Charles Gave : « La guerre menée contre la Russie consiste à lui imposer une censure de l’information et à l’asphyxier financièrement »

Une guerre entre l’Ukraine et la Russie sur le terrain, et un affrontement stratégique entre l’Occident et la Russie. La “mondialisation heureuse” aura débouché sur un conflit global où l’Occident emploie tous les moyens pour essayer de sauver une suprématie de plus en plus contestée. La guerre menée contre la Russie consiste à tenter de l’asphyxier financièrement et imposer une censure de l’information mais l’économie européenne va ressortir brisée de son alliance avec le projet américain d’une transformation de l’OTAN en alliance globale dirigée contre la Russie et la Chine. Et puis une partie du monde ne suivra pas les Américains, à commencer par la Turquie, le Brésil et l’Inde. Du point de vue français, l’annonce du chancelier allemand d’un réarmement massif de son pays est le signe de la fin du pacte européen de 1950 dans lequel l’Allemagne, ayant tiré les leçons du nazisme, se mettait au service de la paix.

Aujourd’hui, l’Allemagne est à nouveau une puissance militaire. La France devra en tirer les conséquences, à commencer par la fin du traité d’Aix-la-Chapelle et le renoncement à la “défense européenne”, principale chimère de Macron. Depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et le train de sanctions qui a suivi, la Russie a amassé des réserves. Un véritable trésor de guerre dont la progression s’est accélérée depuis la flambée des cours du pétrole et du gaz. Ces réserves sont celles de la banque centrale russe, 630 milliards de dollars. Des réserves constituées de devises étrangères, d’or, d’emprunts d’Etat étrangers et de placements dans des banques. Plus de 40% de ces réserves sont placées en Europe et aux Etats-Unis. Et ces 40% sont désormais gelés.

L’arrêt des paiements Swift est une politique aventureuse qui peut provoquer un krach, car les Occidentaux n’ont pas compris ce qu’était le réseau Swift, technique de produits dérivés et d’assurance mutuelle. Il s’agit de faire de la Russie « un paria économique et financier mondial », selon les mots d’un haut responsable américain, auquel Bruno Le Maire a emboité le pas avant de se faire remettre en place par Macron.

Et plus concrètement, paralyser les actifs de la Banque centrale russe et exclure un certain nombre de banques russes du système Swift, canal incontournable pour les transactions financières internationales, est une politique qui va se retourner contre l’Europe. En clair, dès lors qu’une banque est « dé-swiftée », elle ne peut plus payer ou recevoir des fonds d’un autre Etat pour le compte de ses clients. Mais la Russie a déjà mis en place avec la Chine un système indépendant de SWIFT nommé SFS et on peut penser que les transactions vont désormais contribuer à renforcer encore la puissance chinoise. Il est probable que quelques banques choisies conservent leur accès à Swift, ne serait-ce que pour permettre le négoce de gaz avec des Etats qui en sont dépendants, comme l’Allemagne ou l’Italie.

Dans ce contexte, Macron joue les pères de la nation après avoir complètement échoué à freiner les ambitions de Poutine. Discrédité sur la scène internationale, au plan national, le président français poursuit une politique qui a échoué depuis 5 ans et la perspective d’un second mandat est, pour Charles Gave, un scénario funeste qui devrait être évité. Les Français, écœurés par la politique, sont dans l’abstention mais au deuxième tour, il apparait qu’une majorité « tout sauf macron » pourrait se dessiner.


À propos de Charles Gave

Charles Gave naît le 14 septembre 1943 à Alep. Il est le fils du commandant Pierre Édouard Gave, rallié à la France libre en août 1941 après les combats en Syrie, et condamné à mort par contumace par le régime de Vichy et de Marie Claire Schoeffler, fille du gouverneur de l’État des Alaouites en Syrie. Il est un essayiste, financier et entrepreneur français, dirigeant fondateur de Gavekal, société de conseil financier. Souvent présenté par la presse comme étant un économiste libéral, il est l’auteur de plusieurs essais, dans lesquels il annonce notamment la fin du modèle de l’État-providence et la faillite de l’euro.

Charles Gave est diplômé de l’Institut d’études politiques de Toulouse (promotion 1967) et obtient aussi un DESS d’économie à Toulouse. Il est également titulaire d’un MBA de finance et gestion, obtenu aux États-Unis. Charles Gave est souvent présenté par la presse comme étant un « économiste » ou bien un « économiste libéral ». Pour La Croix, il est un « économiste des marchés financiers ». Il commence sa carrière comme analyste financier dans une banque française d’investissement, la Banque de Suez.

Il crée sa première entreprise, Cegogest, en 1974, à 30 ans, spécialisée en allocation d’actifs. Avec le Suisse Beat Notz, président de Notz Stucki à Genève, il est, selon Le Temps, l’inventeur du métier de conseil en investissement, et se spécialise dans la recherche. En 1981, il part s’installer à Londres, au lendemain de l’élection de François Mitterrand : « pas pour des raisons fiscales, je n’avais pas un sou, mais idéologiques : je refusais de vivre dans un pays où des communistes avaient rejoint le gouvernement ». Il critique alors le communisme, une idéologie ayant « tué 100 millions de personnes ».

Charles Gave repasse de la recherche économique pure à la gestion de fonds et la mise en application de ses propres conseils d’investissement en cofondant en 1986 Cursitor-Eaton Asset Management, à Londres. Il en est le Chief Investment Officer. Vendue en 1995 à Alliance Capital, la société gère alors 10 milliards de dollars. En 2001, il fonde une société de recherche et de conseil en gestion de portefeuille, nommée Gavekal Research, à Londres, puis transférée à Hong Kong, avec son fils Louis-Vincent et Anatole Kaletsky, éditorialiste au Times. Gavekal conseille 800 institutions dans le monde, et diffuse une lettre d’information quotidienne d’analyse des marchés lue par 17 000 gérants de fonds. Gavekal revendique la gestion de fonds, pour le compte d’investisseurs institutionnels et d’investisseurs privés, pour un total d’environ 3,5 milliards de dollars. Sa fortune, en partie hébergée dans des paradis fiscaux, n’est pas connue avec précision.

Il est membre du conseil d’administration de SCOR de 2011 à 2015. Il a également été aux conseils de plusieurs fonds d’investissement, notamment à Londres et à Hong Kong. En février 2018, il devient administrateur du club de rugby à XV Biarritz olympique Pays basque, dont les difficultés financières ont conduit son actionnaire principal Bruno Ledoux à lui demander d’entrer au capital. En juillet 2018, il devient vice-président du conseil de surveillance présidé par son fils Louis-Vincent.

Charles Gave est l’auteur de six ouvrages sur l’économie. Il est particulièrement influencé par Knut Wicksell, Joseph Schumpeter, Frédéric Bastiat, Milton Friedman, Arnold Toybee et Alfred Sauvy. Pendant vingt ans, il entretient une relation épistolaire avec Milton Friedman, le prix Nobel d’économie 1976, qu’il a rencontré à plusieurs reprises. Friedman a préfacé le premier essai de Charles Gave, “Des lions menés par des ânes”. Ce livre qui est sous-titré « Essai sur le crash économique (à venir mais très évitable) de l’Euroland en général et de la France en particulier », rencontre un succès d’estime, avec 20 000 exemplaires vendus. Partisan de monnaies nationales (un État, une volonté commune, une monnaie), Charles Gave prédit la faillite de l’euro dans ce livre publié en 2003.


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« Merci pour tout ce bon travail de recherche, d’analyse et de rédaction. C’est malheureux de voir que les journalistes ne font plus leur travail et que vous êtes l’un des seuls à vous dévouer pour nous. »

Stephane Quesnel

« M. Boulianne, Merci de nous tenir informé et merci pour l’excellent travail que vous faites. »

Paule

« Tu fais un excellent travail, je suis très impressionnée par toutes tes recherches. Ceux qui te critiquent ne font rien d’autres que critiquer. Ils ne valent même pas la peine que l’on parle d’eux. »

Marie Claire Tellier

2 réflexions au sujet de « Charles Gave : « La guerre menée contre la Russie consiste à lui imposer une censure de l’information et à l’asphyxier financièrement » »

  1. Bonjour Monsieur Boulliane,

    Il est un peu tôt pour le Canada, 12h30 ici,
    Voici ce que j’ai trouvé en parcourant you tube il y a quelques instants.
    Essai de blocage des raffineries sur toute la France sans préavis.
    « On bloque tout »

    Je n’ai pas et refuse Facebook toutefois j’ai pu consulter ceci :

    https://m.facebook.com/groups/1031000417688654

    Le risque, la réponse violente de ce gouvernement (à moins que cela ne soit piloté par lui,car les syndicats collabos arrivent!?) , gouvernement abhorré, honteux, violent et meurtrier.
    Poutine a tué le virus comme par magie.

    À suivre peut-être ?
    Excellente journée à vous.

    Jacqueline Perrousset.

    J’aime

  2. Et en Occident, cette guerre sert à effacer toute allusion aux effets négatifs des injections vaccinales, à escamoter les terribles drames causés par les vaccins, à faire oublier que la dictature est toujours présente, et même à la pousser plus loin.

    Alors continuons à dévoiler les crimes commis chez nous par la poignée de milliardaires qui veulent diriger le monde.

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