« Jeanne Mance (1606-1673), suivi d’un essai généalogique sur les Mance et les de Mance », par l’historienne Marie-Claire Daveluy

Je suis très heureux d’avoir fait l’acquisition — à très bon prix — d’un livre désormais très rare et difficile à obtenir. Il s’agit de l’ouvrage historique et biographique de Marie-Claire Daveluy, intitulé : « Jeanne Mance (1606-1673), suivi d’un essai généalogique sur les Mance et les de Mance ». [1] Je possédais déjà — depuis plus de vingt ans — son ouvrage « La Société de Notre-Dame de Montréal » [2] qui inclut le texte complet des « Véritables motifs de messieurs et dames de la Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France ». [3] Il s’agit de deux œuvres importantes en ce qui a trait à l’histoire de Montréal, et qui sont malheureusement trop souvent oubliées.

Pourquoi ma dernière acquisition est-elle si importante pour moi ? Tout d’abord parce que ce livre fut l’une de mes premières rencontres avec Mlle Jeanne Mance, la co-fondatrice de Montréal (Ville-Marie), qui fut discrètement choisie en 1639 par le roi de France et le cardinal de Richelieu pour accomplir une mission spirituelle en Nouvelle-France. En effet on y apprend qu’en 1639, les Langrois virent paraître sous leurs murs Louis XIII et le cardinal de Richelieu. Peu de temps après, le 30 mai 1640, elle partit pour Paris afin de rencontrer le père Charles Lalemant qui a vécu huit ans en Nouvelle-France et qui gère maintenant les affaires du Canada.

Elle fait alors la connaissance d’Angélique de Bullion, riche veuve d’un surintendant des finances, qui veut établir un hôpital au Canada dans un lieu à déterminer. Jeanne accepte de mener à bien ce projet. Mme de Bullion souhaite cependant rester dans l’ombre. C’est Charles Rapine, un de ses parents, qui sera son intermédiaire auprès de Jeanne. Le baron Gaston de Renty veillera pour sa part à la gestion des fonds pour l’hôpital.

Au printemps 1641, Jeanne se rend à La Rochelle où une flotte doit partir pour la Nouvelle-France. Elle fait la rencontre de Jérôme Le Royer de La Dauversière qui a créé, avec le soutien financier de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, la Société Notre-Dame de Montréal, afin de fonder une colonie dans l’île de Montréal. Le chef de l’expédition a déjà été choisi : Paul de Chomedey de Maisonneuve. Nous voyons donc que les événements se sont déroulés très rapidement pour cette jeune provinciale. Y a-t-il une raison particulière qui fait de Jeanne Mance la figure de proue de l’évangélisation en Nouvelle-France ?

Nous apprenons encore dans le livre de Marie-Claire Daveluy que l’origine du patronyme Mance en France serait à rapprocher de quelque nom topographique. Il existe en Lorraine, dans le département de Meurthe-et-Moselle, canton de Briey, une commune appelée Mance (« Alis-mantia », c’est-à-dire la rivière aux eaux blanchâtres ou boueuses), et non loin de là, à Anoux, un hameau appelé Mancieulles; pour la commune, on trouve les formes anciennes Manis, Meinis (XIIIe s.). Pas loin de là, à Ars-en-Moselle, Mance dénomme encore une ferme et un moulin : de ce lieu, sous le nom de Notre-Dame de Mance, fait mention une chronique du XVe siècle. Mance désigne encore le ru de Mance, affluent de l’Orne et sous-affluent de la Moselle, qui arrose Mance et Mancieulles, et un autre ru de Mance, qui passe à Gravelotte et au moulin de Mance, rapporté à l’instant, et se jette dans la Moselle à Ars.

Dans une lettre datée du 6 décembre 1933, Jacques Laurent explique : « Le premier de ces ruisseaux, qui se jette dans l’Orne à Aubone, est appelé au XIIe siècle Amantia, et cette forme est très intéressante : elle permet de conjecturer avec une extrême vraisemblance, que les autres Mance sont des formes à apocope, et que Mance peut être rattaché au genre, étendu, des hydronymes et toponymes, représentés par le vocable principal Alismantia qui a désigné tant de cours d’eau, notamment dans l’Est de la France (Armance, Armançon, Amanse, Manson, etc.), et ça et là dans le Centre (Aumance) et le Midi (Amosson). Un ouvrage explique Alismantia par la combinaison d’un suffixe avec la racine rendant le sens d’une essence végétale particulièere, : l’alisier, alisa. » Le Pr Pierre Gastal nous dit que Alismantia est un « hydronyme ligure de sens inconnu que l’on retrouve dans Aumance, Armance, Amance, etc. » [4] Dans l’introduction à son édition des chartes de Montier-en-Der, l’abbé Lalore écrivait : « L’abbaye de Montiérender est désignée dans nos plus anciens documents “in vasta, in saltu Dervensi, super Vigera et Alsmantia, in pago Pertense”, c’est-à-dire dans la solitude, la forêt du Der, sur la Voire et l’Aumance, dans le comté de Perthois. » [5]

La Légende Dorée et Joseph d’Arimathie

Vitrail représentant Joseph d’Arimathie tenant le Graal à l’église St John, Glastonbury

Il y a de cela trente ans, j’avais déjà noté que le vocable Alismantia duquel dérive le nom de Mance est tout-à-fait similaire au vocable Alimathie duquel dérive — selon certains auteurs — le nom de Joseph d’Arimathie, un notable juif, membre du Sanhédrin, qui procèda à la descente de croix et à l’inhumation de Jésus. La tradition provençale, appuyée par un écrit de Raban Maur, évêque de Mayence au IXe siècle, inclut ce personnage dans l’arrivée miraculeuse des amis du Seigneur sur la côte provençale, dans le sud de la France. Plusieurs disciples vinrent partager le sort de Marie Madeleine et Lazare : les deux « soeurs » Marie Jacobé, mère de Jacques le Mineur, Marie Salomé, mère des apôtres Jacques et Jean, Maximin, Sidoine l’aveugle, et Joseph d’Arimathie « qui avait emporté le calice avec lequel le Christ célébra sa dernière Cène et dans lequel il recueillit son sang sur la croix » : le Saint Graal. [6]

Chassés de Palestine et placés dans « un vaisseau de pierre » sans voile ni rame, ils furent poussés par les courants vers le delta du Rhône où ils s’échouèrent. Là, ils furent accueillis par Sarah la noire, qui devint la servante des Maries. Seules resteront sur place Marie Salomé, Marie Jacobé et Sarah. Elles y moururent, et l’endroit où elles furent ensevelies, traditionnellement situé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, devint un important lieu de culte et de pèlerinage chrétien ainsi qu’une halte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, fils de Marie Salomé. Marie Madeleine se retira dans le massif de la Sainte-Baume, Lazare devint le premier évêque de Marseille, Maximin, celui d’Aix et Sidoine, celui du Tricastin, tandis que Marthe s’en fut à Tarascon, où, d’après la légende, elle terrassa la terrible Tarasque.

Cette pérégrination est aussi racontée par le dominicain et archevêque de Gênes, Jacques de Voragine (~1228-1298), dans sa Légende dorée, un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266.

La figure de Joseph d’Arimathie est introduite dans le cycle arthurien par Robert de Boron dans son roman en vers « Estoire dou Graal ou Joseph d’Arimathie », écrit entre 1190 et 1199. Joseph conserve le vase de la Cène, dans lequel il recueille un peu du sang de Jésus, avant de le déposer dans son sépulcre. Jeté en prison par les autorités juives, privé de nourriture, il doit la vie à la seule contemplation du Graal. Après douze ans d’emprisonnement, l’empereur Vespasien le fait libérer. Joseph, muni de la Sainte Lance et du Saint-Graal, quitte alors la Palestine et se rend en Occident jusqu’en Grande-Bretagne, à Glastonbury selon certains textes. Le cardinal Caesar Baronius (1538-1607), bibliothécaire et historien du Vatican, a enregistré ce voyage de Joseph d’Arimathie, Lazare, Marie-Madeleine, Marthe, Marcella et autres dans ses Annales ecclesiastici. [7] En voici une traduction approximative à partir du latin :

« Et Ananias, un disciple de la dispersion est allé à Damas, à peu près à ce moment, où il a rassemblé l’Église. De plus, nous pouvons aussi rattacher cela au temps de Lazare, Marie-Madeleine, Marthe, Marcella et le fidèle serviteur, sur lesquels s’était enflammé la haine des Juifs et qui furent chassés de Jérusalem avec le disciple Maximin. Ils embarquèrent sur un bateau sans rame, sur une mer tumultueuse. On dit que la divine providence les débarquèrent à Marseille. Joseph d’Arimathie, un homme noble en danger accompagné d’un officier subalterne, mirent les voiles de la Gaule jusqu’à la Grande-Bretagne, et là, ils ont proclamé l’Évangile du jour. Cependant, chacun est capable d’un certain nombre de méthodes pour compter le fruit de la prédication de l’assemblée. En fait, même si la porte de l’Évangile était encore fermée aux païens, cependant, ses confrères juifs annonçaient qu’il était libre, d’où Luc nous dit : « Ils partirent, et ils allèrent de village en village, annonçant la bonne nouvelle. »

Avant que le cardinal Caesar Baronius ne soit nommé bibliothécaire du Vatican en 1597, il avait accès à du matériel et à des sources dans ses archives qui étaient auparavant inédits ou inutilisés. Il les a utilisés dans le développement de son travail. En conséquence, la documentation des Annales Ecclesiastici est considérée par la plupart comme extrêmement utile et complète. [8] Lord Acton l’a appelé « la plus grande histoire de l’Église jamais écrite ». Mort en odeur de sainteté, les travaux du Vénérable Caesar Baronius peuvent donc être pris très au sérieux. Dans ce cas, le voyage de Marie-Madeleine et de ses compagnons vers le delta du Rhône et Marseille est certainement plus qu’une simple légende.

La France semble avoir conservé le souvenir de Joseph d’Arimathie dans ses hydronymes et toponymes, dans le Midi (Amosson), dans la Drôme (Le Manson), dans l’Est de la France (Armance, Armançon, Amanse, Manson, etc.), dans la Haute-Marne (Le Haut Manson), dans le Centre (Aumance), jusqu’en Grande-Bretagne où il s’installa à Glastonbury pour y fonder la première Église d’Angleterre. De ce vocable « Alismantia », j’émet donc l’hypothèse que le sang de Joseph d’Arimathie coulait dans les veines de Jeanne Mance, ce qui expliquerait en grande partie la mission spirituelle qui lui était impartie et qui fut auréolée de mystère. J’y reviendrai éventuellement dans un prochain ouvrage qui sera consacré au périple du Saint Graal, de l’Ancienne Europe et au-delà, jusqu’à Ville-Marie en Nouvelle-France.


À propos de Marie-Claire Daveluy

Marie-Claire Daveluy (1880-1968)

Louise Bienvenue écrit : « Qui se souvient aujourd’hui de Marie-Claire Daveluy et de sa « plume d’historienne » ? Les passants qui traversent le petit parc nommé en son honneur, au nord-est de Montréal, ignorent probablement tout de cette femme de lettres qui vécut de 1880 à 1968 et qui œuvra sur plusieurs fronts : bibliothécaire, enseignante, romancière et historienne. [9] Pourtant, Daveluy était une personnalité reconnue de son temps : deux fois récipiendaire du prestigieux prix David (1924, 1934), elle reçut également un prix de l’Académie française (1934), un doctorat honoris causa de l’Université de Montréal (1943) et fut décorée de la Médaille du centenaire de la Société historique de Montréal (1958). » [10]

Marie-Claire Daveluy (née le 15 août 1880 à Montréal, morte le 21 janvier 1968 à Montréal) est une bibliothécaire, historienne, et écrivaine québécoise. Elle est surtout reconnue pour ses romans pour la jeunesse où elle marie histoire canadienne et fiction d’aventure.

Elle est la fille de Georges Daveluy et de Maria Lesieur Desaulniers et la petite-fille de Louis Léon Lesieur Désaulniers. Elle fait des études au couvent d’Hochelaga à Montréal.

En 1917, elle est la première femme membre de la Société historique de Montréal. « À cette époque, devenir membre de cette société savante n’était pas le moindre des accomplissements. L’histoire comme discipline universitaire n’en étant qu’à ses balbutiements et c’est grâce à de tels regroupements d’érudits que circulaient les connaissances archivistiques et méthodologiques. » [11] Passionnée d’archives, elle publie au cours de sa vie plusieurs romans et écrits historiques dont une histoire de Jeanne Mance qui reçoit le prix David et de l’Académie française en 1934. S’ajoutent à ses écrits historiques des pièces de théâtre et de nombreux écrits publiés dans des périodiques comme La Bonne Parole, L’Action Française et La Revue d’histoire de l’Amérique française.

De 1917 à 1920, elle étudie à l’université McGill où elle reçoit un diplôme en bibliothéconomie en 1920. À la Bibliothèque municipale de Montréal, elle est bibliothécaire adjointe de 1920 à 1943 et chef de catalogue de 1930 à 1941. En 1937, elle est co-fondatrice, avec Aegidius Fauteux, Émile Deguire, Paul-Aimé Martin, de l’École de bibliothécaires de l’Université de Montréal. Elle est directrice générale de cette école de 1942-1953. En 1943, elle participe à la fondation de l’Association canadienne des bibliothécaires de langue française.

Elle est la première écrivaine québécoise de littérature jeunesse. Son œuvre marque l’avènement tardif de la littérature jeunesse au Québec. En 1921, elle publie le premier roman québécois écrit spécifiquement à l’intention des enfants, « Les Aventures de Perrine et Charlot ». L’œuvre paraît au départ comme un feuilleton de commande dans « L’Oiseau Bleu », une revue créée pour les jeunes par la Société Saint-Jean-Baptiste. Ce premier récit, à l’écriture novatrice, raconte l’histoire de deux orphelins français embarqués clandestinement pour la Nouvelle-France.

Publié sous forme de livre en 1923, ce premier titre sera suivi de cinq autres mettant en scène ces mêmes personnages et qui paraîtront jusqu’en 1940.Pendant des décennies, on considère la saga de Perrine et Charlot comme un modèle à suivre, que ce soit pour la présentation des enfants comme des héros modèles, forts des valeurs canadiennes-françaises de vertu et de piété, ou pour la « moralité parfaite et [la] haute élévation » qu’on lui accorde.

Plusieurs autres titres pour la jeunesse dont des contes de fées seront publiés pendant la même période. L’objectif est autant d’édifier, de vulgariser des connaissances historiques que de divertir. On y défend l’idéal français à une époque où l’influence du cinéma et des magazines américains est grandissante. Ces ouvrages, qui conviennent aux instances gouvernementales autant qu’au clergé, seront largement diffusés. Sa sépulture est située dans le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

La sépulture de Marie-Claire Daveluy (1880-1968), dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges (R861), Montréal.

Louise Bienvenue écrit sur le site internet HistoireEngagee.ca : « Bien que Marie-Claire Daveluy fut reconnue en son temps comme « un historien vraiment érudit », elle n’a pourtant laissé qu’une faible empreinte dans notre mémoire historiographique. Lorsque son nom est évoqué de nos jours, c’est le plus souvent pour témoigner de son rôle de pionnière dans le domaine de la littérature de jeunesse ou pour reconnaître ses contributions au monde de la bibliothéconomie. Une partie du silence qui entoure sa carrière d’historienne s’explique probablement par le fait que Daveluy n’a jamais bénéficié d’un ancrage institutionnel (chaire universitaire, dépôt d’archives important) lui servant de lieu légitime de production de l’histoire. Ses conditions d’écriture étaient donc bien différentes de plusieurs de ses contemporains des milieux historique et archivistique avec qui elle était en rapport : Lionel Groulx, Édouard-Zotique Massicotte, Pierre-Georges Roy, Olivier Maurault, Gérard Malchelosse, Albert Tessier, Aegidius Fauteau, Sœur Maria Mondoux et Marcel Trudel, par exemple. »

La professeure titulaire au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke termine son article ainsi : « Pendant cinq décennies, la femme de lettres devait rester fidèle à cet engagement en s’imposant comme une rigoureuse disciple de Clio. Cent ans plus tard, on peut lui reconnaître à bon droit un rôle de pionnière en tant que femme dans le domaine de la pratique historienne. »

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RÉFÉRENCES ET NOTES :

  1. Marie-Claire Daveluy : Jeanne Mance, 1606-1673, suivi d’un Essai généalogique sur les Mance et les De Mance, par M. Jacques Laurent, ancien élève de l’École des chartes et auxiliaire de l’Institut, 2e éd., Montréal, Fides, 1962 [1934].
  2. Marie-Claire Daveluy : La Société de Notre-Dame de Montréal, 1639-1663 : son histoire — ses membres — son manifeste. Montréal, Fides, 1965. 553 p.
  3. [1643] — Les véritables motifs de messieurs et dames de la Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France. Publié en 1880.
  4. Pr Pierre Gastal : « Étymologie des cours d’eau de la Drôme: Le Manson ». Lieux et Rivières de France.
  5. Abbé Charles Lalore : « Cartulaire de l’abbaye de la Chapelle-aux-Planches. Chartes de Montiérender, de Saint-Etienne et de Toussaints de Châlons, d’Andecy, de Beaulieu et de Rethel », Paris-Troyes, 1878 (Collection des principaux cartulaires du diocèse de Troyes, IV), p. XX [cité Lalore] : « Domno sacro sancte basilice S. Petri, id est monasterio in Dervo constructe in pago Pertense super fluvium Vigera et Alismantia, quod donnus Bercharius edificavit » (Le cartulaire de Montier-en-Der, 666-1129).
  6. Joseph Gazay : « Étude sur les légendes de sainte Marie-Madelaine et de Joseph d’Arimathie ». Annales du Midi, année 1939. 51-201, pp. 5-36 et 51-203, pp. 225-284.
  7. Mgr Caesar Baronius : « Annales ecclesiastici a Christo nato ad annum 1198 ». Tome Premier. Barri-Ducis, Ludovicus Guérin. Paris-Bruxelles, 1864. Jesu Christi Annus 35, page 208 : « Hac ipsa dispersione Ananias discipulus profectus Damascum, collegit Ecclesiam. Insuper colligere possumus , hoc quoque tempore Lazarum , Mariam Magdalenam , Martham , et Marcellam pedissequam , in quos Judæi majori odio exardescebant, non tantum Hierosolymis pulsos esse, sed una cum Maximino discipulo , navi absque remigio impositos , in certum periculum mari fuisse creditos ; quos divina providentia Massiliam tradunt appulisse , comitemque ferunt ejusdem discriminis Josephum ab Arimathæa nobilem decurionem, quem tradunt ex Gallia in Britanniam navigasse , illicque post prædicatum Evangelium diem clausisse extremum. Sed quis valeat singulorum hic recensere vias, et fructus numerare ex prædicatione collectos? Nam etsi nondum Gentibus reseratum erat ostium Evangelii , tamen contribulibus Judæis illud annuntiare liberum erat, unde et Lucas : “Igitur, inquit, qui dispersi erant, pertransibant evangelizantes verbum Dei.” »
  8. Annales Ecclesiastici (titre complet Annales ecclesiastici a Christo nato ad annum 1198 ; « Annales ecclésiastiques de la nativité du Christ à 1198 »), composé de douze volumes in-folio, est une histoire des 12 premiers siècles de l’Église chrétienne. Les Annales ont été publiées pour la première fois entre 1588 et 1607. Cet ouvrage a fonctionné comme une réponse officielle aux Centuries de Magdebourg luthériennes. Dans ce travail, les théologiens de Magdebourg ont étudié l’histoire de l’Église chrétienne afin de démontrer comment l’Église catholique représentait l’Antéchrist et s’était écartée des croyances et des pratiques de l’Église primitive. À leur tour, les Annales ont pleinement soutenu les revendications de la papauté de diriger la véritable église unique.
  9. C’est en 1987 que la Ville de Montréal a nommé ce parc en hommage à Daveluy. Pendant une courte période de temps, du début des années 1980 jusqu’en 1997, la Bibliothèque nationale du Québec a eu un pavillon nommé en reconnaissance de Marie-Claire Daveluy (au 125, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal, dans l’ancienne École des Beaux-Arts). Lorsqu’un déménagement sur la rue Holt fut envisagé, l’institution n’a plus souligné sa mémoire. Jean-Sébastien Sauvé, « Le pavillon Marie-Claire-Daveluy de la Bibliothèque nationale du Québec », conférence présentée lors de la journée d’étude « Marie-Claire Daveluy », Maison Bellarmin, 29 septembre 2017.
  10. Louise Bienvenue : Marie-Claire Daveluy (1880-1968), historienne des femmes. Histoire sociale/Social History, Vol. 51, No 104, novembre 2018, pp. 329-352.
  11. Louise Bienvenue : Il y a cent ans, une première femme entrait à la Société historique de Montréal : Marie-Claire Daveluy (1880-1968). HistoireEngagee.ca, 18 décembre 2017.