réconfortante invocation.

« Au XXe siècle, cette dévotion fera des prodiges dans la sphère spirituelle comme dans la sphère temporelle, parce que c’est la volonté de Dieu de réserver cette invocation et la connaissance de ta vie pour ce siècle, quand la corruption des mœurs sera presque générale et la lumière précieuse de la foi sera presque éteinte!

« À présent, ma fille bien-aimée, tu comprends la signification de toutes les choses que tu as vues dans les mains de mes saints archanges : Michel (Qui est comme Dieu?), Gabriel (La forteresse de Dieu) et Raphaël (Le remède de Dieu) ; chaque archange remplit une mission, en assistant l’humanité décadente. Même si le reste de l’humanité oublie d’invoquer et de vénérer ces Princes, je désire que toi et tes filles actuelles, comme celles qui viendront, vous le fassiez pour recevoir des grâces et des faveurs – matérielles et morales – pour vous-mêmes et pour ce Couvent. Je veillerai aussi à ce qu’ils prennent toujours soin de ma statue et de mon couvent bien-aimé, si privilégié par la bonté de Dieu. »

Le 21 juin 2014, une photo de Mère Mariana de Jesús Torres, fondatrice du monastère de l’Immaculée Conception à Quito, dont le corps n’a pas été corrompu depuis sa mort il y a 386 ans, est apparue avec une larme sur la joue. Cette photo sur laquelle la Servante de Dieu apparaît en pleurant prodigieusement, a été prise lors d’une réunion des dévots de la Vierge d’El Buen Suceso, par l’un des participants avec son téléphone portable.

Mort de Mère Mariana

Dans les cinq premiers jours de 1635, Mère Mariana resta très faible, son état empirant continuellement. Le septième jour, elle commença à avoir des évanouissements, mais elle s’efforçait de rester debout et de suivre ses sœurs. Le 11 janvier, après la communion, elle perdit connaissance et, après avoir cherché à se relever, retomba à terre. Elle demanda alors à ce qu’on la porte à l’infirmerie, car elle vivait ses derniers jours. Elle savait qu’elle expirerait le 16 janvier.

Mère Mariana assista et consola en particulier toutes ses sœurs, se confessa, assista à la messe célébrée dans sa chambre en présence de l’évêque, reçut l’extrême-onction, puis la cloche sonna pour rassembler les sœurs pour leur dernier entretien avec elle. Elle lut son testament, demandant et ordonnant qu’il soit suivi et transmis de génération en génération, et que son texte reste toujours accessible. La lecture terminée, le frère qui l’assistait lui tendit le crucifix qu’elle baisa, prit entre ses mains et serra sur son cœur. Deux larmes coulèrent sur ses joues, et elle rendit son dernier soupir. La cloche sonna à ce moment : il était trois heures de l’après-midi, le 15 janvier 1635.

Le Testament de Mère Mariana

Servante de Dieu Mère Mariana de Jesús Torres

Dans son testament, Mère Mariana s’adresse à Jésus en disant :

« Mon bien-aimé, ouvrez-moi les portes de votre Royaume comme un jour vous m’avez ouvert les portes bénies du cloître de ma Mère Immaculée, où je me suis sanctifiée et ou j’ai accompli votre sainte volonté sous votre regard. Regardez-moi ici, épuisée par le dur exil de la vie mortelle lorsque je souffrais en silence et pour votre amour toutes les privations et les misères que vous m’envoyiez. La route a été longue, mais finalement je suis arrivée au but. Ouvrez-moi vos bras et permettez-moi de me reposer de mes fatigues, et de poser ma tête sur le feu ardent de votre Cœur divin. […] Je viens avec impatience prendre possession de l’éternité bénie que vous m’avez promise, ou je vivrai sous le manteau de ma Mère Immaculée et en compagnie de mon père, François d’Assise. »

Mais la préoccupation principale de Mère Mariana fut la conversion des pécheurs. Elle indique comme moyen l’imitation du Christ dans sa douceur et dans son humilité de cœur et l’union à Lui sur la Croix, pour qu’il soit toujours prêt à accueillir les demandes faites pour les âmes qui ont besoin de l’aide divine. À ce propos, le message de Notre-Dame du Bon Succès, sur les raisons de l’extinction de la lumière du sanctuaire, fut considéré par Mère Mariana si important pour ce pauvre monde que ses dernières pensées furent de promouvoir la dévotion et les messages reçus par la Vierge. Dans son testament, en effet, elle écrit :

« Quand le divin Maître était suspendu à ce honteux échafaud de la Croix, plongé dans une peine et un tourment presque infinis, le testament qu’il donna pour racheter l’humanité fut de laisser sa Mère comme notre Mère. En effet, il dit à sa Vierge Mère : “Femme, voici ton fils”, en désignant son disciple préféré. Et s’adressant à celui-ci, il dit : “Voici ta Mère”. Voilà votre Mère céleste, Marie du Bon Succès. Elle vous donnera toujours un bon succès. Ayez un grand amour pour la bienheureuse Vierge, imitez ses vertus, surtout sa profonde humilité, son ardent amour pour Dieu et pour les pauvres pécheurs, sa simplicité et son innocence confiante. Qu’il n’y ait pas de tromperie ni d’hypocrisie dans vos âmes. Préservez et propagez la dévotion sous l’invocation de Notre-Dame du Bon Succès, car par elle vous obtiendrez de Jésus et Marie tout ce que vous demanderez… Vous devrez conserver pieusement ce vrai trésor et le faire connaître et aimer par le plus d’âmes possible. Assurez-les que par cette dévotion elles obtiendront toujours un bon succès, dans le temps et dans l’éternité… Recourez à elle dans toutes vos nécessités spirituelles et temporelles. Quand votre âme souffre à cause des tentations et qu’elle est plongée dans la douleur, et si par une permission divine l’étoile de votre vocation se cache à la vue de votre âme, adressez-vous à elle, avec confiance, par ces paroles :

Étoile de la mer dans la tempête de ma vie mortelle, puisse votre lumière m’éclairer afin que je ne m’éloigne jamais du chemin qui me mène au ciel. »


NOTES DE LECTURE :
  1. Documents de l’archidiocèse : « Eucharistie à l’occasion de la séance de clôture du Procès de béatification et de canonisation de la Servante de Dieu Mariana de Jesús Torres y Berriochoa. Église du monastère de La Concepción à Quito, le 8 septembre 1997 ». Boletin Eclesiastico (Ecuador), ano 103 (sept. – oct. 1997), pp. 431-437.
  2. En effet, la République d’Équateur fut fondée le 19 août 1809. Les années suivantes furent témoins de terribles massacres de la noblesse, au cours desquels les femmes et les enfants furent passés au fil de l’épée. L’indépendance fut obtenue le 22 mai 1820, après la bataille de Pinchincha et, depuis, l’Équateur a toujours été déchiré par des dissensions internes.
  3. Le président catholique Gabriel Garcia Moreno fut président de l’Équateur au cours des périodes 1861-1865 et 1869-1875, pendant lesquelles il transforma son pays, en le libérant des révolutions continuelles et de la dette publique. En 1873, Garcia Moreno fit consacrer publiquement l’Équateur au Sacré-Cœur de Jésus. Cet acte rendit les francs-maçons furieux, et la Grande loge d’Allemagne décréta sa mort. Le 6 août 1875, alors qu’il se dirigeait vers la cathédrale de Quito sur la place à proximité du Couvent royal de l’Immaculée Conception, il fut brutalement attaqué et assassiné par une bande à la solde de la franc-maçonnerie.
  4. Notre-Dame faisait certainement allusion au Modernisme, qui eut une grande influence à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, et qui fut défini par St Pie X comme la « somme de toutes les hérésies ». Le Progressisme, l’héritier du Modernisme, a continué à développer et répandre les hérésies partout, à l’intérieur de l’Eglise catholique, y compris en Equateur.
RÉFÉRENCES :

Anthologie2020PUB007


Merci Guy pour votre talent de communicateur, il est bien agréable de commencer un nouveau jour avec une mésaventure heureuse accompagnée d’un bon café 💗.

Tueur d’Ours

« Cher M. Boulianne. Vous êtes l’un des plus importants piliers francophones rigoureux, pour l’information, au niveau d’articles éclectiques et de référence de vos textes. »

Damien Tremblay

« Cher Monsieur. Vos articles sont criants de vérité… Étayés et sourcés. Merci d’exister ! Vous êtes un des rares journalistes d’investigation encore libre ! J’espère que les peuples vont se réveiller pour refuser cet avenir monstrueux pour nos enfants. »

Catherine Marandat

Une réflexion au sujet de « Les prophéties de Notre-Dame pour notre siècle à Mariana de Jesús Torres, une religieuse du 17e siècle : la Vierge condamne la franc-maçonnerie »

  1. Très bel article, en effet, Notre-Dame nous as avertis à de nombreuses reprises, les apparitions de la Salette en 1846 sont aussi très significatives…
    Prions Marie, récitons le Chapelet ainsi qu’elle nous l’a demandé, avec la Dévotion à son Cœur Immaculé c’est la dernière arme qu’elle nous laisse pour cette Fin d’un Temps (Salette 1846)
    Et ne sous-estimez pas le Chapelet, c’est certainement l’arme la plus puissante que nous ayons, Notre seigneur Jésus-Christ en a augmenté son Pouvoir spécialement pour notre temps.

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