Il est temps de démystifier le signe des cornes d’avec les autres symboles comme ceux des Universités du Texas (UT) et de Californie (UCI)

Comme il est écrit dans le titre ci-haut, il est temps de démystifier ce signe de la main qui symbolise des cornes (c-à-d les cornes du diable) d’avec les autres symboles qui peuvent y ressembler et confondre plusieurs internautes. Par exemple le signe de la main « ILY » (I Love You) de la langue des signes américaine, le geste de la main « Hook ’em Horns » de l’Université du Texas à Austin, et le signe du fourmilier, la mascotte de l’Université de Californie à Irvine. Lorsque je vis la photographie du gouverneur du Texas, Greg Abbott, en compagnie du milliardaire sud-africain Elon Musk et les commentaires qui s’en suivirent, cela me stimula encore plus à écrire cet article. J’aime la vérité. Je déteste le mensonge et la tromperie. Lorsqu’on voit une erreur, il faut la corriger afin de rétablir les faits dans leur essence véritable. C’est ce que je ferai ci-dessous malgré l’agacement que cela pourrait provoquer chez certains individus.

Avant de lire cet article, il vous faut comprendre que je ne prend parti pour aucun politicien et que je ne défends aucune personnalité en particulier, qu’elle soit du milieu politique, artistique ou spirituel. Le fait de rétablir les faits concernant Clinton, Bush, Obama, Berlusconi et Bergoglio ne fait pas de moi un de leurs partisans. Par contre, je crois que chaque personne a le droit à un traitement juste et qu’il n’a pas à se faire qualifier d’être un sataniste sur la base de mensonges, de tromperies et de manipulations. Encore une fois, cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas un fond diabolique, mais ce sera alors sur la base de leurs actions concrètes et non pas sur des rumeurs véhiculées sans vérifications préalables.

La blogueuse et auteure Valerie D’Orazio écrit sur son site internet : « Certains théoriciens du complot insistent sur le fait que le soi-disant geste de la main “cornes du diable”, qui a été vu utilisé par des dizaines de célébrités, de politiciens et d’autres personnalités publiques, est censé représenter l’allégeance à Satan. Ce signe de la main a-t-il une sorte de signification occulte, ou s’agit-il simplement d’une affectation ludique qui rend bien sur une photographie ? La réponse est… à la fois oui et non. » C’est ce que nous tenterons de voir ensemble dans cet article qui fourni des informations et des images documentées.

Le signe des cornes est un geste de la main avec une variété de significations et d’utilisations dans diverses cultures. Il est formé en étendant l’index et les petits doigts tout en maintenant le majeur et l’annulaire avec le pouce. Dans le Hatha Yoga, un geste de la main similaire — avec le bout du majeur et de l’annulaire touchant le pouce — est connu sous le nom d’Apana Mudrā, un geste censé rajeunir le corps. Dans les formes de danse classique indienne, il symbolise le lion. Dans le bouddhisme, le Karana Mudrā est considéré comme un geste apotropaïque pour expulser les démons, éliminer l’énergie négative et éloigner le mal. On le trouve couramment sur les représentations du Siddhārtha Gautama. On le trouve également sur la statue de la dynastie Song de Laozi, le fondateur du taoïsme, sur le mont Qingyuan, en Chine.

Un usage apotropaïque du signe, visant à conjurer le mauvais sort et à détourner vers quelqu’un d’autre les influences maléfiques, peut être observé en Italie et dans d’autres cultures méditerranéennes où, face à des événements malheureux, ou simplement lorsque ces événements sont évoqués, le signe des cornes peut être donné pour conjurer davantage de malchance. Il est également utilisé traditionnellement pour contrer ou conjurer le « mauvais œil » (malocchio en italien).

Signes italiens : la figue, et le corna utilisés pour la protection contre le mauvais œil.

En Italie spécifiquement, le geste est connu sous le nom de corna (« cornes »). Avec les doigts pointés vers le bas, c’est un geste apotropaïque méditerranéen courant, par lequel les gens cherchent une protection dans des situations malchanceuses (un équivalent méditerranéen de toucher du bois). Le président de la République italienne Giovanni Leone a surpris les médias lorsque, alors qu’il se trouvait à Naples lors d’une épidémie de choléra, il a serré la main des patients d’une main tandis que de l’autre derrière le dos, il a fait superstitieusement la corna, vraisemblablement pour conjurer la maladie. ou en réaction à être confronté à un tel malheur.

En Italie et dans d’autres parties de la région méditerranéenne, le geste doit généralement être effectué avec les doigts inclinés vers le bas ou dans une position nivelée non pointée vers quelqu’un et sans mouvement pour signifier la conjuration de la malchance; dans la même région et ailleurs, le geste peut prendre un sens différent, offensant et insultant s’il est exécuté avec les doigts vers le haut ou s’il est dirigé de manière agressive vers quelqu’un en particulier dans un mouvement de pivotement.

Dans de nombreux pays méditerranéens et latins, comme le Brésil, la Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Espagne, le Mexique, lorsqu’il est dirigé vers quelqu’un, pointé vers le haut et / ou pivoté d’avant en arrière, le signe implique de manière offensive le cocu à l’égard de l’individu ciblé; les mots courants pour cocu en grec, italien, espagnol et portugais sont, respectivement, κερατάς (keratas), cornuto, cornudo et corno, signifiant littéralement « Le cornu ». Lors d’une réunion de l’Union européenne en février 2002, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a été photographié exécutant ce geste dans le dos de Josep Piqué, le ministre espagnol des Affaires étrangères.

Le signe des cornes est utilisé lors de rituels religieux dans la Wicca, pour invoquer ou représenter le dieu cornu. Dans le satanisme LaVeyan, le signe des cornes est utilisé comme salutation traditionnelle, à des fins informelles ou rituelles.


Le signe des cornes, le rock & roll et Hollywood

Nous pouvons affirmer, presque sans l’ombre d’un doute, que le geste de la main des cornes dans sa forme satanique est apparu avec Anton Szandor LaVey alors que celui-ci fondait l’Église de Satan en 1966 et qu’il publiait La Bible satanique à peine trois ans plus tard. Lavey prônait un satanisme fondé sur le pouvoir de l’individu et l’indulgence à l’égard des plaisirs terrestres. Il voyait Satan non comme une entité d’essence spirituelle, mais comme un symbole littéraire des valeurs terrestres de ce monde. Il proclama l’an premier de l’ère satanique le 30 avril 1966, pendant la nuit de Walpurgis, cette même année durant laquelle il fonda l’Église de Satan. Plusieurs personnalités de la musique et du cinéma se joignirent rapidement au mouvement de LaVey, parmi lesquels nous retrouvons les membres du groupe Eagles, Sammy Davis Junior, Roman Polanski, Jayne Mansfield, et plus tard Marilyn Manson.

En 1966 et 1967, Anton LaVey et l’Église de Satan attirent l’attention des médias. On parle par ailleurs de l’Église dans de nombreux livres, magazines et journaux dans les années 1960 et 1970. Elle est également le sujet d’un documentaire, Satanis, sorti en 1970. LaVey, quant à lui, apparaît dans le film du luciférien Kenneth Anger, Invocation of my Demon Brother et tient le rôle de technicien assistant pour The Devil’s Rain. L’Église apparaît dans le documentaire Angeli bianchi… angeli neri.

Sur la pochette de l’album Yellow Submarine des Beatles (1969), le dessin de la main droite de John Lennon fait le signe au-dessus de la tête de Paul McCartney. Certaines personnes peuvent penser qu’il est possible que le dessinateur ait déformé le signe « Je t’aime », qui est très similaire et plus conforme au message public et à l’image du groupe. Cependant, le dessin animé de 1969 est basé sur de nombreuses photos de John Lennon faisant le signe de la main en 1967. L’une de ces photos de Lennon faisant le signe de la main apparaît sur la couverture d’un single des Beatles peu de temps après.

Ronnie James Dio était connu pour avoir popularisé le signe des cornes dans le heavy metal. Il a affirmé que sa grand-mère italienne l’utilisait pour conjurer le mauvais œil. Dio a commencé à utiliser le signe peu de temps après avoir rejoint le groupe de métal Black Sabbath en 1979. L’ancien chanteur du groupe, Ozzy Osbourne, était plutôt bien connu pour avoir utilisé le signe « paix » lors de concerts, levant l’index et le majeur sous la forme d’un « V ». Dio, dans une tentative de se connecter avec les fans, voulait également utiliser un geste de la main. Cependant, ne voulant pas copier Osbourne, il a choisi d’utiliser le signe que sa grand-mère faisait toujours. Les cornes sont devenues célèbres dans les concerts de métal très peu de temps après la première tournée de Black Sabbath avec Dio. Le signe sera plus tard approprié par les fans de heavy metal.

Geezer Butler de Black Sabbath peut être vu « levant les cornes » sur une photographie prise en 1969. La photographie est incluse dans le livret du CD de l’album de compilation “Symptom of the Universe: The Original Black Sabbath 1970–1978”. Cela indiquerait qu’il y avait eu une certaine association entre les « cornes » et le heavy metal avant la vulgarisation par Dio.

Le premier instigateur le plus probable de la popularité des cornes du diable dans le heavy metal est le groupe de rock psychédélique-occulte des années 60 et 70, Coven, qui semblait déterminé à utiliser le signe des cornes pour promouvoir le diable et dont l’objectif principal des membres du groupe était de répandre la parole de Satan. En effet, le nom du groupe est une référence au coven, une réunion de sorciers. Il est l’un des premiers groupes à se détacher pour ses propos très anti-chrétiens, qui donneront naissance à la réputation satanique du metal. La couverture arrière de leur premier album de 1969, Witchcraft Destroys Minds & Reaps Souls sur Mercury Records, représentait certains membres du groupe Coven brandissant de manière flagrante les cornes du diable. Il convient de noter en particulier que la chanson d’ouverture de l’album de Mercury Records s’appelle « Black Sabbath ».

L’album marque les esprits par son orientation sataniste. Il se conclut d’ailleurs par Satanic Mass, un morceau de treize minutes écrit par leur producteur mais présenté comme un enregistrement d’une messe noire. L’artwork de l’album fait aussi référence à l’occultisme, et met en scène une messe noire avec une jeune femme nue (une doublure de Dawson, cette dernière étant encore mineure à la sortie de cet album). En mars 1970, à la suite de la sortie d’un numéro du magazine Esquire traitant de l’occultisme, le groupe est associé à tort à Charles Manson. À la suite de cette polémique, Mercury décide de retirer des bacs le premier album de Coven. Philippe Trappe écrit dans LoudWire : « Il semble que Coven ait la meilleure prétention d’être à l’origine des cornes du diable du heavy metal. Faire le calcul n’est pas difficile — Black Sabbath, nouvellement formé en 1968, s’appelait encore Earth jusqu’en août 1969, date à laquelle ils ont changé leur nom pour le surnom le plus célèbre. L’album Witchcraft de Coven est sorti le même été et, encore une fois, le morceau d’ouverture s’intitule “Black Sabbath”. »

Nous savons que le « signe des cornes » a été largement adopté par les membres de l’industrie de la musique populaire et du cinéma, et il est d’autorité publique que c’est presque un passage obligé pour ceux-ci afin d’accéder à la célébrité. Mais en est-il ainsi pour toutes les personnalités que nous croisons dans les médias, qu’elles soient du domaine politique, artistique ou autre ?


Le signe « ILY » n’est pas le signe des cornes

Le cardinal philippin Luis Antonio Tagle montre au pape François comment donner le signe de la main populaire pour « Je t’aime » à l’arène Mall of Asia à Manille, aux Philippines, le vendredi 16 janvier 2015.

Comme nous le savons, le « signe des cornes » est régulièrement utilisé par les artistes de l’industrie de la musique et du cinéma hollywoodien à des fins souvent maléfiques et contre nature. Ils affichent de cette façon leur allégeance à une église satanique ou leur appartenance à la mafia khazarienne ou illuminati. Ils espèrent ainsi s’attirer gloire et fortune, ce qui est la plupart du temps le cas. Malgré cette réalité sulfureuse, il ne faut pas tout confondre et tirer des conclusions trop rapidement à la simple vue d’une photographie. Voici l’un des exemples les plus frappants. Lors de sa tournée aux Philippines en 2015, le pape François a levé la main en guise de salut et a suscité de nombreux commentaires sur Internet.

Debout à côté du cardinal Luis Antonio Tagle à Manille, le pape a levé son index et son petit doigt, gardant ses troisième et quatrième doigts vers le bas et son pouce tendu. Le cardinal fit de même. Tout cela a incité le Los Angeles Times à publier sur son blog musical que le pontife aurait pu faire le signe des cornes, un incontournable du heavy metal parmi les fans de concerts, ou peut-être un signe du diable vieux de plusieurs siècles. Mais ces signes exigent que le pouce soit tenu contre les doigts vers le bas, comme le « Hook ‘Em Horns » de l’Université du Texas. Alors, que disait vraiment le pape François ?

Des vérifications sur la photo du pape François et du cardinal Luis Antonio Tagle levant la main droite montrent que l’image est authentique. Cependant, le signe affiché par les deux chefs religieux n’est pas les “cornes du diable”. La photo montre les dirigeants saluant la foule avec le signe de la main “Je t’aime” lors d’une réunion avec des familles au Mall of Asia Arena aux Philippines, le 16 janvier 2015. “Je t’aime”, souvent abrégé en ILY, est un signe de la langue des signes américaine, qui prédomine dans les communautés sourdes américaines. Il a le pouce, l’index et les petits doigts étendus pour représenter les lettres I, L et Y. Le signe “Je t’aime” est similaire mais pas identique au geste des “cornes du diable” où le pouce est plié vers l’intérieur le long de l’annulaire et du majeur.

En plus de tirer des conclusions hâtives à la seule vue d’une photographie sans la moindre légende, certains internautes manipulent et modifient des images afin de faire croire à des diableries de certaines personnalités politiques et religieuses. C’est le cas d’une photo du pape Benoît XVI. En effet, une recherche d’image inversée sur l’une des images montrant l’ancien chef de l’Église catholique romaine, le pape Benoît, a conduit à la version originale dans les archives de l’agence de presse Reuters. La photo a été prise en 2005 en Allemagne lorsque le pape Benoît salua les pèlerins alors qu’il monte à bord du bateau RheinEnergie.

L’arrière-plan, les vêtements du pape et d’autres similitudes correspondent à l’image virale et à la photo originale. Cependant, la position de ses mains et le motif de sa bague ont été manipulés numériquement dans l’image virale.

Les dirigeants politiques, les sportifs, les artistes et de nombreuses personnes ont utilisé le signe de la langue des signes américaine ILY (I Love You) pour exprimer, plus que tout, de l’affection à leur public et cela se reflète dans plusieurs photos. Le signe de la langue des signes américaine ILY s’est largement répandu et, bien qu’il ne s’agisse pas d’un signe universel, la plupart des personnes sourdes dans le monde s’en rendent compte. De nombreuses personnes célèbres l’ont utilisé devant leur public ou leurs fans, qu’ils soient sourds ou non, peut-être parce que parmi ses qualités figure la possibilité d’exprimer son affection dans la photo fixe qui apparaît dans les médias.

L’ILY est un signe de la langue des signes américaine qui, en tant que geste, est entré dans le courant dominant. Vu principalement aux États-Unis et dans d’autres pays américanisés, le signe est né chez des écoliers sourds utilisant la langue des signes américaine pour créer un signe à partir d’une combinaison des signes des lettres I, L et Y (je t’aime). Le signe est une expression informelle de l’un de plusieurs sentiments positifs, allant de l’estime générale à l’amour, pour le destinataire du signe. 

Le livre de Jack R. Gannon, Deaf Heritage: A Narrative History of Deaf America, fait remonter l’origine de l’ILY à 1905. Le signe a reçu une exposition médiatique importante depuis sa première utilisation en 1976 par Richard Dawson, le présentateur du concours télévisé Family Feud, dans chaque épisode. Son utilisation publique est donc connue depuis plus de 40 ans.. Le candidat présidentiel Jimmy Carter l’aurait récupéré auprès d’un groupe de partisans sourds dans le Midwest. et, en 1977, lors de son défilé du jour de l’inauguration, il a montré l’ILY à un groupe de personnes sourdes sur le trottoir.

En juin 2017, Gene Simmons, membre du groupe de musique Kiss, a eu l’idée de breveter le geste des cornes du diable, qu’il a exécuté avec la même forme du signe ILY. Il a rapidement abandonné l’idée, car il a rencontré l’opposition d’un grand nombre de personnes, dont des personnes sourdes et le chanteur du groupe de musique Coven, à qui ils attribuent l’introduction des cornes du diable, qui ont critiqué le fait que « Gene ne fait même pas le signer correctement. Il fait le signe des sourds signifiant “l’amour” ».

Le signe du ILY signifie donc « Je t’aime ». La forme de ces trois lettres peut être représentée avec une seule main en utilisant leur correspondance avec l’épellation digitale de la langue des signes américaine, comme on peut le voir ci-dessous dans cette image :


Le slogan de l’Université du Texas à Austin

Le signe des cornes ou des variantes sont utilisés par de nombreux groupes de supporters sportifs aux États-Unis, ce qui amène beaucoup de confusion parmi les internautes naïfs. Il est particulièrement utilisé par les supporters des Longhorns, l’équipe de football américain de l’Université du Texas à Austin, avec leur slogan « Hook ’em Horns ». Le geste est destiné à se rapprocher de la forme de la tête et des cornes de la mascotte de l’université, la vache « Texas Longhorn » Bevo. Les étudiants et les anciens élèves de l’université emploient une salutation composée de la phrase « Hook ’em » ou « Hook ’em Horns » et utilisent également la phrase comme un adieu ou comme ligne de clôture dans une lettre ou une histoire.

Récemment est réapparu sur les réseaux sociaux une photo du gouverneur du Texas, Greg Abbott, en compagnie de Elon Musk faisant tous les deux le geste de la main « Hook ’em Horns ». Cette photo fut prise le 22 juillet 2020 alors que le milliardaire sud-africain déménageait le siège de sa fondation à Austin et qu’il déménageait lui-même au Texas. Les internautes se sont immédiatement empressés d’écrire des commentaires, affirmant qu’il s’agissait d’une Cabale mondiale et d’une allégeance à Lucifer, alors qu’il s’agit simplement d’un symbole de fierté. Abigaïl Rosenthal écrit dans le webzine de Houston Chron : « Le gouverneur Greg Abbott et Elon Musk ont ​​lancé un “Hook ’em” en juillet. De plus, il porte un bandana, donc c’est plutôt texan. » Je rappelle que Greg Abbott publie des versets de la Bible sur son compte Twitter, ce qui en fait donc un drôle de sataniste.

Ayant lui-même fréquenté l’Université du Texas à Austin, le gouverneur écrivait fièrement le 3 février dernier sur Twitter : « Elon Musk n’a peut-être pas été invité à la Maison Blanche, mais il a été au bureau du gouverneur au Capitole du Texas. Et maintenant, le siège social de Tesla est également au Texas. » Deux ans plus tôt, il écrivait sur sa page Facebook : « Tesla choisit le Texas pour son usine Cybertruck. Merci à Elon Musk et Tesla d’avoir embrassé notre grand État. L’immense usine emploiera des milliers de Texans et sera la pierre angulaire de l’innovation de la prochaine génération. C’était amusant de faire votre connaissance. Bienvenue au Texas. »

Valerie D’Orazio écrit sur son site internet Fantasy Merchant : « Le “Hook ’em Horns” a été adopté par de nombreux autres collèges. Des photos de George W. Bush ou de sa famille montrant ce qui semble être les “cornes du diable” sont couramment utilisées comme preuve de leur implication dans les Illuminati — mais on pourrait dire qu’ils soutenaient simplement leur État d’origine. » Il est vrai que l’on peut voir plusieurs photographies de l’ancien président des États-Unis affichant ce qui semble être le signe des cornes. Mais ces photos ont été pour la plupart prises lors d’événements au Texas ou en lien avec l’Université du Texas à Austin. Bien qu’on puisse avoir une faible opinion de Bush, on ne peut pas affirmer qu’il fait ici un symbole satanique. Ce serait même insulter les texans que de l’affirmer sans discernement.

Hook ’em Horns est le chant et le signal de la main de l’Université du Texas à Austin. Le signe est fait en étendant l’index et les petits doigts tout en saisissant les deuxième et troisième doigts avec le pouce. Le bras gauche est généralement tendu, mais le signe peut également être donné avec le bras plié au niveau du coude. Le signe est souvent vu lors d’événements sportifs, lors de la lecture de la chanson de l’école « The Eyes of Texas » et lors de la lecture de la chanson de combat de l’école « Texas Fight ». C’est l’un des signaux manuels les plus reconnus de toutes les universités américaines. Une variante des Cornes (Horns), formée à l’envers avec le pouce pointé vers l’extérieur, est souvent utilisée par les rivaux des Longhorns et est considérée comme insultante, surtout lorsqu’elle est exécutée par un joueur ou un entraîneur de l’équipe en question.

La première utilisation connue de l’expression « Hook ’em » provient d’un South Saint Paul Booster Club organisé pour le carnaval d’hiver de Saint Paul en 1916 et a atteint une portée nationale grâce à son utilisation à l’Université du Minnesota dans les années 1930. Le Minnesota n’a pas déposé la phrase ou le signal de la main. L’Université de l’Iowa non plus. Il y avait aussi une équipe de basket-ball du Texas à cette époque connue sous le nom de “Hook ‘Em Cows” qui a peut-être contribué à l’utilisation de la phrase et du geste à l’Université du Texas.

En 1955, Harley Clark, qui introduira plus tard le symbole, a eu l’idée du signe de la main de ses collègues Tom Butts et Henry K. Pitts, qui avaient projeté des ombres sur le mur de l’Union du Texas. Clark était membre du Tejas Club, ainsi que pom-pom girl en chef à l’UT, un poste élu par le corps étudiant. « C’était le deuxième en importance après le gouverneur du Texas », plaisante-t-il. Clark a montré le signe à un corps étudiant enthousiaste quelques nuits plus tard lors d’un rassemblement de football au Gregory Gym. Selon Neal Spelce, qui a assisté au rassemblement lorsqu’il était étudiant à l’université, « beaucoup de gens n’ont pas bien compris au début », mais cela s’est rapidement propagé à partir de là. Par milliers, les élèves ont tendu le bras pour créer le désormais célèbre salut. Le lendemain, lors du match de football Texas Longhorn contre TCU, Clark était impressionné lorsque le signe de la main « Hook ’em Horns » a bondi d’un côté du stade à l’autre.

L’ancien président américain Barack Obama sur une photographie prise par Jewel Samad de l’AFP fait le signe « Hook ’em Horns » au Paramount Theatre d’Austin, au Texas, le 10 juillet 2014, rendant hommage aux Longhorns et à leur mascotte, Bevo. Quand vous voyez quelqu’un au Texas étendre son index et son petit doigt (et saisir les deuxième et troisième doigts avec son pouce), ce n’est pas un geste impoli envers les 480 000 anciens élèves vivants de l’UT. C’est comme voir les cornes de Bevo et dire « bonjour ».

En quelques années, le symbole était largement connu des fans de football à travers l’État et le pays. Sports Illustrated a présenté le symbole Hook ’em Horns devant un fanion du Texas sur la couverture de son numéro du 10 septembre 1973. Ce numéro du magazine a souligné le programme de football du Texas comme le meilleur du pays à cette époque.

À partir de 2004, l’Université du Texas a présenté le slogan dans une publicité télévisée intitulée “Rallying Cry”. La publicité est l’une des neuf publicités qui composent la campagne « Ce qui commence ici change le monde », qui sont toutes racontées par l’ancien élève de l’université Walter Cronkite. La narration de “Rallying Cry” est : « Existe-t-il un cri de ralliement pour les penseurs et les acteurs de demain ? Une devise qui résume leur passion pour la créativité et leur quête de découverte ? Bien sûr, il y a: “Hook ’em, Horns”. Nous sommes texans. Ce qui commence ici… change le monde. »

Le geste de la main n’est pas présenté dans la publicité, qui montre une vue aérienne volant le long de l’Interstate 35, puis au-dessus du centre-ville d’Austin, au Texas, devant le Capitole de l’État du Texas et arrivant enfin à la tour du bâtiment principal comme Cronkite dit le slogan. Les publicités sont généralement diffusées lors d’événements sportifs de la NCAA.


Peter le fourmilier : la mascotte de l’UC Irvine

Un autre signe de la main peut facilement semer la confusion parmi les internautes. Il s’agit du signe du fourmilier, la mascotte de l’Université de Californie à Irvine. Celui-ci ressemble à s’y méprendre au « signe des cornes » (cornes du diable) et au geste de la main « Hook ’em Horns » de l’Université du Texas à Austin. Nous pouvons voir plusieurs personnalités et politiciens faire ce signe lors de leur passage à cette université californienne, tels que Conan O’Brien, Bill Clinton et Barack Obama.

Le geste de la main — fait des deux mains — est censé représenter un fourmilier, la mascotte de l’université. Les étudiants lèvent l’index et l’auriculaire tout en plaçant le majeur, l’annulaire et le pouce ensemble, puis en faisant légèrement glisser le pouce vers l’arrière pour « créer le museau » de l’animal. En ouvrant et en fermant le « museau », les élèves crient « Zot zot » en même temps. Bien que nous ne ne connaissons pas les détails spécifiques des origines du geste ou de l’appel, nous devinons qu’ils étaient probablement établis d’une manière ou d’une autre au moment où la mascotte a été choisie.

À propos de Peter le fourmilier (en humour) :

  • Anniversaire : 30/11/1965
  • Ville natale : Irvine, Californie
  • Stature : Un chamois 6’9″
  • Signe : Sagittaire
  • Éducation : Au collège
  • Mention : Esprit, Fidélité, Divertissement, Tradition
  • Mineure : Myrmécologie, ou l’étude scientifique des fourmis
  • Clubs : UC Irvine Athletics, Anteater Band, UCI Spirit Squad, Antourage, Greeks, Cross-Cultural Center, ASUCI, Residence Housing et tous les autres grands clubs étudiants de UC Irvine.
  • Films : L’Empire des fourmis, Antz et Ant Man
  • TV : Les événements sportifs de l’UC Irvine bien sûr !

L’histoire du fourmilier de l’Université de Californie à Irvine

C’était en 1965 et un étudiant de première année dirigeait le campus nouvellement créé de l’Université de Californie à Irvine. Douze jours seulement après le premier jour de cours, l’équipe masculine de water-polo de l’UCI a battu Cal Poly devant une foule de 900 étudiants. Le triomphe l’a clairement montré : l’UCI avait besoin d’une mascotte.

Les joueurs de water-polo Pat Glasgow et Bob Ernst, peu impressionnés par les suggestions de mascottes de l’administration universitaire, ont proposé l’idée du fourmilier à des amis. En tant que fans de la bande dessinée « B.C. » de Johnny Hart, qui présentait un fourmilier qui criait « ZOT! » le mammifère à long nez et à queue touffue semblait être un choix naturel.

Avec l’aide de leurs pairs, les joueurs de water-polo ont réussi à faire pression pour la mascotte du fourmilier. Et le 30 novembre 1965, le fourmilier est sorti victorieux avec environ 56% des voix, battant des alternatives telles que les licornes, les faucons de mer, les toros, les bisons, les centaures, les roadrunners et « aucun de ceux-ci ».

Peter le fourmilier a vécu de nombreux moments mémorables au fil des ans, qu’il s’agisse de battre des records du monde, de côtoyer des politiciens ou même de faire un tour à bord de la navette spatiale Endeavour. En effet, en août 2007, un petit fourmilier en peluche accompagnait l’astronaute Tracy Caldwell lors de la mission STS-118 de la navette spatiale Endeavour. Malgré toute cette excitation, son passe-temps favori est de faire monter la foule lors d’un grand match.

Aujourd’hui, le fourmilier et son cri de guerre « ZOT! » est synonyme d’UCI. Le campus a adopté la mascotte avec des codes Zot, Zotmail, des statues de fourmilier, un magasin de campus appelé le Zot-N-Go et un groupe d’esprit étudiant connu sous le nom d’Antourage, les membres les plus enthousiastes de la « Nation Eater ». La Nation Eater est partiale envers Peter le fourmilier, mais elle n’est pas seule dans ses sentiments. La mascotte de l’UCI a la réputation immaculée de pomper la foule et de s’assurer l’adoration des gens à travers le pays.

Le fourmilier, personnage de B.C., une bande dessinée américaine quotidienne créée par le dessinateur Johnny Hart. B.C. a fait ses débuts dans un journal le 17 février 1958 et figurait parmi les bandes dessinées les plus anciennes encore écrites et dessinées par son créateur original lorsque Hart est décédé sur sa planche à dessin à Ninive, New York, le 7 avril 2007. Ce personnage mange des fourmis avec une langue collante et élastique et un son ZOT ! Il a inspiré Peter le fourmilier, la mascotte de l’UC Irvine.

En guise de conclusion

Satire avec une coupe et un thyrse, exécutant le signe des cornes de la main gauche.

Nous voyons à la lecture de cet article que le signe des cornes effectué par certaines personnes ne signifie pas toujours qu’elles appartiennent à un culte satanique ou au monde diabolique. Il peut s’agir tout simplement d’un symbole visant à souder ensemble les étudiants des universités et les fans des équipes sportives. Prétendre le contraire serait affirmer sans aucune nuance que des millions de personnes seraient toutes des satanistes invétérées, et ceci en synergie les une avec les autres, ce qui est évidemment ridicule.

En fait, tout dépend des différentes cultures et traditions, ainsi que des intentions cachées ou révélées en chaque personne. Au niveau historique et protohistorique, le signe de la corne est très ancien. Il est attesté dès l’Antiquité grecque. Né d’une relation adultère entre la reine de Crète Pasiphaé et le taureau crétois, le Minotaure était un être cornu. Le peuple rappelait cette trahison à son roi Minos en lui adressant le geste en question, associé depuis à l’idée d’infidélité.

L’archéologue et ethnologue Andrea De Jorio, étudie en 1832 les similitudes entre les gestuelles antiques et napolitaines. Il recensa les différentes façons de réaliser le geste des cornes (“La Mimica degli antichi investigata nel gestire napoletano”, Naples 1832, en particulier pp. 89-100). Le geste demeure largement employé en Italie, notamment en Italie méridionale et en Sicile, accompagné du mot « cornuto » qui signifie « cocu ». Le geste peut également être exécuté pour conjurer le mauvais sort. Il a la même signification que le fait de toucher des objets en fer ou de se toucher les testicules ou le sein gauche dans ce même pays, ou que le fait de toucher du bois ou de croiser les doigts dans d’autres pays occidentaux. Le geste est dans ce cas exécuté avec les cornes dirigées vers le bas, alors que les cornes sont dirigées vers le haut lorsqu’il renvoie à l’infidélité. Selon une tradition napolitaine, le geste d’autoprotection est exécuté d’une main vers le haut et de l’autre vers le bas.

Valerie D’Orazio écrit sur son site internet Fantasy Merchant : « Dans le cas des nombreuses personnalités publiques photographiées faisant le geste de la main, il est impossible de dire combien d’entre elles le font pour quelle raison particulière. Certaines pourraient le faire en référence au Karana mudrā, certaines pour le cornuto (ou la connexion du cornuto au heavy metal), certaines comme langage des signes pour “Je t’aime”, et certaines simplement parce qu’elles pensent que c’est cool. Est-il possible que certaines l’utilisent spécifiquement pour démontrer une sorte d’admiration pour Satan ? Peut-être. Le fait est qu’il existe de nombreuses explications. Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que l’utilisation intensive des gestes de la main Karana mudrā et cornuto à travers l’histoire, et dans notre culture populaire actuelle, indique le pouvoir durable du symbole. »

À ma connaissance, l’une des seules personnalités politiques à avoir fait le « signe des cornes » en dehors de tout contexte valable est l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy. Il est vrai que nous l’apercevons souvent en train de présenter les cornes du diable devant son public, alors qu’il n’a aucune raison justifiable de le faire. En effet, Sarkozy ne peut en aucun cas prétendre faire ce signe de la main pour rendre hommage aux Longhorns de l’Université du Texas à Austin, ni pour saluer la mascotte de l’Université de Californie à Irvine. Il ne s’agit pas non plus du symbole « Je t’aime » tiré de la langue des signes américaine. Alors pour quelle raison Sarkozy fait-il ce signe de la main ? Je vous laisse tirer vos propres conclusions à partir de ce qui a déjà été écrit…



« Merci pour tout ce bon travail de recherche, d’analyse et de rédaction. C’est malheureux de voir que les journalistes ne font plus leur travail et que vous êtes l’un des seuls à vous dévouer pour nous. »

Stephane Quesnel

« M. Boulianne, Merci de nous tenir informé et merci pour l’excellent travail que vous faites. »

Paule

« Tu fais un excellent travail, je suis très impressionnée par toutes tes recherches. Ceux qui te critiquent ne font rien d’autres que critiquer. Ils ne valent même pas la peine que l’on parle d’eux. »

Marie Claire Tellier

3 réflexions au sujet de « Il est temps de démystifier le signe des cornes d’avec les autres symboles comme ceux des Universités du Texas (UT) et de Californie (UCI) »

  1. Bonjour,
    Vos articles sont toujours très intéressant mais ce que j’aime le plus c’est qu’ils sortent de l’ordinaire et méconnu de la plupart d’entre nous et le mien.
    Merci beaucoup et continuons à nous battre contre ces gens indigne de l’être humain.
    Cordialement

    Aimé par 1 personne

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