L’ancien nazi, le prince Bernhard des Pays-Bas, fondateur du groupe de Bilderberg

Je suis très heureux d’avoir fait l’acquisition d’une ancienne édition datant du 18 janvier 1937 du Time Magazine (Vol. XXIX No. 3, pp. 22-24). J’avais déjà inséré cette référence dans mon dernier livre « La Société fabienne: les maîtres de la subversion démasqués » [1], mais je suis maintenant content d’avoir fait l’acquisition de cette publication tout de même assez rare. L’article intitulé « The Netherlands: Serene & Royal » prouve sans l’ombre d’un doute possible que le fondateur du groupe de Bilderberg, le prince Bernhard des Pays-Bas, était toujours membre des SA (Sturmabteilungen), les « troupes de choc » du parti nazi, en 1937. [2] Selon les indications recueillies par un historien néerlandais, le prince Bernhard aurait encore eu une carte de membre du parti nazi (NSDAP) en poche, le jour de son mariage avec la princesse Juliana des Pays-Bas, le 7 janvier 1937.

Bernhard de Lippe-Biesterfeld (parfois francisé en Bernard), né le 29 juin 1911 à Iéna (Allemagne) et mort le 1er décembre 2004 à Utrecht (Pays-Bas), est un prince allemand devenu prince des Pays-Bas lors de son mariage avec la future reine Juliana. Il est ainsi prince consort des Pays-Bas de 1948 à 1980 sous le nom de prince Bernhard des Pays-Bas. Il est le père de la reine Beatrix et le grand-père de l’actuel roi Willem-Alexander. Il a acquis une fortune considérable en exploitant des colonies de diamants en Afrique et en ayant des parts dans la Royal Dutch Shell et d’autres sociétés pétrochimiques. [3]

Il fut le président fondateur du Fonds mondial pour la nature de 1962 à 1976. Le WWF avait été co-fondé le 29 avril 1961 par le premier directeur de l’UNESCO Julian Huxley (frère de l’écrivain Aldous Huxley), Peter Markham Scott, Yolanda Farr, Philip Mountbatten, Edward Max Nicholson, Guy Mountfort et Godfrey A. Rockefeller.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit des images de 1938. La princesse Juliana et le prince Bernhard ont fait une excursion en bateau avec leurs amis NSDAP (nazis) sur le navire de Juliana « Piet Hein ». À la fin de cette vidéo, on aperçoit l’étendard royal de la princesse Juliana en haut du mât et juste en dessous, nous pouvons remarquer le drapeau nazi.

Extrait du documentaire « Bernhard, het verhaal van een Duitserd » (Bernhard, l’histoire d’un Allemand).

Le prince Bernhard a rejoint le parti nazi alors qu’il était encore étudiant et s’est inscrit au Sturmabteilung (littéralement « section d’assaut »), une organisation paramilitaire du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (le NSDAP ou « parti nazi »), organisation dont est ensuite issue la SS. Les SA jouèrent un rôle important dans l’accès au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933. [4]

Le prince Bernhard a menti et nié avoir appartenu à la SA, à l’unité à cheval SS-Reiterstandarten (Reiter-SS) et au Nationalsozialistische Kraftfahrkorps (NSKK), une organisation paramilitaire du parti nazi. [5] Mais des documents ont été révélés, confirmant l’appartenance du prince Bernhard au parti nazi. Le 18 janvier 1937, le Time Magazine publiait un article :

« La semaine dernière, l’aristocratie Knickerbocker (nouveau riche) de Manhattan a célébré avec vigueur le joyeux jour du mariage de son Altesse Royale la princesse héritière Juliana des Pays-Bas. (…) Le Prince Bernhard zu Lippe-Biesterfeld, au moment de l’annonce de son engagement avec la princesse héritière Juliana, était un employé de la grande fiducie allemande des produits chimiques IG Farben et un nazi de la section d’assaut (SA). »

Comme le mentionne le Time Magazine, Le prince travailla pour le géant allemand de la chimie IG Farben au début des années 1930, qui était alors la quatrième société du monde. Il a rejoint le département des statistiques de IG Farben au I.G. Berlin NW 7, le principal centre d’espionnage nazi à l’étranger (connu sous le nom de VOWI), qui a évolué pour devenir la branche de l’intelligence économique de la Wehrmacht.

IG Farben a produit de très grandes quantités de gaz Zyklon B que les nazis utilisèrent dans les chambres à gaz de certains camps d’extermination. Sa filiale Bayer se livra quant à elle au trafic d’êtres hu« d’expérimentations à prétention médicale et de caractère confidentiel.

Malheureusement, les affiliations racistes très fortes et évidentes du prince Bernhard avec le nazisme n’ont pas été révélées à temps – et pendant la Seconde Guerre mondiale, il était un traître royal, un agent double essayant de tendre une embuscade aux efforts des Alliés pour chasser les troupes hitlériennes de l’Europe. [6]


Le prince Bernhard et le groupe de Bilderberg

En 1954, le Bilderberg est créé par le prince Bernhard des Pays-Bas et David Rockefeller. Quelle explication donne ce dernier ? « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire » (Newsweek, 1er février 1999). Les Bilderbergers ne publient jamais ce dont ils discutent lors de leurs réunions annuelles.

Le groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg ou club Bilderberg, est un rassemblement annuel et informel d’environ cent-trente personnes, essentiellement des Américains et des Européens, composé en majorité de personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias. Ce forum annuel a été inauguré en mai 1954 à Oosterbeek aux Pays-Bas, lors d’une réunion à l’hôtel Bilderberg (d’où son nom) et possède des bureaux à Leyde, Pays-Bas. Sa non-médiatisation et le caractère confidentiel du bilan des conférences suscitent régulièrement des controverses.

Parmi les reproches émis à l’encontre de Bilderberg, on notera la crainte de voir une structure collégiale abritant un petit nombre de personnes prendre, sans contrôle démocratique par des tiers, des décisions importantes en économie ou en politique. Des sources journalistiques belges évoquent la possibilité que les membres de la conférence s’engageraient à user de leur influence pour faire appliquer ce qui a été convenu au cours de la conférence.

Denis Healey, l’un des initiateurs de la conférence de Bilderberg de 1954 et membre du comité directeur pendant 30 ans, a expliqué en 2001 : « Dire que nous cherchions à mettre en place un gouvernement mondial unique est très exagéré, mais pas totalement absurde. Nous autres à Bilderberg pensions qu’on ne pouvait pas continuer à se faire la guerre éternellement et à tuer des millions de gens pour rien. Nous nous disions qu’une communauté unique pouvait être une bonne chose. » [7]

En 2005, Étienne Davignon, autre membre important, en réponse à la BBC qui l’interrogeait sur les théories du complot : « Quand les gens parlent de nous comme d’un gouvernement mondial secret, je me dis que, si nous sommes ce gouvernement, nous n’avons pas vraiment de quoi être fiers. » [8]

De façon consciente ou inconsciente, les personnes qui participent à ces réunions du groupe Bilderberg, commes les Canadiens et Québécois Michael Sabia (PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec), Louise Arbour (représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les migrations), Dominique Anglade (députée libérale provinciale), François-Philippe Champagne (ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités), Bill Morneau (ministre fédéral des Finances), participent dans les faits à une organisation fondée par un membre de la section d’assaut (SA) du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (le NSDAP ou « parti nazi »).

Il y a de quoi réfléchir…

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RÉFÉRENCES :

  1. Time Magazine : « The Netherlands: Serene & Royal ». Foreign News / The Netherlands. Vol. XXIX No. 3, January 18, 1937, pp. 22-24.
  2. Guy Boulianne : « La Société fabienne: les maîtres de la subversion démasqués », Éditions Dédicaces, 2019.
  3. John Donovan : “Nazi connections relating to Shell”. Shell Nazi History, 26 août 2018.
  4. John Donovan : “Royal Dutch Shell Nazi Secrets Part 8: Nazi connections”. Royal Dutch Shell Plc, 6 novembre 2010.
  5. Libération : “Le prince Bernhard ancien membre du parti nazi NSDAP”, 7 décembre 1995.
  6. Bruno Waterfield : “Dutch Prince Bernhard ‘was member of Nazi party’”. The Telegraph, 5 mars 2010.
  7. Jon Ronson : « Who pulls the strings? (part 3)« . The Guardian, 10 mars 2001.
  8. Bill Hayton : Inside the secretive Bilderberg Group. BBC News, 29 September 2005.